Colloque “De Maria nunquam satis” : le cardinal Burke défend le titre de Marie Corédemptrice

cardinal Burke Marie Corédemptrice
 

Au premier jour d’un colloque de haut vol sur la Vierge Marie, intitulé De Maria nunquam satis, qui se tient ces 7 et 8 octobre à Rome, à proximité du Vatican, le cardinal Raymond Burke s’est fermement prononcé en faveur de son titre traditionnel de « Corédemptrice » lors de son discours d’ouverture. « La Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, a participé d’une manière tout à fait unique au mystère de la foi, au mystère de l’Incarnation rédemptrice, et elle est à juste titre appelée Corédemptrice », a-t-il déclaré.

Ce n’est pas, loin s’en faut, l’unique thème de ce colloque d’hommage à la Mère de Dieu mais le cardinal a visiblement voulu répondre d’emblée aux tentatives du document du Dicastère pour la Doctrine de la foi de novembre dernier, Mater Populi Fidelis, d’éliminer les vocables de « Marie Corédemptrice » et « Marie Médiatrice de toutes grâces ». Devant le tollé le cardinal Manuel « Tucho » Fernandez avait quelque peu rétropédalé en expliquant que ces titres n’étaient pas interdits dans la dévotion privée mais ne devaient pas être retenus sur le plan liturgique.

 

Un colloque romain en l’honneur de la Vierge Marie

S’agit-il de clarifier les choses pour souligner ce dont au demeurant aucun catholique ne doute : que la Vierge Marie n’est pas le Rédempteur ni même la rédemptrice de l’humanité déchue ? C’est ce faux prétexte de mariolâtrie qui a été utilisé de fait par Fernandez pour traquer ceux qui l’honorent de ces appellations.

Eh bien, c’est de manière très claire que le cardinal Burke a évoqué le rôle de Marie dans la coopération à la Rédemption opérée par son Fils. Le discours du cardinal était intitulé « Notre-Dame de Guadalupe et le Royaume du Christ : la mission de la Corédemptrice et des Corédempteurs ». Tout au long de son intervention, il a défendu l’enseignement selon lequel Marie est Corédemptrice et a établi un lien entre celui-ci et l’enseignement scripturaire présentant les chrétiens comme des coopérateurs du Christ, rapporte Michael Haynes dans The Catholic Herald.

« L’un ne peut exister sans l’autre, a-t-il déclaré. Tout comme Marie est Corédemptrice, “la même manière, dans la mesure où nous unissons nos cœurs, avec son Cœur Immaculé, au Sacré-Cœur de Jésus, nous participons à la mission salvifique du Christ. Et nous pouvons à juste titre être appelés co-rédempteurs” », cite Michael Haynes.

 

Le cardinal Burke relie le titre de Corédemptrice à l’Ecriture sainte

Le cardinal Burke s’est appuyé sur la troisième épître de saint Jean, rappelant que nous sommes appelés à « être des collaborateurs de la vérité », alors que Jésus-Christ lui-même l’affirme : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce lui-même, qu’il porte sa croix chaque jour, et me suive. » Il a également cité saint Paul : « Nous sommes les coadjuteurs de Dieu », et les fidèles peuvent apporter ce qui « manque à la Passion du Christ ».

A ce sujet le cardinal a rappelé : « L’Eglise enseigne qu’“il ne manque rien aux souffrances du Christ pour notre salut éternel, mais que sa vie en nous – la vie de la grâce – doit parvenir à maturité en nous, notamment par l’union de nos souffrances à sa Passion et à sa Mort”. »

Ce n’est donc pas par hasard que le titre de Corédemptrice a été maintes fois utilise par l’Eglise, à tel point que naguère encore, le Vatican accordait une indulgence partielle aux prières qui l’honoraient sous ce titre. Et bien des mariologues ont souhaité qu’un dogme marial soit défini en ce sens.

 

Honorer Marie comme Corédemptrice, ce n’est pas une nouveauté

Loin de s’engager dans une telle démarche, le Dicastère pour la Doctrine de la foi est allé jusqu’à proclamer que « l’utilisation du titre de Corédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune ».

Le cardinal Burke n’a pas du tout évoqué ce texte, véritable ovni par rapport à l’enseignement multiséculaire de l’Eglise qui a toujours explicité l’enseignement à cet égard de manière précise – y compris, fût-ce de manière indirecte, dans les textes du concile Vatican II, et dans l’enseignement de Jean-Paul II, a souligné le prélat.

Au sujet du Concile, le cardinal Burke a fait valoir que « nous devons veiller à ce que l’hésitation découlant d’une mauvaise compréhension du terme “Corédemptrice” ne conduise pas à un affaiblissement de l’enseignement sur la corédemption, qui s’applique, d’une manière unique, à la Bienheureuse Vierge Marie et, d’une manière commune, à tous les baptisés ». Elle est « le premier modèle de toute rédemption », a-t-il ajouté – elle est la première à avoir bénéficié par « prévision », dans son Immaculée Conception, des mérites de la Rédemption opérée par son Fils.

Lors de sa visite aux Pays-Bas pour célébrer la messe du premier samedi du mois, le 8 septembre dernier, le cardinal Raymond Burke avait donné une conférence à Haarlem et célébré la messe et les vêpres pontificales en la cathédrale de Haarlem-Amsterdam à l’invitation de l’évêque du lieu, Mgr Johannes Hendriks. A cette occasion, le cardinal américain avait déjà fortement rappelé le titre par lequel la Vierge Marie est traditionnellement honorée, celui de Corédemptrice.

 

Jeanne Smits