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Les Américains s’opposent à la militarisation de la police imposée par le gouvernement fédéral

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Jeudi dernier, le gouverneur du Montana, Steve Bullock, a signé la plus forte mesure d’interdiction jamais décidée par un Etat pour empêcher la réception d’équipements militaires « gratuits » de la part du gouvernement fédéral, s’opposant ainsi à la militarisation de la police.
 
Un mois plus tôt, l’Etat du New Jersey a signé une loi similaire, mais moins radicale : elle se bornait à interdire l’usage de ce matériel fédéral sans l’accord des gouvernements locaux impliqués. Au Montana, l’interdiction est totale : aucun département d’Etat ne peut recevoir les drones armés, les avions militaires, les grenades, silencieux ou véhicules blindés militarisés proposés par le gouvernement fédéral.
 

Le Montana, deuxième Etat à freiner la militarisation de la police imposée par le gouvernement fédéral

 
Les départements de police pourront toujours acheter ce matériel, mais ils devront utiliser leurs propres fonds et non la « générosité » du gouvernement fédéral. Ils devront par ailleurs informer les habitants d’un tel achat 14 jours à l’avance.
 
La loi du Montana exprime clairement l’interdiction de réception de tout équipement de la part d’une source fédérale, et non seulement par le biais du programme ad hoc du ministère de la défense.
 
Ce programme a permis aux polices locales de récupérer plus de 4 milliards d’équipements militaires depuis 1997. Le ministère de l’Intérieur propose désormais le triple.
 
Belle tentative de militarisation de la police locale américaine, qui a pourtant provoqué une résistance sans concession malgré les scènes de guerre récemment constatées à Ferguson.
 
Au total, 10 Etats américains sont sur le point de réguler cette militarisation : Vermont, Massachusetts, Tennessee, Minnesota, Washington, California, Nevada et le New Hampshire.
 

Les Américains opposés à la militarisation de la police

 
La pression vient parfois des habitants eux-mêmes. En octobre dernier, un groupe de citoyens du Nampa, dans l’Idaho, a protesté contre l’acceptation par les forces locales d’armes proposées par le ministère de l’Intérieur.
 
Ils dénonçaient le prix de ces équipements soi-disant « gratuits », ne serait-ce qu’en maintenance, mais également la militarisation « malsaine » de la police, qui fait du citoyen américain un combattant ennemi en puissance.
 
C’est un refus net de la militarisation de la police, mais également du totalitarisme de l’Etat Fédéral. Les Américains semblent plus préoccupés par leurs libertés que les Français, si l’on en juge par l’inertie de ces derniers face à l’extension du plan Vigipirate depuis des années.
 

Béatrice Romée