Dans une semaine, le mercredi 4 novembre, sortira dans les salles françaises un film documentaire intitulé Carlo Acutis, un saint pour notre temps, distribué par SAJE. Plusieurs pré-projections sont prévues en région parisienne dont deux en présence de sa mère, Antonia Salzano Acutis, qui, depuis la mort de son fils à l’âge de 15 ans à la suite d’une leucémie foudroyante, se consacre à faire connaître son histoire exceptionnelle de sainteté et à répandre son message. Le film repose sur des images et des vidéos familiales de Carlo depuis sa naissance ; et sur les souvenirs de ceux qui l’ont le mieux connu : grand-mère, parents, professeurs, prêtres, mais aussi le majordome hindou de la caste des brahmanes que le petit Carlo avait fait engager comme son « chouchou » alors que ses parents faisaient des entretiens d’embauche et qu’il a mené à la foi catholique en creusant en lui l’amour de l’Eucharistie.
On suit avec plaisir le parcours de ce garçon plein de vie et de sourires, un enfant extraordinairement précoce qui parlait à 5 mois et qui savait programmer à un niveau universitaire dès le début de l’adolescence, grâce aux livres d’informatique que son père lui avait donnés. Mais si le film cherche à montrer qu’il fut aussi un enfant comme les autres, il fait passer un vrai message mystique : l’extraordinaire lien entre Carlo Acutis et la Sainte Eucharistie. Un message qui montre l’insuffisance des titres qu’on a voulu lui donner, comme « le geek de Dieu » ou « le saint “de” notre temps », amateur de football et de jeux vidéo.
Carlo Acutis, un film documentaire réussi
Saint « pour » notre temps, Carlo l’est certainement. Il interpelle en particulier la jeunesse, et il est difficile de ne pas voir une réponse de la Providence à l’explosion d’Internet et du virtuel dans la vie des jeunes dans sa vie fulgurante, bâtie sur quatre mots simples : « Pas moi, mais Dieu. »
Le plus étonnant, c’est que Carlo Acutis est né en mai 1991 dans une famille italienne temporairement en poste à Londres, une famille où l’on baptisait les enfants à la naissance par convention sociale, mais d’où la pratique religieuse était totalement absente. Une nounou polonaise lui a pourtant parlé de Dieu dès son plus jeune âge.
Petit garçon de moins de 5 ans, Carlo était déjà passionné par les églises et entraînait sa mère devant le Saint-Sacrement ou une statue de la Vierge à la moindre occasion, avant de faire la même chose avec sa grand-mère. Celle-ci raconte comment elle s’est laissée peu à peu mener vers la foi, surtout lorsque, après la mort subite de son mari, Carlo a eu un songe où son grand-père vint lui dire qu’il était au purgatoire et demandait des prières pour lui-même et pour toutes les âmes qui s’y trouvent.
Tout au long de sa vie, Carlo Acutis allait prier et se sacrifier pour l’Eglise souffrante, approfondissant toujours plus cette foi qui le faisait vivre : il se confessait toutes les semaines, communiait tous les jours et pratiquait l’adoration eucharistique quotidienne. Confirmé à 11 ans, il participa dès lors à la catéchisation des jeunes, et il est évident qu’il a lui-même reçu des prêtres qui l’ont accompagné un enseignement des plus traditionnels.
Carlo Acutis est un saint d’autrefois
C’est tout le paradoxe de Carlo Acutis : c’est un saint d’autrefois. Le film le montre très bien en soulignant tous ces aspects de sa vie, en particulier son besoin de passer chaque jour une heure devant le Saint-Sacrement pour « parler avec Jésus » réellement présent.
Songes prémonitoires, songe de la Vierge de Fatima prenant le cœur de Carlo pour le mettre dans le sien, souci des pauvres, droiture, pratique des vertus allant de pair avec les amusements naturels pour un enfant et un adolescent de son âge, mais gouverné par la tempérance : on y découvre une vie ordonnée à Dieu, jusqu’à l’abandon joyeux à sa volonté, quand il a eu la révélation qu’il était, entre guillemets, destiné à mourir, comme il l’a dit à sa mère qui le conduisait à l’hôpital avec cette leucémie qui allait se révéler, avec des souffrances extrêmes. Après sa mort, Antonia Salzano Acutis a découvert sur l’ordinateur de Carlo la petite vidéo qu’il avait faite de lui-même, évoquant cette mort prochaine surnaturellement annoncée. Elle fait partie des documents du film, tout comme cette phrase qui fait penser à celle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : « Oui, depuis l’âge de trois ans, je n’ai rien refusé au Bon Dieu. » Carlo Acutis disait : « Je suis content de mourir parce que j’ai vécu ma vie sans en gaspiller une seule minute à des choses qui ne plaisent pas à Dieu. »
Mais le film est loin de tout dire de la profondeur et de la hauteur stupéfiantes de la foi de ce garçon mort à quinze ans, en offrant tout pour les pécheurs, pour le pape, pour l’Eglise, et pour éviter un passage au purgatoire.
Voir le film le 4 novembre, puis lire ses Notes intimes…
Pour les connaître, il faut lire ses Notes intimes sous les titres La messe me sanctifie et Pas moi mais Dieu (éditions Salvator). Ce sont des notes personnelles, des réflexions, des travaux en vue de sites de catéchèse que Carlo Acutis projetait de mettre en ligne, où l’on trouve une doctrine des plus traditionnelles. Tout cela a été découvert par sa mère dans ses ordinateurs après sa mort, rassemblé, organisé puis publié. Ces notes révèlent à la fois une grande originalité de ton et une foi inébranlable en la présence réelle de Jésus-Christ, dans le sacrement de l’Eucharistie, dans tous les tabernacles du monde : fougue adolescente pour exhorter chacun à prendre en compte cette réalité dans tous les aspects de sa vie, et sérénité de celui qui a trouvé l’essentiel, « l’infini qui vient habiter le fini ».
A propos de l’Eucharistie en particulier, avec de nombreuses citations de saint Thomas d’Aquin ou encore du concile de Trente, on voit que Carlo Acutis, malgré son jeune âge, a poussé loin la recherche sur la doctrine de la foi, et c’est une spiritualité complètement traditionnelle qui en a résulté. On comprend mieux que le liturgiste progressiste Andrea Grillo ait méchamment dénoncé la canonisation de ce jeune saint.
Ainsi, le film sur Carlo Acutis devient-il une porte d’entrée vers un monde trop oublié. A voir !











