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Dossier russe – inculpations de citoyens russes, mais aucune allégation de collusion avec la campagne de Trump

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Les médias anti-Trump dans le style du New-York Times n’auront pas manqué de souligner vendredi que l’acte d’accusation visant treize citoyens russes et trois sociétés russes n’exclut pas l’existence d’une conspiration entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie de Vladimir Poutine pour faire perdre Hillary Clinton. Il n’empêche que, pour reprendre les mots de Rod Roseinstein, le procureur général adjoint qui a annoncé les inculpations à la presse, « Il n’y a pas dans cet acte d’accusation d’allégations sur la participation consciente d’un quelconque Américain à cette activité illégale » et « Il n’y a pas d’allégation selon laquelle la conduite en cause aurait altéré l’issue des élections de 2016 ». Ainsi, le dossier russe monté contre Donald Trump est encore une fois un ballon qui fait pschit.
 
De son côté, le président américain a twitté comme à son habitude pour souligner que l’acte d’accusation mettait en évidence une tentative d’ingérence russe dans les élections américaines à partir de 2014, c’est-à-dire bien avant qu’il n’ait annoncé sa candidature aux élections de 2016. Pendant le week-end, après la tuerie de Parkland et les révélations sur le terrible cafouillage du FBI qui avait été informé à l’avance du danger potentiel que pouvait présenter le tueur, le président américain a appelé la police fédérale à cesser de perdre du temps à enquêter sur les accusations de collusion entre sa campagne de 2016 et les Russes et à s’occuper plutôt des choses importantes.
 

Ce que nous disent les inculpations de vendredi sur le contenu réel du fameux dossier russe contre Donald Trump

 
Ce que nous disent les inculpations de vendredi sur la campagne de 2016, c’est que les Russes auraient cherché dans un premier temps à favoriser aussi bien Bernie Sanders que Donald Trump. Ils auraient ensuite participé à la campagne contre Hillary Clinton en se faisant passer pour des Américains. Douze des treize personnes inculpées par le jury mis en place par Robert Mueller, le procureur spécial chargé de superviser l’enquête sur les possibles liens entre le gouvernement de la Russie et des individus liés à la campagne présidentielle de Donald Trump, travaillent pour une société basée à Saint-Pétersbourg, en Russie : l’Internet Research Agency.
 
Cette Internet Research Agency est accusée depuis plusieurs années d’être en fait une « usine à trolls » travaillant pour le compte du gouvernement russe. Les agents russes mis en cause dans le cadre de l’enquête sur les ingérences dans les élections américaines auraient créé des centaines de comptes sur les réseaux sociaux Facebook, Instagram, Twitter et YouTube afin d’exercer une influence aux Etats-Unis. Ils auraient incité des manifestants à brandir des pancartes hostiles à Hillary Clinton et seraient même parvenus à organiser des rassemblements pro-Trump en militant en sa faveur sur les réseaux sociaux et en proposant même de rémunérer les participants ainsi qu’en achetant de la publicité. En revanche, Rod Rosenstein a indiqué qu’il n’existe pour le moment aucun élément permettant d’affirmer que les cibles des Russes savaient à qui elles avaient affaire. Les Russes mis en cause agissaient tout le temps par le biais d’Internet, l’acte d’accusation ne mentionnant qu’un seul voyage aux Etats-Unis en 2014 de deux des treize accusés.
 

Campagne de Trump : les Russes inculpés se faisaient passer pour des Américains sur les réseaux sociaux

 
Selon l’acte d’accusation, un des comptes Twitter contrôlé par les Russes – qui prétendait agir pour le compte des Républicains du Tennesse – avait plus de 100.000 suiveurs, ce qui démontre effectivement un engagement nettement plus significatif que dans la campagne pour le Brexit où l’on a aussi parlé d’ingérence russe. L’inculpation touche aussi l’Internet Research Agency de Saint-Pétersbourg ainsi que son patron supposé, Evgueni Prighozine, et deux de ses sociétés, Concord Catering et Concord Management and Consulting. M. Prighozine est un milliardaire proche du président russe Vladimir Poutine. Le budget mensuel de l’opération aurait atteint, pour certains mois, jusqu’à 1,25 millions de dollars.
 
Les Russes sont encore accusés d’avoir cherché à décourager le vote des minorités ethniques et d’avoir soutenu les allégations de fraudes avancées par le Parti démocrate au lendemain des élections.
 

Les Russes ont voulu semer la discorde aux Etats-Unis avec peu de moyens grâce à l’aide des Démocrates et des médias anti-Trump

 
Tous les accusés étant en Russie, aucun n’a été arrêté et il est probable qu’ils ne le seront jamais. Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a qualifié ces accusations d’absurdes et s’est moqué d’une accusation portant sur une interférence russe dans les élections américaines à l’aide de treize personnes seulement face aux puissants services spéciaux américains. Quoi qu’il en soit, plus d’un an après les élections américaines, on attend toujours les éléments concrets sur une collusion entre la campagne de Donald Trump et les Russes.
 
Ainsi que l’a fait remarquer Donald Trump lui-même dimanche, si le but des Russes était de semer la discorde et le chaos aux États-Unis, « avec toutes les auditions devant les commissions, les enquêtes et la haine de parti, ils ont réussi au-delà de leurs rêves les plus fous ». Ajoutons qu’ils n’auraient pas eu un tel succès sans la collaboration active des Démocrates et des médias anti-Trump.
 

Olivier Bault