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La Banque nationale suisse abandonne le cours plancher face à l’euro

Banque nationale suisse abandonne cours plancher euro
 
« Incompréhension », « stupeur » : la presse suisse est consternée par la décision surprise de la Banque nationale suisse d’abandonner le cours plancher face à l’euro, la politique qui l’a conduite à créer des francs pour éviter une remontée de la monnaie suisse face à l’euro et une déflation par contagion de la vacillante économie de la zone euro. Aussitôt, la Bourse suisse a perdu jusqu’à 8% de sa valeur. Une gifle pour l’économie nationale, dénoncent les commentateurs. On parle d’une « capitulation » devant les spéculateurs.
 
Pour la surprise, il n’y avait guère le choix : c’était la condition pour que la manœuvre produise ses effets.
 

L’économie suisse menacée par la faiblesse de la zone euro

 
C’est au nom de la protection de l’économie suisse que la Banque nationale suisse soutenait depuis plusieurs années un taux de change à 1,20 franc suisse pour 1 euro, favorisant aussi bien ses exportations que le tourisme en provenance de l’Union européenne. A force de faire fonctionner la planche à billet – sa prérogative de banque centrale – la BNS a multiplié ses réserves par dix en quatre ans.
 

L’abandon du cours plancher n’assèche pas les excès de liquidité

 
Il semblerait qu’elle ait voulu mettre le holà avant de s’« épuiser » face à la situation de ses voisins et de son propre risque déflationniste : en laissant le franc suisse se négocier plus près de sa vraie valeur, avec la liberté retrouvée du taux de change, la BNS n’assure pas pour autant à la Suisse d’échapper à ses problèmes liés aux excès de liquidités. Un excès qui a entraîné une hausse des prix de l’immobilier (une bulle ?) et des emprunts.
 

Une banque « nationale » indépendante

 
Les incertitudes de la zone euro représentent un autre risque pour la Suisse : l’arrivée de flots de liquidités depuis l’Union européenne lorsque la Banque centrale européenne se mettra – inévitablement pense-t-on désormais – à acheter des obligations d’Etat.
 
Et ainsi continue la ronde des décisions des banques centrales qui manipulent et dirigent les économies, dans un sens puis dans l’autre – cette fois en mettant la pression sur l’emploi et sur les exportations suisses. La Banque nationale suisse, au demeurant, n’a de « national » que le nom : elle est dotée de la même indépendance que les Banques centrales des autres pays, et comme elles, la BNS mène la danse en créant de l’argent à partir de rien.