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Allemagne : Angela Merkel s’oppose aux manifestations anti-islam

Angela Merkel manifestations anti-islam
 
Alors que le phénomène des manifestations contre l’islamisation de l’Allemagne prend de l’ampleur, le chancelier Angela Merkel s’est opposée à ces initiatives contraires à l’intégration mondialiste. Elle a beau avoir elle-même jadis, lorsque c’était à la mode dans l’Union européenne, dénoncé le « multikulti » — version allemande du multiculturalisme – Mme Merkel estime aujourd’hui que l’inquiétude devant la montée de l’islam relève de l’incitation à la haine et à la calomnie. Et pour cela, « il n’y a pas de place en Allemagne ».
 
Angela Merkel s’exprimait lors d’une conférence de presse à Berlin au moment où une nouvelle manifestation de Pegida (Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident) se déroulait à Dresde, s’apprêtait à rassembler des milliers de personnes pour réclamer un durcissement du droit d’asile.
 
Droit fortement régi, comme on le sait, par l’Union européenne.
 

Angela Merkel met en garde contre l’« extrême-droite »

 
Le chancelier allemand a mis en garde les gens qui descendent dans la rue contre le danger de « l’instrumentalisation » d’un mouvement qui apparaît pourtant comme un rassemblent de la « base », sans connotation extrémiste. Angela Merkel craint une récupération par l’« extrême droite », mots qui tuent et qui permettent de discréditer l’adversaire sans se soucier de savoir ce qu’il pense ou veut vraiment.
 
« Une honte pour l’Allemagne » que ces manifestants qui revendiquent la non-violence et dénoncent le djihad, renchérissait le ministre de la Justice, Heiko Maas. Un ministre du land de la Rhénanie du Nord-Westphalie a qualifié le mouvement Pegida de « nazis en costume à fines rayures ».
 
« Nous n’avons rien contre les réfugiés. Il y a une guerre en Syrie et ces gens sont les bienvenus ici, explique un manifestant. Mais les gens en provenance d’autres pays de l’Union européenne qui connaissent la paix ne le sont pas. Nous ne sommes pas contre l’islam. Et nous ne sommes pas contre l’immigration. Mais il faut de l’intégration et il faut des règles », explique un employé d’usine.
 

Qui profite de l’anti-islamisme ?

 
Qui est derrière Pegida ? Le fondateur du mouvement n’a pas d’attaches politiques connues ; Lutz Bachmann serait-il manipulé ? Pour l’heure, le fait que l’on peut constater est que le mouvement est pacifique, qu’il rassemble autour du thème anti-islamique, qu’il s’enfle de la présence d’Allemands ordinaires et que la classe politique autour d’Angela Merkel y est fortement hostile.
 
C’est cette même classe politique qui porte la responsabilité de l’entrée de 95.000 demandeurs d’asile en Allemagne sur les premiers six mois de 2014 ; le total pour cette année pourrait dépasser les 200.000, dont quelque 20 % venus de Syrie et d’Irak. Et plusieurs Länder et municipalités estiment ne plus pouvoir faire face aux coûts que cela représente.
 

Manifestations « populistes »

 
Selon Heiko Maas, il est urgent qu’une contre-alliance de la société civile et des partis politiques se forme pour lutter contre ce mouvement « populiste », assurant que « personne en Allemagne ne doit avoir peur d’une soi-disant islamisation », d’autant que la majorité des réfugiés syriens arrivant en Allemagne ne sont pas musulmans, mais chrétiens.
 
Mais si l’immigration était essentiellement chrétienne dans nos pays d’Occident, cela se saurait. Bien des musulmans cherchent eux-mêmes à rendre leur présence visible. Comme en France, le nombre de mosquées, parfois monumentales, s’étend outre-Rhin.