La République arc-en-ciel substitue sa Vérité à la liberté

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La République issue de la révolution maçonnique a sa triade fétiche, liberté, égalité, fraternité. La liberté, d’expression notamment, a nourri le combat contre l’étendard sanglant de la tyrannie, asseyant son image et ainsi son pouvoir. L’arc-en-ciel la bride aujourd’hui au profit de l’égalité et de la fraternité dont il revendique le monopole. De sorte qu’il réserve la liberté d’expression à ceux qui disent la vérité – sa vérité. Quelques affaires récentes le montrent, l’éviction de Charles Sapin de France Inter, les imprécations de Patrick Cohen contre l’empire Bolloré, la proposition Bourmeau d’interdire d’antenne toute mention du grand remplacement, le projet de loi visant à criminaliser la désinformation en matière de climat. Toutes ont un fondement commun : seul l’arc-en-ciel détermine ce qu’on doit tenir pour la vérité et pour le bien.

 

A France Inter, pas de liberté pour les ennemis de la Liberté

Cette vieille maxime anime toujours la République : pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Le journaliste Charles Sapin a été admis en août à donner deux minutes d’éditorial le dimanche matin sur France Inter. Las, il a fait ses études à Assas, a été inscrit au GUD, cela ne se pardonne pas : il a beau être passé par Le Figaro et Le Point avant d’atterrir à Valeurs actuelles, il est catalogué à l’extrême droite par l’IA, Wikipédia et Raphaël Arnault, il était donc immanquable que les syndicats demandent son éviction et qu’ils l’obtiennent. On ne fera pas le compte des éditorialistes, reporters, chroniqueurs en carte de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel qui occupent des postes importants à France Inter ni dans l’audiovisuel public. On n’aura pas la grossièreté de rappeler qu’un élu communiste, Michel Cardoze, profitant de la victoire de Mitterrand en 1981, a obtenu une chronique politique quotidienne à France inter ni qu’il soit devenu rédacteur en chef adjoint du service société-culture de la Une, alors publique.

 

La République arc-en-ciel n’a qu’un ennemi

Pourtant, il n’avait pas démissionné d’un parti dont le secrétaire général estimait alors que le système soviétique, avec ses millions de morts, avait un « bilan globalement positif ». C’était, c’est, normal. La République et l’arc-en-ciel ne connaissent qu’un ennemi, l’extrême droite. Voilà pourquoi le producteur de radio Sylvain Bourmeau, 26 ans d’audiovisuel public (France Culture, France 2), ancien du matin et de Médiapart, grand zélateur du pluralisme, entend-il préciser celui-ci pour mieux l’orienter. En 2013, il traitait les gens de la Manif pour tous de racistes et sexistes. Aujourd’hui, il lance dans un livre une idée lumineuse qu’il proclame haut et fort dans Marianne : « Il est inacceptable de donner la parole à des partisans de la théorie du grand remplacement. » Pour deux raisons : parce que ce sont des racistes et que le racisme est un délit réprimé par la loi. Et parce que la « théorie du grand remplacement » serait fausse. Ici, nouveauté, la liberté d’expression, vieille revendication de la République, est conditionnée à la vérité.

 

Faut-il laisser aux politiques la liberté de parler ?

Plus, cet excellent Bourmeau préconise de saisir l’ARCOM si des contrevenants osent s’exprimer ici ou là. Cela pose des questions pratiques bien intéressantes. D’abord, il faudra que l’ARCOM se fasse l’étudiant et le juge d’un nombre immense de dossiers. Quand ce qui est dit est-il suffisamment faux pour encourir les foudres de la République ? Et puis surtout, pourquoi s’en tenir à la théorie du grand remplacement ? Toute opinion, toute affirmation lancée dans les médias devra être soupesée avec la même attention et la même rigueur. L’erreur et le mensonge peuvent être cachés par tout et portées par tous. En particulier, est-il acceptable que l’on donne la parole aux hommes politiques, dont la tendance à dire des sornettes et à mentir n’est niée par personne ?

 

La République arc-en-ciel prépare une loi

Il est pitoyable que ces pitreries soient émises par de braves gens qui se prennent pour des citoyens et des cerveaux d’élite, et qu’on les écoute. Le pire est que cette forme de sottise intolérante devienne courante, animant aujourd’hui la pensée de la République arc-en-ciel. Science et Vie vient de « donner la parole » à un certain Laurent Cordonier, sociologue et directeur de la recherche à la Fondation Descartes, qui se donne pour un spécialiste des mécanismes d’adhésion aux théories du complot, et à Eva Morel, présidente de l’association QuotaClimat, qui prétend exercer une veille de la désinformation en matière de climat. Elle a saisi l’ARCOM, puis le Conseil d’Etat, pour des propos tenus par Michel Onfray sur CNews. Science et Vie estime que ces propos et leurs semblables « participent à la désinformation du grand public sur dos sujets sociétaux primordiaux ».

 

La République impose sa vérité sur le climat

Notre confrère a donc invité « deux spécialistes » à « en débattre ». Eva Morel prétend avoir relevé « 665 cas de mésinformation climatique dans les médias audiovisuels français en 2025 ». Laurent Cordonier déplore que « plus d’un tiers des Français pensent que le changement climatique est autant dû à des causes naturelles qu’humaines ». Faut-il une loi pour contrer la mésinformation et améliorer la qualité de l’information ? Eva Morel répond : « C’est ce que nous souhaiterions. Une proposition de loi déposée en 2023 par le député PS Stéphane Delautrette allait dans ce sens. » Regrettant qu’elle n’ait pas été examinée, elle nie bien sûr toue intention de censure. Cordonier, lui, se méfie d’une telle loi parce que « si le consensus est clair sur l’origine anthropique du dérèglement climatique, il l’est moins sur d’autres questions environnementales ». Que faut-il en penser ?

 

L’arc-en-ciel refuse la liberté de débat

Voyons d’abord le prétendu consensus sur l’origine anthropique. 1. La science ne procède pas par consensus 2. Si le consensus sur une question tranchée comme la rotondité approximative de la terre se conçoit, un consensus sur une question neuve, complexe et politisée, n’a d’autre valeur que d’indiquer la volonté politique de quelques-uns d’interdire tout débat. 3. En l’espèce, le consensus sur l’origine humaine d’un « changement climatique » n’existe pas. Voyons ensuite la proposition de loi numéro 601 datée de novembre 2024, et non 2023. Elle a été présentée par le socialiste Stéphane Delautrette suivi d’un collectif de députés appartenant à huit groupes parlementaires, socialistes, Modem, communistes, écologistes, LFI, horizon, LIOT, Ensemble pour la république. En somme tout l’arc en ciel à l’exception des Républicains. Cette unanimité est capitale. Cette loi a été examinée, mais, critiquée à droite, a été transformée en une résolution non contraignante.

 

Supprimer la liberté d’expression au nom du droit à la vérité

L’exposé des motifs en était interminable, mal rédigé, et bourré au mieux d’erreurs ou d’approximations, au pire de mensonges : l’essentiel étant de faire peur pour « concrétiser le droit pour les citoyens d’accéder à une information de qualité de façon universelle, c’est‑à‑dire dans l’ensemble du paysage médiatique ». En français, cette loi visait à réduire l’information à une seule opinion. L’exposé des motifs ne cache pas d’ailleurs son esprit partisan, « s’inspirant des propositions portées conjointement par l’association QuotaClimat et l’Institut Rousseau ». Il vise explicitement à favoriser « l’adoption de comportements pro‑environnementaux mais aussi l’acceptabilité sociale de solutions contraignantes ». Il salue le « tournant » écologique de France Inter, son « plan de formation des journalistes, la transformation des contenus éditoriaux et publicitaires ».

 

Une République totalitaire dans le détail

Quant aux dispositions principales de la proposition de loi, elles étaient trois. A l’article premier est défini un renforcement des pouvoirs de l’ARCOM en matière de l’environnement. A l’article deux, la création d’un observatoire de la couverture médiatique des enjeux écologiques (« chargé d’assurer la quantité, la qualité et l’honnêteté de l’information »). A l’article trois sont instituées des règles temporaires que l’Arcom devait édicter pour chaque élection. A l’article 5 sont institués des « contrats climats » désormais « obligatoires et opposables » visant à interdire toute publicité pour des « biens et services incompatibles avec notre trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre ».

 

L’ARCOM décide de la Liberté et de la Vérité

La proposition de loi compte comme cela 7 articles. Chacun est long et détaillé. A titre d’exemple, citons l’alinéa numéro 2 (il y en a 18) de l’article premier : « L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique assure la protection de l’environnement dans le domaine de la communication audiovisuelle et numérique. A cette fin, elle veille à ce que la programmation reflète l’état des connaissances scientifiques concernant les enjeux environnementaux, singulièrement l’origine anthropique du dérèglement climatique, ainsi que la nécessité d’agir reconnue par les engagements internationaux dont la France est signataire. » On voit jusqu’à quel niveau de méticulosité tatillonne descendent les promoteurs de cette loi totalitaire : leur vérité en la matière doit être imposée dans le détail, et l’ARCOM est le super gendarme du système.

 

Les maximalistes de l’arc-en-ciel ont dû reculer

L’Assemblée nationale a pour l’instant reculé devant une monstruosité aussi grosse – surtout parce que certains articles étaient mal rédigés, d’une façon si naïve qu’ils ouvraient la porte à des interprétations qui nuiraient au législateur maladroit. Mais les maximalistes de l’arc-en-ciel y reviendront. Pour l’instant, la ligne d’un Cordonier l’emporte : il suffit, pour empêcher le débat et faire taire les contradicteurs, de leur en imposer, afin de répandre chez la plupart la conviction que le « dérèglement », le « réchauffement », est d’origine humaine, sans précédent et d’une ampleur et d’une promptitude telle que ses conséquences sont catastrophiques. Ce mythe que tout dément, institué en seule vérité, est protégé à défaut de loi par un tabou, celui du consensus.

 

La République et le Royaume-Uni n’ont besoin que d’une Pravda

On se souvient comment Philippe Verdier, chef du service Météo de France 2, a été viré sous un prétexte fumeux pour avoir publié un Livre, Climat Investigation, où il tempérait un peu l’alarmisme dominant. Il fut à traité de négationniste : le terme est réservé en général à ceux qui, tel un Robert Faurisson, mettent en doute la Shoah. C’est dire la force de la réprobation qui a frappé Verdier : il niait la Vérité. Telle est la stratégie de l’arc-en-ciel : pour garder le pouvoir, il ôte la liberté de parler à ses contradicteurs en leur opposant sa vérité (en russe : Pravda). La République n’a besoin ni de savant, ni de controverses inutiles. Et, de l’autre côté de la Manche, dans le royaume d’Angleterre, cela ne va pas mieux, puisque le Premier ministre Andy Durham lance son centre de défense de l’information. Seul le prétexte change : c’est au nom de la sécurité que l’arc-en-ciel restreint les libertés et impose sa vérité.

 

Pauline Mille