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Le cardinal Burke a envisagé une possible excommunication pour résistance aux enseignements qui s’éloignent de la doctrine de l’Eglise

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Une phrase de la conférence du cardinal Burke à l’occasion du colloque « Eglise catholique, où vas-tu » qui a eu lieu à Rome le 7 avril dernier a interpellé la rédaction du site provie anglophone LifeSiteNews : le cardinal affirmaient qu’en certaines circonstances il est un devoir de désobéir au pape si ses enseignements s’éloignent de la doctrine traditionnelle, et que « les conséquences de cette désobéissance doivent être supportées dans la patience chrétienne ». Elle a donc posé la question au cardinal : celui-ci a-t-il jamais envisagé des conséquences négatives pour lui-même, à l’heure où certains se demandent si celles-ci peuvent aller jusqu’à l’excommunication.
 

Le cardinal Burke est entré en résistance pour défendre les enseignements de l’Eglise en toute connaissance de cause

 
Voici ce que disait le cardinal Burke pendant sa conférence pour expliquer comment les abus de pouvoir portant sur la doctrine ou les mœurs peuvent être corrigés. Le canoniste Henri de Susa, dit « Hostiensis », affirmait dès le XIIIe siècle que le pape doit être « averti de l’erreur de ses actions, y compris publiquement », et que le collège des cardinaux « doit servir de frein de facto par rapport à l’erreur du pape ». Mais il ne s’agit pas d’un « jugement contraignant » selon Hostiensis, précisait le cardinal Burke. Hostiensis soutenait plutôt que si, selon sa conscience bien formée, un fidèle croit qu’un acte pontifical d’exercice de la plénitude du pouvoir est « peccamineux », alors « il faut désobéir au pape par devoir, et les conséquences de cette désobéissance doivent être endurées avec une patience chrétienne », expliquait le cardinal.
 
Pour ce qui est de possibles sanctions, allant jusqu’à l’excommunication, le cardinal a déclaré à LifeSite qu’il les avait personnellement « envisagées ». « Oui, les conséquences pourraient être très graves. Il suffit de se rappeler comment Saint Athanase par exemple, a été exilé pour avoir défendu la vérité des deux natures dans l’unique Personne divine de Notre Seigneur », a-t-il déclaré.
 

L’excommunication pour fidélité à la doctrine de l’Eglise, le cardinal Burke l’a envisagée

 
Saint Athanase a en effet été exilé par cinq fois de son diocèse pour avoir gardé et défendu la vérité de l’Incarnation face à l’hérésie arienne. Sous le coup d’importantes pressions politiques, le pape Libère l’avait même excommunié pour un temps.
 
« Souffrir avec une patience chrétienne veut dire que l’on reste fidèle au Christ dans sa sainte Eglise catholique, même si cette souffrance est infligée par certains responsables au sein de l’Eglise. C’est ce que nous enseignent les grands saints comme saint Athanase et saint Jean-Chrysostome, par exemple. »
 
On sait combien ce dernier a eu à souffrir pour son adhésion indéfectible à la foiset sa dénonciation des abus de pouvoir commis à la fois par des responsables religieux et politiques : condamné plusieurs fois à l’exil, il est même mort sur la route du dernier d’entre eux.
 
« Souffrir avec patience chrétienne veut dire que l’on s’inquiète en définitive que d’un seul jugement, le jugement de Notre Seigneur, au jour ou nous apparaîtrons devant lui au moment de notre mort et lors du Jugement dernier », a déclaré le cardinal Burke à LifeSiteNews.
 

Jeanne Smits