Meta déboursera quelque 18 milliards de dollars pour combattre l’addiction des jeunes à Facebook et Instagram

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On n’accepte pas de payer quelque 18 milliards de dollars en dommages négociés si on s’estime blanc comme neige. En se mettant d’accord sur cette somme dans le cadre de poursuites en provenance de plusieurs Etats des Etats-Unis, Meta, maison mère de Facebook et Instagram, reconnaît en quelque sorte avoir créé des éléments addictifs dommageables pour les jeunes. La plainte l’accusait en outre d’avoir menti au sujet des risques de l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes.

Aux termes de l’accord, Facebook et Instagram mettront en place des restrictions pour les mineurs, et ce, dans les mois à venir. Cela constitue en soi une incitation aux autres réseaux sociaux à faire de même – même si la vérification de l’âge des internautes demeure un problème, et si tous les réseaux sociaux dépendent justement de l’addiction de leurs utilisateurs.

Meta risquait gros. Si la société avait choisi d’aller devant les juges dans le district nord de Californie, elle se serait exposée à des pénalités pouvant atteindre les 1.400 milliards de dollars, soit sa valeur en bourse actuelle ou quasi.

 

18 milliards de dollars pour combattre l’addiction des jeunes dont on dépend ?

Les procureurs généraux de la Californie, du Texas, de Washington D.C. et de Géorgie ont tous parlé de « transformations » massives qui en résulteront, au bénéfice de la santé mentale des enfants et du bien de leurs familles. Ken Paxton, procureur général du Texas, a ainsi noté que Meta devra payer plus d’un milliard de dollars à l’Etat du Texas pour financer des services de santé mentale pour les jeunes, des initiatives de formation à l’utilisation du numérique, des subventions pour les écoles. Tous espèrent voir les contenus proposés et la manière de les proposer changer radicalement.

Parmi les changements attendus, il sera mis en place une limite de deux heures quotidiennes sur l’utilisation de Facebook et Instagram par les jeunes, avec des pauses régulières, ainsi que la disparition des filtres de beauté et du décompte du nombre de likes. Les jeunes ne pourront pas non plus accéder aux plateformes entre minuit et 6 h du matin, et des règles particulières régiront les heures d’école.

Cela dit, seuls 70 % des fonds promis seront débloqués par Meta en attendant que TikTok et YouTube acceptent à leur tour une limitation d’utilisation à une heure par jour pour les mineurs, et paient également chacun 5,3 milliards aux Etats poursuivants.

 

Meta acculé, mais les plus gros, Alphabet et TikTok sont moins visés

On ne peut évidemment que se réjouir de ce que les jeunes puissent être moins happés par ce monde virtuel qui les abîme sur bien des plans : relationnel, psychologique, moral et même spirituel. On peut s’inquiéter aussi d’une certaine atteinte à la liberté à travers ce contrôle qui se met déjà en place, à l’heure où les réseaux sociaux ont permis l’éclosion d’une meilleure circulation de l’information, censurée ou déformée par les grands médias classiques. Mais il est vrai qu’il y circule tout et n’importe quoi : le meilleur et le pire, et de plus en plus, le fabriqué de toutes pièces par l’IA.

Nous sommes en tout cas en face de monstres, et on peut se demander si, en fin de compte, les mineurs seront réellement protégés et si les vraies libertés pourront être sauvegardées.

 

Jeanne Smits