Pays-Bas : l’instruction religieuse et l’école à la maison menacées par l’« arc-en-ciel »

Pays-Bas instruction religieuse menacées
 

Traditionnellement attachée à une certaine liberté scolaire, l’administration des Pays-Bas – on l’appelle traditionnellement « de overheid », la majorité – tente de peser de plus en plus sur les contenus de ce qui est enseigné dans les écoles libres, et même jusque dans les cours d’instruction religieuse : « l’école du dimanche ».

L’association Gezin en Gevaar (famille en danger), qui fait partie du mouvement Civitas Christiana, fait circuler actuellement une pétition contre l’endoctrinement sexuel le cadre de cet enseignement dit « informel ». Le gouvernement exige l’accès aux cours au profit de fonctionnaires désignés à cet effet pour contrôler l’enseignement dispensé en matière de genre et de sexualité. Certaines de ces écoles de catéchisme liées aux paroisses (pour employer le terme catholique, mais cela concerne aussi les cours protestants !) ont déjà été visitées, selon l’association.

Le Parlement néerlandais a également été saisi d’une loi pour étendre ces visites de contrôle idéologique.

 

L’école du dimanche menacée aux Pays-Bas

Sous couleur de professionnaliser le travail de l’école du dimanche, l’objectif est en réalité de vérifier ce qui est dit aux enfants au sujet de l’homosexualité et du genre, témoigne un directeur. A cette fin, les fonctionnaires du gouvernement exigent même d’assister aux cours avec, dans la poche, une sanction toute prête dès lors qu’il serait question de haine ou de discrimination : la fermeture du cours.

Concrètement, on devine la traque possible de l’enseignement moral traditionnel des différentes confessions chrétiennes, et pourquoi pas son interdiction.

Dans le même temps, on note une hostilité croissante à l’égard de l’enseignement à domicile. Aux Pays-Bas, l’école à la maison est accessible aux enfants qui ont des problèmes de santé : 70.000 jeunes légalement soumis à l’obligation d’instruction en sont actuellement dispensés pour un tel motif. Mais de plus en plus, les parents justifient le retrait de leurs enfants des écoles en invoquant leur propre vision de la vie, incompatible avec la scolarisation, ce qui constitue également un motif accepté. S’il y avait 575 cas au cours de l’année 2013-2014, on comptait jusqu’à 2.860 élèves dispensés d’école pour une telle raison en 2024-2025.

La particularité néerlandaise est, bien sûr, la dispense d’obligation d’instruction dans ce type de situation. Dans la pratique, l’immense majorité des parents qui ont recours à cette dispense font l’école à la maison de la manière la plus sérieuse, tout en se heurtant aux préjugés sociaux selon lesquels ils isolent leurs enfants et les endoctrinent sur le plan religieux, souligne Gezin in Gevaar.

 

L’instruction religieuse et l’école à la maison : garantir leur sérieux ou ou les interdire ?

Le gouvernement néerlandais hésite actuellement entre deux voies : la première consisterait à interdire purement et simplement l’école à la maison pour raisons de divergence de pensée. La seconde mettrait en place une forme de contrôle. Le tout se déroule sur fond de dénonciation médiatique par un programme télévisé très suivi, « Boos » (en colère), du caractère sectaire de certaines expériences vécues par d’anciens élèves de ce système alternatif.

Pour les parents néerlandais, la situation est opaque, puisque le ministère public et les responsables administratifs du contrôle du respect de l’obligation d’instruction ont la possibilité de contester les exemptions accordées, mais la politique en la matière varie fortement d’une commune à l’autre. En 2025, le ministère public en avait conclu qu’il fallait arrêter toute forme de poursuite pénale en la matière.

Et c’est ainsi que les Pays-Bas se trouvent aujourd’hui dans une situation précaire en matière de liberté d’enseignement et de respect des convictions religieuses des parents.

La question se complique par l’importance de l’immigration musulmane aux Pays-Bas et de la spécificité de l’endoctrinement islamique ou islamiste, qui dépasse justement le cadre moral et religieux en raison de la dimension politique de l’islam.

 

Jeanne Smits