Karin Öberg, lauréate de la médaille Pie XI, scientifique convertie à la foi catholique

Öberg scientifique convertie catholique
 

Même l’université de Harvard ne peut cacher sa satisfaction. Son professeur d’astronomie, Karin Öberg, s’est vu remettre la médaille Pie XI à Rome lors d’une audience de Léon XIV avec l’Académie pontificale des sciences, le 24 septembre dernier. Cette médaille, attribuée tous les deux ans, récompense un scientifique de moins de 45 ans de réputation internationale pour le caractère exceptionnel de ses recherches scientifiques et pour son potentiel remarquable. Au fil des attributions, ce prix n’a pas forcément récompensé des croyants. Stephen Hawking fait partie des lauréats, ayant reçu son prix en 1975.

Karin Öberg, en revanche, ne cache pas sa foi catholique. Cette spécialiste de la chimie des astres ne s’est pas contentée de son travail de scientifique. Née à Nyköping, Suède, il y a 44 ans, elle a brillé dans les études scientifiques dès l’adolescence et s’est particulièrement distinguée en astronomie. Baptisée et confirmée dans l’Eglise de Suède pendant l’enfance, elle est rapidement devenue agnostique.

 

Karin Öberg honorée de la médaille Pie XI par Léon XIV

Fascinée par la beauté du ciel étoilé autant que par l’étude des objets qui le peuplent, animée depuis toujours par une « obsession de la vérité », la jeune femme est d’abord agnostique et non point athée, puisqu’elle garde, explique-t-elle, deux certitudes bien ancrées. Premièrement, elle est certaine d’être dotée du libre arbitre, la capacité de faire des choix. Mais elle a aussi la conviction qu’il existe une objectivité morale, ce qu’elle appelle le réalisme moral : le bien et le mal existent, quoi que l’on puisse en penser.

« Il existe des choses qui sont bonnes et des choses qui sont mauvaises, et cela a une importance. Il importe peu que 99 % de la population mondiale puissent voter dans l’autre sens : ils auraient tort. Cela veut dire qu’il existe une norme qui nous est extérieure », dit-elle en évoquant sa conversion.

Celle-ci s’est produite en quelques heures. Elle était encore étudiante en doctorat lorsqu’elle a commandé, elle ne sait trop pourquoi, le livre Mere Christianity (Les Fondements du christianisme) de C.S. Lewis. A peine reçu, elle l’a dévoré un dimanche après-midi en l’espace de quelques heures et, se trouvant en accord avec les affirmations des premiers chapitres contre le relativisme moral, s’est sérieusement interrogée sur tout ce que l’auteur proposait par la suite pour arriver elle-même à l’adhésion au dogme de l’incarnation. Avec d’emblée le sentiment très fort que ce livre allait changer sa vie.

 

Karin Öberg devient anglicane avec C.S. Lewis, catholique grâce à Chesterton

Vivant à l’époque aux Pays-Bas, elle s’était immédiatement ralliée à l’Eglise anglicane, mais c’est en lisant par la suite Orthodoxie de G.K. Chesterton qu’elle a poussé plus loin sa réflexion, qui a pris bien plus de temps, pour aboutir dans l’Eglise catholique. En l’occurrence, si Chesterton l’a placée sur ce chemin, c’est l’assistance à la messe catholique qui a exercé sur elle l’attraction spirituelle déterminante, explique Karin Öberg.

C’est vers ses 40 ans qu’elle a fait ce pas, ainsi qu’elle l’explique dans un entretien avec Tim Gray de l’Augustine Institute de Denver. Elle y évoque le domaine précis de la science et ses limites, et juge que la méthode scientifique ne saurait prouver l’existence ou l’inexistence de Dieu, même si son objet peut constituer un signe à interroger. Elle se dit frappée par l’intelligibilité de l’univers et par le fait que celui-ci est soumis à des lois. « On ne peut pas considérer cela comme allant de soi. C’est magnifique », s’émerveille-t-elle.

 

Karin Öberg, passionnée par saint Thomas d’Aquin

Ayant trouvé la foi, Karin Öberg a aussi souligné que l’acceptation intellectuelle de la foi n’a pas été le bout de son voyage. « Ce qui a pris du temps, c’est l’aspect de la charité, vivre la foi et réellement construire une relation avec Dieu », dit cette jeune femme lumineuse.

Aujourd’hui, outre ses travaux scientifiques, elle se passionne pour les lectures catholiques, en particulier pour les écrits des Dominicains qu’elle qualifié de « geeks de Dieu » et surtout, pour saint Thomas d’Aquin, à cause de la manière dont il unit foi et raison.

Pour recevoir sa médaille des mains de Léon XIV, Karin Öberg s’était revêtue des traditionnelles robe et mantille noires que le protocole exigeait naguère de celles approchant le souverain pontife en audience privée.

Une grande dame…

 

Jeanne Smits