Les évêques germanophones ont lancé une consultation publique pour réviser le Missel de 1975, en vue d’une publication en 2033, grande année jubilaire. Le père Marius Linnenborn, directeur de l’Institut liturgique allemand, a accordé un entretien à katholisch.de dans lequel il donne les grandes orientations de ce projet : il précise qu’il ne s’agit pas d’une « refonte complète », mais d’une « révision modérée ».
Si le père Linnenborn explique qu’il faut intégrer les textes ajoutés depuis 1975 et non encore intégrés à la version allemande, ce qui s’entend, il prétend par ailleurs que « la célébration même de la liturgie a enrichi considérablement le vocabulaire liturgique », ce qui « a fait naître le besoin et le désir de réviser certains aspects ». Est-ce la normalisation d’abus liturgiques ?
Autre point : le nouveau missel se veut explicitement plus « inclusif ». Voilà ce qu’en dit le père Linnenborn : « Bien sûr, là où l’on écrit aujourd’hui seulement “frères”, on ajoutera aussi “sœurs”. De manière générale, le langage se doit d’être aussi inclusif que possible. Nous serons également attentifs aux représentations de Dieu fortement dominées par le personnage masculin. » (?)
Une dernière chose non moins importante touche à la théologie : l’expression « pro multis » dans la consécration est aujourd’hui en allemand traduite par « für alle » (« pour tous »), là où la traduction française donne « pour la multitude ». Benoît XVI avait explicitement demandé aux évêques allemands en 2012 de corriger ce « pour tous » en « pour beaucoup ». Selon le père Linnenborn, une telle modification n’est pas envisagée, et la formule « pour tous » restera.
Pour entrer en vigueur, la nouvelle version du Missel devra être approuvée non seulement par les évêques germanophones, mais aussi par le Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, présidé par le très progressiste cardinal Roche.











