Un jeune homme portant un béret et une grande croix de bois s’est promené dans Marseille en se faisant filmer. Ce mélange des genres d’un goût douteux (on frise le sacrilège) était une provocation manifeste, comme si des porteuses de burka s’affichaient devant Saint-Honoré-d’Eylau. L’exercice a cependant une vertu pédagogique : la croix a servi de réactif dans le milieu traversé. Regards hostiles, gestes, paroles visant à l’interdire : pour beaucoup de passants marseillais, la croix symbolise le mal, c’est une agression. En somme, si déplaisant soit le procédé, c’est une expérience de sociologie réussie : le grand remplacement, y compris religieux, est effectué.











