L’accord Pékin-Vatican n’empêche pas la persécution anti catholique en Chine

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Un évêque catholique chinois, qui n’appartient pas à l’Association patriotique catholique chinoise, organisme contrôlé par l’Etat, affirme qu’au moins dix nouveaux évêques auraient été consacrés secrètement dans la province du Fujian, au sud-est de la Chine. Cette démarche répond à la crainte des communautés clandestines de voir le contrôle gouvernemental croissant sur l’Eglise compromettre leur pérennité malgré l’accord secret Pékin-Vatican signé en 2018 et renouvelé en 2024. Ce témoignage figure dans un rapport détaillé publié par Catholic World Report sur la situation actuelle des catholiques sous le régime de Xi Jinping.

 

Structure « catholique » soumise à Pékin

L’Association patriotique, structure catholique reconnue par Pékin, a renforcé les exigences d’adhésion politique imposées au clergé. Les nouvelles normes de conduite pour les prêtres, évêques, diacres et religieuses de l’Eglise officielle imposent de soutenir la direction du Parti communiste chinois, d’appuyer le système socialiste et de faire avancer la sinisation du catholicisme. La réglementation stipule également que la doctrine et la discipline catholiques doivent être interprétées à la lumière des « valeurs socialistes fondamentales » et de la culture traditionnelle chinoise.

 

Le clergé « officiel » abandonné en Chine

Un séminariste chinois témoigne n’avoir reçu presque aucune direction spirituelle, alors que les cours exigés par le gouvernement accaparaient une part considérable du temps normalement consacré à la prière et à l’étude. Il ne voit que rarement l’évêque et affirme que certains prêtres sont membres du Parti communiste. Et d’ajouter : « Tout le monde en Chine sait que le Parti s’infiltre dans la communauté chrétienne. » Les communautés religieuses doivent promouvoir le drapeau national, la Constitution chinoise, les valeurs socialistes et la culture traditionnelle, « l’amour du parti », et « l’amour du socialisme » dans les églises et séminaires.

 

Persécution des évêques fidèles malgré l’accord signé par le Vatican

Mgr Pierre Shao Zhumin, évêque de Wenzhou dans le Zhejiang, reconnu par Rome mais non par Pékin, a refusé de rejoindre l’Association patriotique et subit pour cela d’innombrables arrestations suivies de rééducations. Nommé coadjuteur en 2007 par Benoît XVI il est titulaire depuis 2016. Lors des grandes fêtes liturgiques, il est mis en prison et de nombreux prêtres et laïcs de son diocèse subissent le même sort. 90 % des chapelles clandestines du diocèse auraient été fermées pour pousser les fidèles à passer à l’Association patriotique.

 

Pékin s’acharne contre la transmission de la foi catholique

Des prêtres, religieuses et fidèles quittant la Chine avec un visa touristique pour effectuer des pèlerinages sont arrêtés au retour pour « franchissement illégal de la frontière », les autorités estimant que le but religieux de leurs déplacements ne correspond pas à celui qu’ils ont déclaré lors de la demande de visa.

Autre persécution, non inscrite dans une loi nationale mais menée à l’échelon des régions : l’interdiction aux mineurs de 18 ans de toute formation chrétienne. De nombreux prêtres contournent cette interdiction sous le manteau.

 

Pauline Mille