L’ARCOM, l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, s’est fait prendre à plusieurs reprises en flagrant délit de partialité, accablant certains médias et en exonérant d’autres de toute sanction pour des raisons politiques – les mêmes, avec des effets inverses. Dans son « projet stratégique » pour 2026-2028, elle n’en prévoit pas moins, en toute tranquillité cynique, d’étendre ses compétences pour se faire juge de l’information, non seulement dans l’audiovisuel traditionnel mais sur les réseaux sociaux. Avec naturellement un très beau prétexte : réduire partout ce qu’elle nomme « la haine », en ligne ou à l’écran. Un petit pas de plus vers la normalisation des esprits par l’arc-en-ciel.
ARCOM, information, socialisme et morale
Bush, à propos de Saddam Hussein, avait constitué un « camp du Bien », avec un grand B, pour lutter contre les « Etats voyous » : avec la nouvelle « feuille de route ambitieuse » de l’ARCOM, on est dans la même démarche de western. Il s’agit de vaincre le camp du mal. L’ARCOM, dès sa formation en 2019, a été constituée comme le camp du bien, c’est-à-dire celui de l’Etat, c’est une créature des plus hautes institutions du système : trois membres en sont nommés par le président de l’Assemblée, trois par celui du Sénat, deux par la Cour de cassation, deux par le Conseil d’Etat et un par le président de la République : n’y manque que la Cour des comptes et le Conseil constitutionnel pour que le verrouillage soit parfait. Dans leur rapport publié le 19 mai, le président socialiste Martin Adjari et les autres membres « indépendants » de l’ARCOM ont décidé de ne pas se contenter du « rôle de gendarme de l’audiovisuel auquel elle est trop souvent réduite ». Ils entendent s’attaquer aux « désordres informationnels » qui menacent « notre démocratie ». L’ARCOM définit plusieurs objectifs pour y parvenir. Deux en particulier retiennent l’attention.
L’ARCOM juge de ce qui est complotiste
L’objectif numéro 8 prend les choses en amont et entend « contribuer à l’éducation aux médias ». C’est-à-dire que l’ARCOM déplace son pouvoir de régulation des médias, qui étaient pour ainsi dire son domaine de compétence et son objet social, sur le public, c’est-à-dire les citoyens et les électeurs. Benoîtement. Après ce premier tour de passe-passe, elle s’est livrée à une enquête policière sur sa nouvelle cible, dont elle nous livre les conclusions : « Plus de 60 % des Français adhèrent à au moins une thèse complotiste. » Voilà qui incite à la rêverie : comment les hauts fonctionnaires de l’ARCOM vont-ils s’y prendre pour définir et labelliser ce qu’est une thèse complotiste ? Comment vont-ils ensuite se transformer en pédagogues pour éloigner les pauvres Français de cette erreur ? Cela nous intéresse particulièrement. Depuis des années, s’appuyant sur les travaux de scientifiques renommés, RITV répète que les scénarios catastrophes sur le climat n’ont aucune valeur : jusqu’au mois dernier, c’était considéré comme une thèse complotiste, depuis le dernier rapport du GIEC, c’est la vérité officielle. Comment l’ARCOM va-t-elle s’y prendre ?
Défendre le bon sens est un crime de haine
Des questions analogues se posent à propos de l’autre objectif stratégique phare de l’ARCOM, le numéro 2. Il s’agit de « lutter contre la haine en ligne ». Pour être bien sûr de ne pas en laisser passer ne serait-ce qu’un iota, elle va chasser les « dynamiques haineuses, y compris diffuses » en s’aidant d’un « observatoire dédié ». Quelles choses mettre derrière ces mots à la fois ronflants et flous ? Qui va « observer » quoi ? Pour décider quoi ? Interdictions, poursuites pénales ? Quelles seront les limites de l’ARCOM ? Quels seront les recours possibles des médias ou particuliers sanctionnés ? L’expérience récente de ce genre d’institution et de ce type de langage donnent à penser qu’il n’y aura aucun recours, et que régnera un arbitraire cyniquement orienté. On sait en effet que la « dignité humaine » célèbre la morale arc-en-ciel : avortement, euthanasie, folie de genre, abolition de toute identité nationale par la submersion-subversion migratoire. En conséquence, on impute à quiconque s’y oppose d’être mû par la « haine ». L’ARCOM, juge, partie, et gendarme, poursuivra donc pour crime de haine, sans états d’âme, quiconque s’opposera si peu que ce soit à l’idéologie sans frontières arc-en-ciel.











