On attendait une nouvelle victoire de la droite conservatrice au second tour de l’élection présidentielle au Brésil, où Flavio Bolsonaro, fils de Jair, était donné comme favori : c’est finalement Inacio Lula qui remporte un quatrième mandat, asseyant le pouvoir de la gauche avec 51,8 % des voix et plus de 4 millions de voix d’avance alors qu’il avait fini deuxième au premier tour. La situation est inédite depuis que l’élection présidentielle directe a été rétablie en 1989, date à laquelle il était déjà candidat et avait perdu face au candidat de droite.
Pour le Brésil, c’est un résultat surprenant et malheureux que ce retour du communisme international que Lula ne récuse pas. Ne déclarait-il pas en 2023 : « Etre traités de communistes ne nous offense pas. Au contraire, nous en sommes fiers. » Etre communiste, c’est revendiquer le mensonge pour arriver à ses fins, ne l’oublions jamais.
Flavio Bolsonaro conteste une élection marquée par des manipulations
Flavio Bolsonaro a déjà fait savoir qu’« il est impossible de reconnaître ces élections dans les conditions où elles se sont déroulées ». Il conteste le résultat, notamment au motif que les conditions du vote ont été modifiées à la dernière minute avec une prolongation de deux heures des bureaux de vote.
Le scrutin était déjà fermé comme prévu dès 17 heures dans les bureaux de vote les plus à l’est du pays lorsque Lula a saisi la Cour suprême fédérale afin de suspendre le décompte des voix et prolonger l’accès au vote dans certains centres au prétexte que leurs maires, opposants connus à son pouvoir, auraient « saboté » les transports publics pour empêcher l’accès des électeurs aux bastions du Parti des travailleurs dont il est le fondateur.
C’est en l’espace de quelques minutes qu’un juge nommé à la Cour suprême par Lula lui-même, Cristiano Zanin, a accédé à la demande du président sortant. Le magistrat a la particularité d’avoir été avocat personnel de Lula auquel il est étroitement lié… Il l’avait notamment défendu contre des accusations de corruption qui avaient conduit à l’emprisonnement de Lula, condamné par deux fois en 2017 et 2019 avant d’être disculpé pour des raisons de procédure.
Le Brésil de Lula s’enfonce dans le gauchisme
L’annulation du scrutin s’impose d’autant plus, selon Bolsonaro, qu’une confusion totale a fait suite à la décision de prolongation qui n’a pas été notifiée correctement à tous les bureaux, de telle sorte que certains, où le décompte était déjà en cours, n’ont pas été accessibles aux électeurs aux termes de la décision que, par ailleurs, absolument rien ne prévoit ni justifie dans le code électoral brésilien. Il accuse également le Tribunal supérieur électoral d’avoir refusé aux observateurs du Parti libéral dont il est le candidat de pouvoir vérifier la sincérité du scrutin dans la « salle-coffre » de cette institution, qui dément en assurant que cette salle n’est jamais accessible aux scrutateurs.
Quoi qu’il en soit, c’est bien la droite qui a remporté l’élection dans la majorité des 27 Etats du Brésil, y compris dans les plus peuplés et dynamiques que sont São Paulo, Minas Generais et Rio de Janeiro, mais en cédant des voix à la gauche par rapport au premier tour, tandis que le Parti des travailleurs de Lula s’est imposé principalement dans le nord-est, région la plus pauvre du pays et son bastion traditionnel.
Annulation ou disqualification ? Le Brésil entre Lula et Bolsonaro
Selon Raquel Machado, professeur à l’université fédérale de Ceará, Bolsonaro pourra demander un audit pour vérifier si le résultat a été affecté par l’absence des conditions d’égalité du scrutin en vue de le faire annuler, ou bien engager une procédure pour abus de pouvoir auprès de l’inspecteur général du Tribunal supérieur électoral avec la potentielle disqualification de son adversaire même après sa prise de fonctions.
Ce qui se joue est évidemment crucial : Lula va-t-il pouvoir enfoncer le Brésil dans le gauchisme en reprenant le contrôle du plus grand pays d’Amérique latine, symbole de la lutte contre le « changement climatique » à travers le discours sur l’Amazonie et élément clef du « Sud global » dans sa lutte contre les pays développés ? Cela tout en ayant approuvé des projets de déforestation et d’extraction de pétrole et de gaz dans cette même Amazonie…
Lula a fêté sa victoire en annonçant la censure des plateformes numériques dont il dénonce l’« ingérence » dans les élections au Brésil – rappelons que l’essentiel de la presse mondiale a pris parti pour sa personne et sa politique de gauche. Il a promis de les « réguler » en les qualifiant d’« espace de manipulation et de guerre sale contre la démocratie ».
Les micros, comme le papier, supportent tout.











