La FSSPX a intitulé un récent article « Rome condamne canoniquement mais se tait doctrinalement ». Se fondant sur le droit canon, Rome a excommunié la FSSPX pour avoir désobéi au Saint-Père en sacrant des évêques sans son aval. Mais le décret du dicastère pour la doctrine de la foi lui-même pose que la FSSPX aurait été punie sans les sacres. Léon XIV, dans sa dernière admonestation, déplorait que la FSSPX ait provoqué la rupture par son refus de « certains éléments fondamentaux à commencer par plusieurs points du concile Vatican II ». En réponse, la FSSPX publiait une « déclaration de catholicité » complète et solennelle. Avant que Rome ne juge l’appel interjeté par la FSSPX sur son excommunication, il est urgent, il est capital que les fidèles soient confirmés dans la foi de deux manières par le Saint-Père : qu’il dise hautement les vérités de foi imposées par Vatican II que la FSSPX refuserait d’une part, et de l’autre, ce qui, dans la déclaration solennelle de la FSSPX, serait contraire à la foi de l’Eglise.
Très Saint-Père, Rome a le devoir d’éclairer les fidèles
Ainsi ne subsisteront plus ni d’un côté ni de l’autre ces ambiguïtés qui font tant de mal. Très Saint-Père, parlez, c’est urgent, pour l’ensemble des fidèles que cette affaire trouble. Jean Madiran, en son grand âge, affirmait sans peur le droit et le devoir des laïques de demander à leurs pasteurs, même au plus éminent d’entre eux, de les éclairer sur les difficultés de la foi et de l’Eglise (cette vérité ne saurait être méconnue par Rome alors qu’elle prêche le synode). Sans doute ne suis-je pas un puits de science comme lui, mais justement, je n’en ai que plus besoin qu’on me guide clairement.
La FSSPX seule frappée pour des sacres
Or une chose m’a frappée : la faiblesse de la position canonique de Rome contraste avec la lourdeur de la sanction. Jusqu’au vingtième siècle, sacrer sans autorisation du Saint-Père ne constituait pas un schisme et n’entraînait pas d’excommunication. La condamnation de Mgr Lefevbre n’a pas de précédent. Le sacre de plusieurs évêques uniates ukrainiens dans le dos de Paul VI en 1979 n’entraîna nulle condamnation et fut même approuvée après coup par Jean-Paul II. Au vingt-et-unième siècle, le tout récent sacre d’évêques chinois par le PCC n’a pas entraîné de sanction. Ces anomalies nous confirment ce qu’a dit Léon XIV, la FSSPX est punie pour tout autre chose, à cause de Vatican II.
Quelle vérité de foi la FSSPX refuse-t-elle ?
Cependant, chacun le sait, Vatican II fut un concile pastoral, s’en flatta, le revendiqua. Quels sont donc, précisément, les textes de nature dogmatique qui doivent être aujourd’hui tenus pour certitudes de foi et que refuserait la FSSPX ? Dites-le, Très Saint-Père. En outre, de nombreuses interprétations postérieures au concile, des actes posés selon « l’esprit du concile », comme certains s’en flattaient, ont constitué une sorte de jurisprudence conciliaire. Faut-il les intégrer au dogme catholique ? J’en ai relevé dans un récent article quelques-uns qui m’ont heurtée particulièrement, moi, simple fidèle. La liste n’est pas exhaustive. Il est grand temps d’évaluer tout cela sous l’autorité du pape et que celui-ci tranche.
Très Saint-Père, dites enfin la foi de Rome
Dites-nous sur tout cela, Très Saint-Père, ce que vous croyez, ce qu’il convient de croire. Dites-nous aussi si le catéchisme de l’Eglise catholique publié par saint Jean-Paul II est obsolète, ou non. Dites-nous si le cardinal Radcliffe et les meneurs du synode allemand ont raison ou tort, s’ils méritent sanction. A l’inverse dites-nous aussi si la déclaration de catholicité de la FSSPX vous convient, ou si elle contient des articles qu’il faut condamner. C’est assez simple au fond. En quelques années, le pape François a réussi à noyer tous les poissons du Tibre et de l’Amazonie réunis. Clarifiez enfin les choses. Que votre oui soit oui, que votre non soit non. Dites-nous la Foi de l’Eglise.











