« Journée de sauvegarde de la création » : Léon XIV rappelle l’importance de Jésus-Christ, de la grâce et de la vertu

sauvegarde création Léon Christ
 

Le pape Léon XIV a publié son message pour la 11e Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, dont l’édition 2026 aura lieu le 1er septembre prochain. Il faut rappeler au sujet de cette journée que c’est le patriarche orthodoxe Dimitrios de Constantinople qui avait décidé en 1989 de consacrer le 1er septembre, premier jour de l’année liturgique orthodoxe, à la sauvegarde de la création ; son initiative avait été reprise par le patriarche « vert », Bartholomée III. La tradition byzantine faisait depuis de longs siècles de la « fête de l’indiction » – la nouvelle année fiscale – le jour d’action de grâces pour la création : on voit comment cela a glissé pour entrer dans le projet politique lié à l’« écologie » dévoyée.

Disons-le d’emblée, en effet, ces journées inaugurées par le pape François dans le droit fil de la pensée qui l’avait conduit à écrire Laudato si’, s’inscrivent largement dans le projet mondialiste de l’écologie auquel la nouvelle « moralité » est ordonnée, et se sert du vecteur de multiples mensonges, dont le premier est de rendre l’homme, et spécialement l’homme occidental, responsable du « réchauffement climatique » à combattre tous ensemble.

 

La Journée pour la sauvegarde de la création et la fausse « conversion écologique »

On est cependant frappé par un déplacement du curseur chez Léon XIV. Là où François parlait de la « maison commune », qui justifie des réponses globales à des problèmes présentés comme systémiques, le pape régnant ne détruit pas explicitement ce cadre général mais y introduit des notions plus catholiques qu’on avait oubliées dans ce contexte.

Commencer un tel message par les mots « Notre Seigneur Jésus-Christ » plutôt que d’en appeler à toutes les religions comme le faisait se volontiers son prédécesseur marque une de ces ruptures. Le Christ est venu, rappelle Léon XIV, « pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance », ce qui ne cadre pas exactement avec la décroissance chère aux adorateurs de Gaïa. Léon XIV présente d’ailleurs le fait de prendre soin de la Terre comme un moyen concret de « rendre gloire à notre Créateur » et non comme un devoir rendu à « la planète ».

Léon XIV axe son message sur les dégâts causés par les guerres, qu’il voit responsables non seulement des malheurs infligés aux hommes, mais aussi d’une « destruction écologique » qui reste dans la réalité peu importante au regard de notre Terre et des capacités naturelles que le Créateur lui a données de se réparer.

 

Léon XIV évoque plutôt la « conversion du cœur » et la nécessité de la vertu

Passons. Mais la réponse qu’il propose mérite d’être notée. Si François parlait de conscience écologique, Léon XIV répond : il faut « une conversion du cœur qui portera ses fruits dans une fidélité plus profonde à Dieu, dans l’amour du prochain et dans le respect du don de la création ». Sans nommer explicitement le péché originel, il ajoute un peu plus loin : « Le cœur humain est le lieu où se déroulent les luttes les plus profondes et où se révèle notre condition déchue. Il n’est pas seulement le siège des émotions, mais le centre de la personne – le lieu où convergent la raison, le désir, la volonté et la conscience. C’est là que nous sommes aux prises avec les désirs contradictoires qui nous habitent, entre l’amour et l’indifférence, la vérité et l’illusion, la justice et l’injustice (cf. Jc 1, 14-15). »

On commence à passer de la fausse et subversive morale collective de la réduction des émissions de CO2 à quelque chose d’autre : « L’appel prophétique à “forger les épées en socs de charrue” (cf. Is 2, 4) n’est donc pas seulement une vision pour les nations, mais un appel adressé à chaque personne. Il nous invite à transformer le mal en vie. Pourtant, cette transformation ne peut se réaliser par un simple changement extérieur. Elle exige, en coopération avec la grâce de Dieu, une conversion personnelle et collective plus profonde – un retour vers Dieu, qui réorganisera nos désirs, guérira nos blessures et nous aidera à grandir dans la vertu. »

 

Léon XIV n’a pas rompu avec l’idéologie de la Journée de la création, mais il modifie au moins l’approche

On en retiendra que l’homme a besoin de la « grâce » pour parvenir à « la vertu », en orientant son regard d’abord vers Jésus-Christ à travers lesquelles toute relation humaine doit s’orienter et se juger. Quand le pape affirme : « Les véritables outils pour construire la paix ne sont pas les armes de destruction, mais plutôt la vérité, le dialogue, la patience, la bonté, la justice, la miséricorde, la compréhension, la bienveillance et l’amour. Celles-ci jaillissent des cœurs façonnés par l’Evangile et soutenus par la grâce de Dieu. » Il n’y a rien là qui soit d’abord axé sur « la planète », rien qui place la création au niveau du Créateur, et c’est assez rafraîchissant.

C’est au moins une christianisation du vocabulaire et l’utilisation d’un thème aujourd’hui rebattu pour adresser aux catholiques un nouvel appel à la sainteté à travers la grâce. Léon XIV, à supposer qu’il en ait la volonté, ne pourrait d’un seul coup tout rétablir face à la fausse morale qui gangrène l’Eglise et aux mensonges qui ont envahi le monde. Il a, après tout, des écuries d’Augias à nettoyer. Mais il n’est pas interdit de se réjouir de discrets signes de rectification.

 

Jeanne Smits