Enorme ! C’est du jamais vu en France et dans les démocraties occidentales. Depuis 1982 et la création par le gouvernement socialiste de la première chaîne de télévision privée, Canal +, aucun des précurseurs de l’ARCOM au poste de « gendarme de l’audiovisuel » n’avait osé censurer une chaîne pour son contenu, même au temps où la 5 était la propriété du sulfureux milliardaire Robert Hersant ! L’ARCOM innove ! Elle vient de mettre en demeure CNews de se conformer à « l’exigence d’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion ». La ligne éditoriale de CNews déplaît à la l’ARCOM en particulier dans les domaines suivants : sécurité, immigration, justice, LFI, relations franco-algériennes, exécutif, UE. Si CNews néglige cette mise en demeure, il pourrait lui advenir la même chose qu’à C8.
Plusieurs choses surprennent dans cette démarche. 1. La saisine : Reporters Sans Frontières, association qui prétend défendre la liberté d’expression, a saisi l’ARCOM pour susciter la censure. 2. La méthode : l’ARCOM a sélectionné 168 heures de programme pour fonder son analyse : pourquoi pas 12 ou 1.347 ? En quoi est-ce un échantillon représentatif ? 3. Surtout, la compétence : ni les textes, ni l’usage ne donnent mission à l’ARCOM de juger la ligne éditoriale d’une chaîne ou d’une radio. Et si elle s’arroge cette mission, pourquoi ne pas l’appliquer à France Info ou à M6 ? CNews va porter cet abus de pouvoir manifeste devant le Conseil d’Etat, mais quand on connaît le Conseil d’Etat…
La vraie question est celle d’une autorité de régulation : elle n’a aucun lieu d’être, c’est un moyen de censure et de soumission au pouvoir. Si un organe de presse commet des délits, il y a des lois et des tribunaux pour cela : toute surveillance administrative est une tentative de l’Etat/Système d’imposer sa vérité. En russe, vérité se dit Pravda.











