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Le Canada et les contrats avec l’Arabie saoudite

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La diplomatie est un jeu délicat. Mais les affaires, elles, ne sont pas un jeu. Ainsi le Canada, toujours prêt à condamner la Russie, la Chine, la Syrie ou l’Iran, pour telles manifestations ou actions contraires aux droits de l’homme, se tait dès qu’il s’agit de ses contrats avec l’Arabie saoudite.
 
En réalité, le Canada ne se tait pas, il se justifie. Son premier ministre, Stephen Harper, a souligné vendredi que toute remise en cause par son pays de l’important contrat d’armement signé avec l’Arabie saoudite n’a pas de sens, et reviendrait à « punir les travailleurs canadiens ».
 
Le Canada a en effet signé l’an dernier, par le biais d’une filiale canadienne du groupe américain General Dynamics, un contrat de 13 milliards de dollars sur 14 ans avec options pour la fourniture de véhicules blindés légers à l’Arabie saoudite.
 

Le Canada et les contrats avec l’Arabie saoudite

 
En pleine campagne électorale, Stephen Harper rejette donc l’idée de sacrifier les « quelque 3.000 emplois directs » que devrait générer « le plus gros contrat de l’histoire canadienne » ; un contrat que, de toute façon, souligne-t-il avec raison, « un quelconque pays allié aurait signé à notre place ». Il ajoute en outre qu’il s’agit d’un « contrat avec un pays allié dans la lutte contre le groupe Etat islamique ».
 
Il ajoute pour finir que « les violations des droits de l’Homme sont importantes », et que le Canada exprime « de temps en temps son indignation et son désaccord » auprès des autorités sur le traitement de ces droits.
 
En l’occurrence, l’opinion mondiale s’est enflammée pour le cas d’Ali al-Nimr, condamné à mort en Arabie saoudite, et plus précisément à être décapité et crucifié, et s’indigne donc du peu de compassion des autorités canadiennes.
Il ne suffit sans doute pas de déclarations pour que ce qui est effectivement un horrible scandale n’ait pas lieu. Mais pourquoi s’en prendre spécialement au Canada ? Stephen Harper pense d’abord aux Canadiens, et ceux-ci lui en seront sans doute gré.
 

La question du choix politique, et de sa médiatisation

 
Il ne doit d’ailleurs pas être facile de faire un tel choix, surtout sous les cris d’indignation de l’opinion internationale. Mais les hommes politiques qui aujourd’hui lui font reproche de sa position feraient bien de réfléchir. Ont-ils toujours, eux, les mains propres ? Sont-ils prêts à subir une telle pression pour le bien de leurs concitoyens ? Et aucun d’eux n’a actuellement de contrat en cours avec ce pays ?
 
Une autre question se pose. Pourquoi l’opinion internationale s’enflamme-t-elle aujourd’hui pour le cas, certes triste et douloureux de ce jeune homme, mais qui n’est mais qui n’est jamais, et malheureusement, que le 135e depuis le début de l’année…
 

Hubert Cordat