Au rebours des mouvements populistes qui réclament que l’aide sociale aille par priorité aux nationaux, le gouvernement travailliste britannique semble acquis à la préférence migratoire : il avantage les migrants illégaux arrivés par bateau par rapport aux ressortissants britanniques peu aisés. En effet, un prestataire travaillant pour le ministère de l’Intérieur (Home Office) propose aux propriétaires de logements des contrats lucratifs d’une durée de trois ans, dont le montant est plus de deux fois supérieur à celui versé par les autorités locales ; une situation qui fait craindre que les Britanniques les moins aisés ne soient évincés du marché du logement. Ces offres faramineuses émanent de Clearsprings Ready Homes, l’une des trois entreprises privées sous contrat avec le ministère de l’Intérieur britannique pour l’hébergement des demandeurs d’asile en Grande-Bretagne. Cette société bénéficie d’un contrat financé par les contribuables à hauteur d’environ 7 milliards de livres sterling, et cible les propriétaires qui louent leurs biens à des collectivités locales, à des étudiants ou à des personnes vulnérables.
Un exemple : un propriétaire du sud de Londres s’est vu proposer 4.500 livres sterling par mois pour un appartement de trois chambres qu’il louait déjà au conseil municipal de Southwark pour seulement 1.790 livres sterling. Cet accord très avantageux lui aurait permis d’accroître ses revenus de 32.520 £ par an, le prestataire proposant par ailleurs de prendre en charge les factures, la taxe locale et les frais d’entretien. Mais le propriétaire a refusé, pour ne pas rompre son contrat avec la municipalité et exposer des familles à un risque réel de se retrouver sans logement. L’opposition accuse le Parti travailliste de privilégier les migrants par rapport aux Britanniques. Chris Philp, ministre de l’Intérieur du « cabinet fantôme » (Shadow Home Secretary), a évoqué un « jour de honte » pour le gouvernement.











