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Australie : Tony Abbott veut renforcer le contrôle de l’immigration

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L’Australie est traditionnellement une terre d’immigration, et on ne peut pas dire que le sous-continent soit surpeuplé. Mais son Premier ministre Tony Abbott vient d’indiquer, dimanche, qu’il entend renforcer le contrôle de l’immigration, dans la foulée du siège du café Lindt à Sydney en décembre : sanglante prise d’otages où le malfaiteur et deux de ses otages ont été tués. Abbott accuse le « système judiciaire » de l’Australie de n’avoir pas fonctionné.
 
En cause : la présence sur le sol australien d’un réfugié iranien, Man Haron Monis, qui a pu paralyser à lui seul la plus grande ville d’Australie en retenant 18 otages sous la menace d’une arme à feu pendant 17 longues heures.
 

Tony Abbott, en colère après la prise d’otages de décembre

 
Ce qui a déclenché la colère de Tony Abbott, c’est le fait que Monis a pu entrer légalement en Australie et que toutes les décisions prises à son égard avaient été « raisonnables » en regard des lois en vigueur, comme l’a montre un rapport conjoint de l’Etat de New South Wales et des autorités fédérales. Autrement dit, l’auteur de la prise d’otages n’aurait pas pu être refoulé dans les conditions actuelles sans atteinte à ses droits de réfugié.
 
« A l’évidence, ce monstre n’aurait pas dû pouvoir entrer au sein de notre communauté », a souligné Abbott. « Il n’aurait pas dû entrer sur le sol de ce pays. Il n’aurait pas dû bénéficier d’une libération sous caution. Il n’aurait pas dû disposer d’une arme à feu et il n’aurait pas dû pouvoir se radicaliser. »
 
Cela fait beaucoup de points à contrôler pour un « cheik » autoproclamé arrivé en Australie avec un visa d’affaires en 1996 et qui a obtenu l’asile moins d’un mois plus tard – avant de se voir reconnaître la citoyenneté australienne. Au moment de la prise d’otages, il était accusé d’avoir tué sa femme – mais avait pu se soustraire à la détention préventive au moyen d’une caution – et il avait déjà une longue histoire de musulman radicalisé.
 

En Australie, la loi permet le contrôle de l’immigration – mais trop faiblement

 
Se réclamant de l’Etat islamique en 2014, il était dans la logique de ses comportements antérieurs : il avait attiré l’attention des autorités spécialisées dans le contre-terrorisme entre 2008 et 2014, et en 2012 s’était vu condamner pour courriels « haineux » aux familles de militaires australiens tués en Afghanistan. « Bien connu de la police et des forces de sécurité », selon l’expression consacrée…
 
Au cours de la semaine qui avait précédé la prise d’otages mortelle, ses messages sur Facebook avaient fait l’objet de 18 signalements aux autorités, sans qu’il y eût la moindre réaction. Les agences de sécurité avaient estimé que la menace n’était pas suffisante pour déclencher des poursuites et ne constituait pas un risque immédiat.
 

Les lois de l’Australie doivent-elles se renforcer pour plus de surveillance ?

 
Que les rapports officiels aient jugé que rien de tout cela ne justifiait que des mesures soient prises est pour le moins surprenant.
 
Voilà en tout cas qui autorise le Premier ministre de l’Australie à réclamer une surveillance et un contrôle accrus. Il faut revoir l’équilibre entre la liberté individuelle et la protection de la société, a indiqué Tony Abbott : c’est ainsi que sont utilisés tous les drames hautement médiatisés – qui sont en effet dramatiques mais qui dans bien des pays du monde sont utilisés pour accroître le pouvoir des autorités publiques. Qui pourrait se plaindre d’un Etat policier quand il s’agit d’éviter des horreurs pareilles ?
 
A noter, tout de même, le lien explicite établi par Tony Abbott entre l’immigration en Australie et la menace terroriste : sans nommer une provenance particulière des candidats à l’enrôlement au nom de l’Etat islamique, il désigne forcément les immigrés musulmans. Les nouvelles lois qu’il promet iront-elles jusqu’à imposer une surveillance particulière « à raison de la religion » de l’intéressé ?