Dépaysement Total : Pouyanné explique l’entreprise à la commission des finances

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Etrange destin que celui d’Eric Coquerel : il a commencé communiste, sa réflexion économique s’est arrêtée là, et il est président la Commission des Finances. C’est à ce titre qu’il menait l’audition de Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, à l’Assemblée nationale. Quel que soit leur bord, les députés ont semblé obsédés par les profits de la multinationale et les impôts mirifiques qu’ils en attendaient. Les réponses de Pouyanné ont été pour eux un Total dépaysement. Total est l’entreprise française qui paie le plus d’impôts sur les bénéfices dans le monde. En 2025, elle a payé 19 milliards d’impôts sur les bénéfices et taxes sur la production, soit un taux effectif d’imposition de plus de 40 %. C’était 35 milliards en 2022, soit un taux d’imposition de plus de 50 %. Ces variations s’expliquent par celles du coût du baril de pétrole. La France, mine de rien, fait partie des 5 pays sur 135 où TotalEnergies paye le plus d’impôts, taxes et cotisations : 2 milliards en 2025. Pourquoi pas plus en temps de « superprofits » ?, ont demandé ces messieurs. Réponse de Pouyanné, parce qu’il existe en la matière un principe de territorialité que l’UE tente d’imposer aux GAFA : on paye des impôts sur les bénéfices là où l’on fait les profits. Il en a profité pour rappeler que son entreprise était la seule compagnie pétrolière à avoir plafonné le prix à la pompe. Et quand le RN, par la voix de Matthias Renault, s’est inquiété que TotalEnergie ne soit plus une entreprise française, Pouyanné a déploré que la réglementation dite ESG, qui classe les investissements selon les critères écolo, sociaux et « de gouvernance », ait éloigné de nombreux actionnaires français de TotalEnergies, alors que des investisseurs américains, qui n’ont pas de telles exigences politiques, les ont remplacés avec profit. Encore deux ou trois auditions de ce type, et les députés comprendront comment fonctionne une entreprise.