Cette peine a été prononcée au Brésil à l’encontre d’Audato et Ieda Denardi, qui sont ainsi devenus les premiers parents à être condamnés à une peine de prison dans le pays pour ce type de faits. C’est un juge de São Paulo qui les a condamnés alors même que le ministère public lui-même avait fini par demander leur relaxe.
Ces parents avaient commencé à faire l’école à la maison à l’occasion du covid, qui avait imposé les cours par visio en 2020, leur laissant découvrir en direct les lacunes de l’instruction publique. Alliance Defending Freedom International, qui assure leur défense, note que dès cet instant, les Denardi ont pu constater les progrès significatifs faits par leurs filles sur le plan scolaire. Ils apprécièrent également de pouvoir intégrer dans l’instruction leur foi et les valeurs auxquelles ils adhèrent.
La décision du juge les accuse bel et bien d’utiliser leurs filles, 11 et 15 ans, comme éléments d’un combat idéologique, en les « assujettissant à une forme d’éducation non régulée, dont l’efficacité et la qualité ne peuvent pas être mesurées au sein du système légal brésilien, tout en excluant complètement toute implication de l’Etat ».
Les parents qui instruisent eux-mêmes leurs enfants méritent la prison !
Plus spécifiquement, il soulignait que leur curriculum ne comprenait pas l’éducation sexuelle et de genre. Il reprochait également aux Denardi de ne pas enseigner « la tolérance et la diversité ». En particulier, l’aînée avait dit au cours d’une audition qu’elle trouve certaines paroles de musique moderne moralement répréhensibles.
Les deux jeunes filles en question parlent plusieurs langues et sont des pianistes accomplies. Mais aux yeux du juge, la diversité suppose qu’elles soient fans de rap ou de la musique folk « sertanejo », et, par conséquent, il a reproché à leur instruction de manquer de diversité culturelle. En deux mots : il leur manquait la culture populaire. Un peu comme lorsque des enfants instruits à la maison, en France, ont apporté la preuve de la négligence de leurs parents en déclarant ignorer qui est Zinédine Zidane…
Si le procureur a pour sa part abandonné l’idée de requérir une peine à l’encontre de ces parents, c’est tout simplement par honnêteté intellectuelle. Il s’était informé auprès de témoins et avait constaté les résultats de l’instruction à domicile fournie par les Denardi. C’est pourquoi il avait demandé la relaxe au motif que les parents ne s’étaient rendus coupables d’aucune négligence, comme l’avait d’ailleurs confirmé un psychologue de l’éducation, les filles elles-mêmes avaient décrit l’emploi du temps rigoureux et quotidien mis en place pour leur instruction.
Cependant, souligne ADF International, la question de l’école à la maison est en zone de non-droit. La Cour suprême du Brésil a jugé en 2019 qu’il s’agit là d’un droit constitutionnel, mais en ajoutant qu’il fallait une loi fédérale pour le réguler. Ainsi, les parents brésiliens qui instruisent actuellement leurs enfants à domicile doivent composer avec cette contradiction : leur droit constitutionnellement reconnu n’ayant pas été transcrit dans le droit directement applicable, ils se trouvent sans cesse en butte aux attaques de l’Etat.
Le Brésil reconnaît le droit de faire l’école à la maison mais la poursuit quand même
Les Denardi ont pris le parti d’aller en appel devant la plus haute cour de l’Etat. En attendant cette échéance, leur peine est suspendue. Leur tort est celui de tant de parents dans tant de pays où l’école à la maison est regardée avec suspicion, voire hostilité, souvent au motif que, dans certains cas, il s’agit d’un choix qui permet d’abuser d’enfants. Mais ce sont ici les exceptions qui servent à nier le droit des parents d’être les premiers éducateurs de leurs enfants – une constante de l’idéologie antifamiliale et favorable à la culture de mort qui prévaut dans de nombreux pays, couplée avec des pédagogies dont le premier objectif réellement atteint est celui de ne pas apprendre aux élèves à penser.
La presse américaine conservatrice cite à ce sujet une enquête réalisée en 2025 auprès d’adultes âgés de 25 à 39 ans. Celle-ci constatait : « Les élèves ayant suivi un enseignement à domicile pendant au moins huit ans ont affiché les niveaux les plus bas de dépression et d’anxiété, ils étaient les moins susceptibles de dire qu’ils “se sentaient impuissants face aux problèmes de la vie” et ils “affichaient les niveaux les plus élevés d’optimisme, de gratitude et de satisfaction dans la vie”. Les personnes ayant suivi un enseignement à domicile pendant une longue période avaient 50 % plus de chances que leurs homologues d’être mariées et deux fois moins de risques d’être divorcées ; leur nombre moyen d’enfants était, quant à lui, supérieur d’un tiers. »
Il faut croire que dans le monde qui est le nôtre, ce sont là autant de signes d’anormalité.











