L’innovation française freinée par les normes écologiques

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Hélène Huby, fondatrice et PDG de The Exploration Company, n’en peut plus des normes et de la lenteur administrative en France. Elle a voulu investir – à coups de dizaines de millions d’euros – dans un banc d’essais de moteurs pour capsules et d’un moteur-fusée développés par sa société, du côté de Mérignac.

Une vidéo d’Hélène Huby tournée peu avant que l’autorisation administrative soit enfin donnée en juillet dernier tourne aujourd’hui sur les réseaux. Elle tempêtait en expliquant s’être battue deux ans dans la région pour l’obtenir : « A cause d’histoires de grenouilles et de vipères… Littéralement : il y a une vipère soi-disant protégée, donc il faut lui trouver un autre habitat. Et comme elle serait psychologiquement déboussolée si on la déplace, le nouvel habitat doit être trois fois plus grand que l’habitat d’origine ! »

« Je suis bien placé pour comparer : j’ai une filiale au Texas. En deux mois, boum, j’ai eu les autorisations et j’ai pu faire mon banc de test », ajoutait Hélène Huby : « C’est un méga problème pour l’industrie. Quand on investit des centaines de millions d’euros dans une infrastructure, on se retrouve à la merci des délais et des recours d’associations. Evidemment qu’il faut respecter l’environnement, mais il faut un juste équilibre. D’autant plus que ce banc d’essai devait servir à tester, pour la première fois au monde, des moteurs verts plus respectueux de l’environnement. Et je ne peux pas le faire à cause de grenouilles ! »

L’obstacle, né de la directive européenne Habitats du 21 mai 1992 transcrite dans le droit français, a pu enfin être levée. L’Allemagne, soumise aux mêmes normes, va quant à elle deux fois plus vite.