Abelardo de la Espriella, nouveau président de la Colombie, invoque le Christ-Roi

Espriella Colombie invoque Christ-Roi
 

« ¡Que viva Cristo Rey! ¡Que viva Cristo Rey! » C’est avec ces mots que le président élu de la République de Colombie, Abelardo de la Espriella, a achevé son discours fleuve devant une foule de dizaines de milliers de personnes dans la ville de Barranquilla, après avoir récité la prière du soldat colombien qui s’engage à mourir pour la patrie s’il le faut. « Vive le Christ Roi ! »

La victoire remportée par le candidat outsider des « Défenseurs de la Patrie » aura été serrée ; mais c’est une victoire quand même, et historique ! Le dimanche 21 juin aura marqué la rupture de la Colombie avec le socialo-communisme de son président sortant Gustavo Petro. Alors que le successeur de celui-ci à la tête du Pacto Histórico, Iván Cepeda, a obtenu 1 % de moins que son adversaire de droite nationale, Abelardo de la Espriella a été donné gagnant avec 49,65 % des voix contre 48,7 % pour Cepeda après le précompte par le registre national de l’état civil des résultats de plus de 99,65 % des bureaux de vote. Il ne s’agit pas de résultats officiels ayant valeur juridique, mais au premier tour, ce précompte avait été précis à 99,94 % par rapport aux comptes vérifiés qui, eux, ont valeur légale.

 

Le président-élu de la Colombie rend hommage au Christ-Roi

Abelardo de la Espriella est un candidat pro-vie et anti-woke qui entend en finir avec les arrangements avec la guérilla marxiste en Colombie pour combattre le narco-terrorisme. Voilà qui suffit pour le désigner comme étant d’« extrême droite » dans la presse mainstream. Le fait qu’il ait publiquement récité le chapelet en compagnie de l’acteur mexicain Eduardo Verástegui à la veille du premier tour, qu’il avait remporté contre toute attente, n’est sûrement pas étranger à ce rejet par les mondialistes de tout poil ; mais pour les Colombiens, cela a certainement contribué à la victoire.

Selon PanamPost, média sud-américain anticommuniste, De la Espriella a su gagner la confiance de secteurs qui, lors d’élections précédentes, avaient penché pour la gauche. Il a remporté les régions de l’intérieur du pays, obtenant au total 17 départements contre 15 pour Cepeda, et, s’il n’a pas gagné dans la région de la capitale Bogotá, « le Tigre » a réussi à resserrer l’écart avec la gauche par rapport aux élections de 2022, celle-ci étant passée de plus de 60 % en 2022 à 52,46 % dimanche.

Cepeda a refusé de reconnaître sa défaite et a annoncé que son équipe contesterait les résultats de quelque 33.000 bureaux de vote. De violentes émeutes se sont déclenchées dans plusieurs lieux du pays, notamment dans la troisième ville de la Colombie, Cali. On y a brûlé des drapeaux américains, De la Espriella étant considéré comme n’ayant pas caché son amitié vis-à-vis de Trump. Il ne fait pas partie, en tout cas, de ces leaders de droite nationale qui revendiquent la proximité avec la Russie de Poutine et l’approche idéologique, entre guillemets, « multipolaire » d’Alexandre Douguine.

D’ailleurs, la presse contrôlée par le Kremlin, à l’instar des grands médias du monde, ne se montre pas particulièrement séduite par ce candidat catholique et insiste plutôt sur les affirmations de son adversaire Cepeda, qui a d’ores et déjà affirmé que la « fraude » lors de l’élection de dimanche avait valu à Abelardo de la Espriella son avance. Le président sortant, Gustavo Petro, a quant à lui invoqué une interférence des logiciels électoraux, qui auraient été selon lui hackés au profit de la droite.

 

Le nouveau président de la Colombie contesté par son adversaire marxiste

Il n’empêche, Cepeda avait un ton plutôt abattu et c’est sans pugnacité qu’il a commencé à souligner que, lors de la prise de fonction présidentielle le 7 août prochain, son parti sera « disposé au dialogue et à la concertation tant que ceux-ci seront respectueux ». Il est à noter que 63,57 % des électeurs ont participé au vote, ce qui constitue un bon chiffre pour la Colombie.

Abelardo de la Espriella s’est rendu dans la soirée devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées pour prononcer, chapelet au poignet et protégé par des vitres pare-balles, un discours devant la foule en liesse pour saluer l’arrivée de la « Patrie-Miracle », où il a d’abord exhorté ses militants à ne pas fêter leur victoire mais celle du pays et de la démocratie.

« Chers compatriotes, avec une gratitude infinie envers Dieu, l’âme débordante d’émotion et un amour immense pour la Colombie, je me présente ce soir devant vous pour vous annoncer la nouvelle la plus importante de ma vie : le peuple colombien m’a confié l’honneur suprême de le servir en tant que prochain président de la République de Colombie. Merci à chaque Colombien qui a accordé sa confiance à ce projet. Merci à tous ceux qui y ont cru alors que cela semblait impossible. Merci à ceux qui ont défendu la démocratie, la liberté et l’espoir. Mais surtout, et par-dessus tout, merci à Dieu, car cette victoire n’appartient pas à un homme, ni à un parti, ni à une région ; cette victoire appartient à la Colombie tout entière », a-t-il lancé, insistant sur son respect pour les institutions et les différents pouvoirs exercés à l’échelon régional et local.

 

Espriella s’engage à gouverner « pour tous les Colombiens »

« Je vais gouverner pour tous les Colombiens : pour ceux qui ont voté pour moi et pour ceux qui ont choisi un autre candidat. Il n’y aura ni vainqueurs ni vaincus, ni représailles ni persécutions, car en démocratie, il n’y a pas d’ennemis irréconciliables ; il y a des compatriotes qui pensent différemment » : ces mots d’unité, d’union et de respect de tous ont formé l’essentiel de son discours, qui pour autant n’a pas omis de rappeler que le temps d’impunité pour les criminels était terminé.

Il a notamment affirmé, d’une voix de plus en plus rauque : « Vos libertés seront protégées et vos droits, même si vous n’avez pas voté pour moi, seront respectés. Vos opinions seront entendues et vous n’aurez jamais à craindre d’avoir une pensée différente. Mon objectif sera de gagner votre confiance : par des résultats, pas par des discours, par des actes et des réalisations, pas par des promesses, par la cohérence, pas par des excuses… Oui, nous pouvons rétablir l’ordre. Oui, nous pouvons reconstruire la République, oui, nous pouvons gouverner sans aucune corruption et sans place pour les manœuvres politiques, afin de redevenir ce que nous devons être : une nation respectée. »

 

Jeanne Smits