Miracle eucharistique dans le Minnesota ? Non. Mais une expérience vécue du sacrifice du Christ

Miracle eucharistique dans Minnesota
 

Beaucoup ont cru à un miracle eucharistique, mais ce qui s’est passé lors d’une messe pour l’école secondaire Chesterton Academy en l’église de Saint-Gabriel-Archange à Hopkins, Minnesota, le 14 septembre, fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix, ne répondait pas exactement aux critères. En revanche, la vue d’un prêtre en larmes au moment de la consécration du vin – il célébrait avec le canon numéro 1, dit romain, du Novus Ordo – a bel et bien mis en évidence le miracle eucharistique prodigieux qui se produit lors de chaque messe catholique.

Tout est parti de quelques secondes d’une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, où l’on voit le père Brent Bowman, aumônier du lycée, marquant une pause inhabituelle avant d’élever le calice, il est en larmes – et même secoué par les sanglots. Les internautes y ont tôt vu le signe d’un miracle eucharistique classique. La nouvelle circule vite. Le prêtre a vu le vin se transformer réellement en sang et son calice, dit-on, est devenu si lourd qu’il ne pouvait plus le soulever.

 

Le plus grand miracle eucharistique se produit lors de chaque messe

Les rumeurs ont été dissipées dès le lendemain. Il n’y a pas eu de phénomène physique exceptionnel lors de cette messe du 14 septembre, et ceux qui avaient répandu la nouvelle ont rapidement rectifié.

Cependant, le curé de Saint-Gabriel-Archange, le père Paul Haverstock, a parlé de l’événement lors de son homélie du lendemain. A la suite d’une conversation avec le père Bowman, il a expliqué à ses paroissiens :

« Je lui ai parlé ce matin pour lui demander de me raconter son expérience, et il m’a dit qu’il venait de recevoir […] ce don d’une connaissance expérimentale, d’une prise de conscience à un niveau plus profond que le sang du Christ a véritablement été versé pour nous et que son poids est immense. »

Le père Haverstock a expliqué que cette prise de conscience spirituelle bouleversante avait eu un retentissement visible :

« Cela a été si intense qu’il a même eu de la difficulté, voire s’est trouvé dans l’impossibilité, de soulever le calice pendant un moment et a été submergé par l’émotion, comme ceux d’entre vous qui étaient présents hier ont pu le constater. Je lui ai demandé s’il avait vu le vin consacré changer d’aspect ou de goût, et il m’a répondu que non, qu’il ressemblait toujours à du vin et qu’il avait toujours le goût du vin lorsqu’il a reçu la communion. »

 

L’expérience profonde du sacrifice eucharistique débouche sur la charité, l’amour de Dieu

Tout en confirmant qu’aucun miracle eucharistique ne s’était produit, le père Haverstock a souligné le don spirituel authentique accordé au prêtre :

« Il n’y a donc pas eu de miracle eucharistique visible extérieurement, mais il y a eu une grâce particulière que Dieu a décidé d’accorder au père Brent. Je ne doute pas que le Seigneur en ait été la source et que le père Brent, du fait qu’il célébrait la messe ici, l’ait partagée avec vous tous. »

Et d’ajouter que, de toute façon : « Il y a toujours un miracle à la messe. Chaque fois que Jésus devient présent, son sacrifice devient présent. » On peut évidemment se laisser toucher par ce qui s’est passé, a-t-il précisé, mais pour prendre conscience de la réalité de la messe.

Ce très beau moment, cette très belle expérience, on peut les voir sur cette vidéo. Le National Catholic Register a mis en ligne l’intégralité de la vidéo de la messe du lendemain où le P. Haverstock explique ce qui s’est passé. Son homélie s’achève sur le Stabat Mater, et une demande à la Vierge Marie « pour qu’elle donne à chacun une connaissance d’expérience de la Passion de son Fils afin que nous puissions nous aussi aimer Dieu davantage ».

 

Jeanne Smits