Dimanche, un candidat inattendu, Abelardo de la Espriella, est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle en Colombie face à la gauche socialo-commiuniste.
La veille au soir, à l’initiative de l’acteur et cinéaste mexicain Eduardo Verástegui (Sound of Freedom), un rosaire en ligne a été organisé sous le titre « La Colombie dans les mains de Marie », auquel il a lui-même participé avec Abelardo de la Espriella, son épouse Analu et leurs quatre enfants ainsi que des amis depuis leur maison. En ces temps troublés, « nous avons besoin du manteau de la Vierge », a déclaré le candidat à la veille de l’élection avant ce chapelet en famille, soulignant que la présence de Verástegui et d’une grande image de Notre Dame de Guadalupe était une « diosidencia », une coïncidence en forme de « clin Dieu » dirait-on en français. « Qu’elle nous prenne par la main et qu’elle nous rapproche toujours davantage de son fils Jésus-Christ… Je ne peux imaginer de meilleure clôture pour ma campagne », a ajouté de la Espriella.
Les émouvants échanges entre les deux hommes avant la récitation du chapelet, intégralement transmis, ont permis d’évoquer le droit de naître, les Cristeros, et le devoir de batailler – « mais seul Dieu donne la victoire », a rappelé Verástegui. « Que les choses soient très claires, famille colombienne : ou bien vous votez pour la vie, ou vous votez pour la mort ; ou vous votez pour la vérité, ou vous votez pour le mensonge, ou bien vous votez pour le sens commun ou pour la manipulation, pour une gauche qui détruit tout ce qu’elle touche. Elle aime tellement la pauvreté qu’elle l’a fait tripler. ou pour la famille, ou pour quelque chose qui n’est pas la famille et que promeuvent ces wokistes, ces progressistes qui ont tout sauf le progrès. »
Et d’ajouter, pendant que de la Espriella manifestait son approbation : « Nous ne sommes pas seulement dans une guerre culturelle ou dans une guerre politique : nous sommes essentiellement dans une guerre spirituelle, et les batailles spirituelles se gagnent avec des armes spirituelles ; et l’une des armes les plus puissantes, sans aucun doute, est le saint Rosaire. »
Abelardo de la Espriella s’est engagé avant de commencer la prière, à signer s’il est élu avec Verástegui, comme il l’a fait avec Javier Milei, Giorgia Meloni et d’autres, un pacte contre le trafic d’enfants.
La prière s’est achevée par le chant du Salve Regina, trois Ave en latin et les litanies de la Vierge Marie.
Abelardo de la Espriella devance le socialo-communiste Cepeda
En récoltant plus de 43,7 % des voix lors précompte du premier tour de l’élection présidentielle colombienne, Abelardo de la Espriella, l’outsider de droite aussi incontrôlable qu’un Trump ou qu’un Javier Milei, a créé la surprise face à Iván Cepeda, le candidat favori, l’« officialiste » du très gauchiste Pacto Histórico en tant que successeur du président sortant Gustavo Petro, laissé derrière avec 40,91 %. C’est « l’extrême droite », fulmine Le Monde, qui en fait un « millionnaire d’ultradroite ». Petro a refusé de reconnaître la défaite de son poulain, qui lui a emboîté le pas : la gauche crie à la « fraude » attend les résultats des comptages officiels. En face, l’unité est déjà faite, augurant d’une réelle chance de succès d’Abelardo de la Espriella lors du deuxième tour le 21 juin. Paloma Valencia, centre-droit, a frôlé les 7 % des voix avec le soutien de sa campagne par l’ancien président Alvaro Uribe : tous deux ont dès dimanche fait part de leur soutien au candidat victorieux. Neuf autres candidats se partagent les suffrages restants.
L’enjeu est clair : sauver la Colombie du communisme. Dans ce pays d’Amérique latine, déjà abîmé par des années de gouvernement à gauche, il n’y a pas de plafond de verre qui tienne, ni de front ni de pacte républicain.
« La Colombie ne tombe pas, et ne tombera pas entre les mains du communisme incarné par Cepeda et Petro. (…) A titre personnel, en tant que Paloma Valencia, la femme qui souhaitait devenir votre présidente, j’annonce mon soutien au Dr Abelardo de la Espriella », a déclaré celle-ci dès les résultats du vote connus, laissant passer au second plan ce qui la différencie du vainqueur : un avocat de 47 ans, inconnu en politique il y a encore quelques mois, et qu’on appelle plus familièrement « le Tigre ».
Uribe n’a pas été moins clair :
« Le docteur Abelardo de la Espriella a remporté la victoire. Nous tenons parole : nous voterons pour lui et nous vous demandons de voter pour lui et pour la Colombie, pour la défense de la Constitution, des libertés, de la créativité individuelle, de la cohésion sociale, d’une économie solidaire, d’un Etat limité et austère. La Colombie ne peut pas continuer sur la voie qui la mènerait à devenir une succursale du chavisme de Petro et Cepeda. La Colombie ne peut pas envisager d’élire des présidents comme Cepeda, soutenu par des groupes terroristes. Elisons le docteur Abelardo de la Espriella à la présidence. »
L’opposition de droite en Colombie soutient Abelardo de la Espriella
Quant à de la Espriella lui-même, créateur du mouvement Défenseur de la Patrie, fort de ses 10,3 millions de votes, il est aussi à l’aise en tee-shirt et casquette qu’en costume. Il a averti que la gauche devait bien se garder de méconnaître la volonté exprimée dans les urnes : « Petro, Cepeda, cette paire de délinquants : n’ayez pas l’outrecuidance, n’ayez pas l’idée de méconnaître la volonté populaire. Parce qu’ici, il y a un peuple qui va les confronter et qui va les faire perdre. »
Curieusement, trois jours avant l’élection, le média latino-américain antigauchiste Panam Post s’interrogeait encore sur la sincérité d’Abelardo de la Espriella, rendant compte de l’aveu de son épouse reconnaissant qu’en cas de défaite, elle et son mari ne verraient pas leur vie changer, mais retourneraient vivre à l’étranger avec leurs enfants, sans le moindre souci professionnel. S’interrogeant sur la réalité du patriotisme du couple, le média se demandait même si l’avocat n’était pas un cheval de Troie de Gustavo Petro, investi de la mission d’obtenir la défaite de la favorite de la droite classique, Paloma Valencia. Aujourd’hui, toutes les analyses sérieuses sont d’accord pour dire que celle-ci est celle qui a les meilleures chances de vaincre Iván Cepeda lors d’un éventuel ballottage. L’amplitude de sa propre défaite bouleverse sérieusement la donne.
Abelardo de la Espriella taxe pour sa part Cepeda de narcotrafic et de proximité avec la guérilla marxiste, et Gustavo Petro de toxicomanie. Et affirme vouloir en finir avec les groupes révolutionnaires armés, alors que la Colombie a passé ces 50 dernières années comme premier producteur mondial de cocaïne, qu’elle exporte largement.
Le candidat du Rosaire affirme sa foi et son amour de Notre Dame
Sans surprise, RT.com, dans sa version espagnole, présente un portrait flatteur d’Iván Cepeda. Le média financé par le Kremlin souligne que ses parents, furent communistes. Contraint avec à l’exil à Prague puis à La Havane en 1965 alors qu’il avait 3 ans, avant de revenir en Colombie dans les années 1970, Cepeda militait à l’adolescence au Parti communiste et a étudié la philosophie en Bulgarie au temps de l’URSS. RT.com rapporte qu’il commença à s’éloigner du communisme en revenant à Bogotá, avant que l’assassinat de son père « par des groupes paramilitaires » en 1994 ne le transforme en militant des droits humains, qui dut à son tour s’exiler en Europe de 2000 à 2003 : il en profita pour faire un troisième cycle de droits humains en France.
Tout un ensemble qui a amené Iván Cepeda à prôner la manière douce avec les groupes révolutionnaires armés, préférant le dialogue à la répression, sur fond de socialisme compatible avec celui du chavisme du Venezuela voisin.
RT.com dépeint à l’inverse de la Espriella, qui possède la nationalité italienne et un droit de résidence aux Etats-Unis, comme un « avocat excentrique » ayant défendu des responsables politiques accusés de corruption et partisan du libertarisme à la Milei.











