La célébration d’Halloween a quelque peu disparu des plus grandes villes françaises, mais reste d’actualité en province et dans les campagnes, où les décorations inspirées de la fête américaine et les tournées d’enfants déguisés en monstres ou en squelettes continuent de sévir. L’Eglise de France n’est pas totalement muette à cet égard, puisque le site de la Conférence des évêques de France publiait le 26 octobre un article d’information qui place d’emblée le débat au niveau qui s’impose. « Cette cérémonie festive en l’honneur de la divinité Samain, dieu de la mort, permettait de communiquer avec l’esprit des morts », écrit Graciane Dorlan, du diocèse de Valence, à la tête de cet article.
Celui-ci détaille nombre de différences de fond qui existent entre la fête d’origine celtique que les anglophones appellent Halloween (à savoir la veille de la Toussaint) et la fête de la Toussaint elle-même, ainsi que la commémoration de tous les morts qui la suit le 2 novembre. Et au sujet d’Halloween et de la Toussaint, on y lit : « Ces deux fêtes sont en effet, si l’on y réfléchit, totalement contradictoires. »
Halloween fait revivre le paganisme qui est déjà dans l’air du temps
Le site hispanophone Religión en Libertad vient de publier, quant à lui, un aide-mémoire sur le caractère occulte d’Halloween tel qu’il se fête aujourd’hui, en dénonçant ceux qui y voient une fête inoffensive ou « juste pour s’amuser ».
Premièrement, l’article met en évidence le caractère rituel de la fête d’Halloween propre au paganisme, malgré l’étymologie chrétienne du mot : c’est bien une fête celte, centrée sur le dieu de la mort Samain, insitait l’historien d’Oxford, Nicholas Rogers, dans un ouvrage sur le sujet publié en 2002.
Dans sa célébration actuelle, Halloween ne se limite pas du tout aux festivités de mauvais goût imposées aux enfants : c’est aussi, voire avant tout, l’occasion d’un des huit sabbats rituels de la communauté de la sorcellerie, ce dont atteste notamment un prêtre de la région de Burgos en Espagne. Selon le P. Manuel Guerra, il s’agit d’un « coven », une assemblée de la plus haute catégorie parmi les sorciers et sorcières modernes, qui d’ailleurs ne s’en cachent pas.
Ces assemblées sont aussi, à l’occasion, présentées comme des fêtes à fréquenter en famille. Il faut bien recruter de nouveaux adorateurs de la lune et d’autres forces de la nature, en profitant du terreau préparé par les romans jeunesse ayant pour thème la sorcellerie…
L’occultisme et le satanisme font la fête à Halloween
Au-delà de la dimension du « jouer à se faire peur », les chaudrons de potions magiques, les chats noirs et les déguisements de sorcières, ou inspirés de tout ce qui a un rapport avec la mort, les codes visuels d’Halloween ont aussi des éléments ésotériques ou liés au spiritisme. Le P. Guerra explique ainsi le symbolisme occulte de la citrouille d’Halloween dans l’Encyclopédie des Sectes de la BAC (Biblioteca de Autores Cristianos) :
« Une citrouille évidée, au sourire effrayant lorsqu’elle est éclairée de l’intérieur par une bougie, est l’une des décorations traditionnelles du sabbat de la veille de la Toussaint, qui est désormais également célébrée dans les discothèques. Il s’agit d’une tradition druidique qui, tout comme la fête d’Halloween, s’est fondue dans la grande fête des récoltes en l’honneur de Pomone, la déesse des fruits des arbres, lorsque les Romains ont conquis Bretagne dans l’Antiquité. »
De la sorcellerie et de l’occultisme au satanisme, il n’y a qu’un pas. Et pour Religión en Libertad, aussi bien les anciens satanistes que les exorcistes sont d’accord pour dire que des spectacles sont organisés à cette occasion, à des fins apparemment ludiques, pour mettre en œuvre une stratégie délibérée. RITV évoquait l’an dernier à l’occasion d’Halloween la mise en garde d’un exorciste, Francesco Bramonte : « Nous sommes face à une véritable reconstitution et à la relance d’une fête religieuse païenne au cours de laquelle des rituels magiques étaient pratiqués avec leur lot de sacrifices d’animaux et même d’êtres humains… Ceux qui célèbrent Halloween, même s’ils n’ont pas l’intention de se mêler de sorcellerie ni de célébrer le démon, s’associent de fait à ces réalités ténébreuses. »
Certains prélats ont osé dénoncer Halloween avec vigueur
L’église de Satan en parle ainsi :
« Halloween est la nuit où les gens ordinaires tentent de se reconnecter avec leur côté obscur, cette noirceur qui, pour les satanistes, fait partie du quotidien. Aux Etats-Unis, en particulier, Halloween est l’occasion de regarder des films de monstres, de porter des déguisements macabres et de vivre le frisson de la “peur amusante”. Les enfants (de tous âges) peuvent laisser libre cours à leur imagination grâce à des déguisements qui leur permettent d’incarner des personnages de manière immersive et de libérer leur côté obscur, ces facettes de leur personnalité qu’ils cachent généralement à leurs amis, collègues et proches. C’est souvent lorsqu’ils portent des masques que les gens révèlent une plus grande part de leur vraie nature. »
En 2014, le cardinal Mauro Piacenza, qui était alors pénitencier majeur du Saint-Siège, déclarait au sujet d’Halloween : « Ce type de manifestation a une origine spiritiste et même satanique. »
En 2008, la Conférence des évêques d’Espagne avait alerté : « Halloween n’est pas innocent, puisqu’il contient un arrière-plan d’occultisme et d’autres courants qui y laissent leur marque d’antichristianisme. »
Protégeons-en nos enfants.











