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Brexit : la campagne pour le referendum a commencé

Brexit campagne referendum

La commission électorale a désigné les deux campagnes officielles qui vont s’opposer jusqu’au 23 juin: « Vote Leave », le camp officiel en faveur du Brexit, face à « The In Campaign » pro-UE.


 
La campagne officielle du referendum sur la place du Royaume-Uni dans l’Union européenne – question désormais connue sous le nom de Brexit – a débuté vendredi, à dix semaines d’un vote que les sondages annoncent de plus en plus serré, et qui sera la première consultation des Britanniques sur la question européenne depuis 1975.
 
Mercredi, la commission électorale avait désigné les deux campagnes officielles qui vont s’opposer jusqu’au 23 juin. D’une part, « Vote Leave », qui milite en faveur du Brexit, de l’autre « The In Campaign », la campagne officielle pour conserver le Royaume-Uni dans l’Union européenne. Cette désignation officielle donne le droit à chacun de ces deux groupes de dépenser jusqu’à 7 millions de livres (8,7 millions d’euros) pour défendre leur position – soit dix fois plus que l’argent autorisé pour les groupes qui n’appartiennent pas à ces campagnes officielles.
 

La campagne britannique pour le referendum a commencé

 
C’est bien entendu David Cameron qui mène le camp du maintien dans l’Union, au nom notamment du fameux « statut spécial » qu’il prétend avoir obtenu en début d’année pour le Royaume-Uni.
 
Le Premier ministre britannique s’affiche serein, et confiant dans le résultat du referendum, malgré la division qui règne sur le sujet au sein du parti conservateur (puisque 128 députés conservateurs soutiennent le Brexit), et même de son gouvernement ; malgré aussi ses récentes difficultés dans l’affaire des « Panama Papers ». Malgré aussi la polémique qui secoue le pays à propos des très chers tracts que David Cameron a fait imprimer et envoyer à ses compatriotes pour les convaincre des bienfaits de l’appartenance à l’Union européenne : neuf millions de livres qui sont restés en travers de la gorge non seulement des défenseurs du Brexit, mais aussi semble-t-il d’un grand nombre de Britanniques pas vraiment engagés sur ce sujet…
 
Face aux ténors de la sortie du Royaume-Uni de l’Europe, le Premier ministre dispose toutefois de soutiens importants. Ainsi, les principaux partis politiques et plusieurs des plus importants employeurs du pays se sont-ils prononcés, avec force et répétitions, en faveur du maintien de leur pays dans l’Union européenne. Malgré les différends qu’ils affichent volontiers, le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn a apporté un soutien de poids à David Cameron dans cette campagne.
 
On notera aussi que le FMI a fait valoir qu’une sortie du pays de l’Union européenne « pourrait causer de graves dégâts régionaux et mondiaux en perturbant des relations commerciales bien établies ».
 
Les ministres des finances des pays du G20, qui se sont réunis vendredi à Washington, se sont – évidemment, pourrait-on dire – exprimés également en ce sens. « Le choc d’une sortie potentielle du Royaume-Uni de l’Union européenne complique (…) la situation de l’économie mondiale », ont-ils affirmé.
 

Brexit or not Brexit, that is the question !

 
Rien que ça ! Si le monde va mal, c’est, bien sûr, parce qu’il y a des gens qui sont opposés à l’Union européenne !
 
Mais de quel monde parlons-nous ? La question n’est pas même posée…
 
En attendant, les sondages annoncent un vote serré. Si bien que chacun des camps fait son possible pour convaincre tout à la fois les indécis et les abstentionnistes. Du côté des partisans du Brexit, on fait bien sûr jouer le vote néerlandais de la semaine dernière sur la question ukrainienne pour expliquer aux Britanniques qu’ils ne sont pas seuls à s’interroger sur les bienfaits de l’Union européenne…
 
Bref ! la partie est loin d’être gagnée. Et la sérénité affichée par le Premier ministre britannique est sans doute factice, et contredite par cette photo où l’on voit David Cameron ne pas rechigner à répondre lui-même aux appels de ses compatriotes…
 

François le Luc