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Le cardinal De Kesel juge-t-il vraiment « acceptable » l’activité sexuelle des LGBT ? (Avec la réaction du porte-parole de l’archevêché pour RITV)

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Un magazine LGBT flamand en ligne, zizo-online.be, a publié mercredi un article sous le titre : « Le cardinal De Kesel trouve que des LGBT doivent pouvoir vivre leur sexualité. » C’est la première fois, affirme le journaliste David Schoenmaekers, qu’un archevêque belge – Josef De Kesel est l’évêque de l’archidiocèse de Malines-Bruxelles – fait ce genre de déclaration. Le cardinal a « adopté un point de vue très progressiste par rapport aux normes catholiques lors d’une rencontre informelle avec l’association LGBT de Malines, HWLN ».
 
Si tout ce que dit l’article est vrai, c’est un scandale majeur qui se déroule aujourd’hui en Belgique, mais d’emblée, il faut préciser que l’association a tout intérêt à tirer la couverture à soi, notamment dans les commentaires. Reste que les mots du cardinal tels que les cite zizo-online n’ont pas été formellement démentis, ni par le cardinal De Kesel, ni par son porte-parole contacté par reinformation.tv qui nous a répondu par une déclaration citée en fin d’article.
 

Le cardinal De Kesel a dit juger acceptable l’activité sexuelle LGBT, selon un magazine gay

 
Il est donc légitime de les citer, et même important, avec leur contexte que nous prendrons soin d’identifier clairement. Premier point : le cardinal n’a jamais à ce jour fait une déclaration officielle sur la sexualité LGBT. Et ce malgré de fréquentes questions à ce sujet lors des interviews qu’il accorde à la presse.
 
Schoenmaekers précise : « Le 24 avril, il y a eu une rencontre entre De Kesel et l’association LGBT de Malines, HLWM. Il en est ressorti que le sommet de l’Eglise est aujourd’hui prêt à accepter des relations LGBT. “L’Eglise doit davantage respecter les gays et les lesbiennes, y compris dans leur manière de vivre leur sexualité”, a pu noter HLWM. Le cardinal parut être sincèrement soucieux du bien-être des gays et des lesbiennes et il a également évoqué une rencontre qu’il a eue avec une femme trans. »
 
Quelle est la part de l’extrapolation, et si extrapolation il y a eu, pourquoi le cardinal, ou l’archevêché, ou son porte-parole ne l’ont-ils pas clairement affirmé à la suite de la publication de ces propos ?
 
Le journaliste de Zizo poursuit en affirmant en style indirect que selon De Kesel, l’Eglise a encore besoin de temps pour apprendre à comprendre l’homosexualité. Toujours de manière indirecte, il rapporte que le cardinal aurait comparé l’époque où les personnes présentant des troubles psychiques atterrissaient en prison parce que l’on ne comprenait pas le phénomène des troubles psychiques. Puis il le cite, entre guillemets : « Jusqu’à une date récente, l’Eglise avait une attitude très hostile à l’égard des gays et des lesbiennes. Mais il n’y avait pas de différence par rapport à ce qui se passait dans la société dans son ensemble. En Europe, spécialement, beaucoup de choses ont changé en bien, mais l’Eglise en Afrique, en Asie et dans certaines parties de l’Europe de l’Est, surtout, ne nous a pas encore rejoints. Mais il nous faut respecter aussi ces points de vue-là. »
 

Pas de démenti de ces propos par le cardinal De Kesel ou son porte-parole

 
Le cardinal lui-même aurait changé d’avis en l’espace d’une vingtaine d’années, selon des propos que le journaliste de Zizo cite entre guillemets : « Il y a 20 ans, j’en aurais parlé d’une manière différente par rapport à aujourd’hui. A l’époque, j’aurais davantage suivi l’enseignement officiel de l’Eglise. Aujourd’hui, je regarde cela d’une manière beaucoup plus “ compréhensive”. Le respect étant central. »
 
Zizo en déduit : « Les LGBT doivent donc mettre leurs sentiments sexuels en pratique, même si ce leader de l’Eglise entend que ce genre de choses ait lieu à l’intérieur d’une relation stable. “Une relation dans laquelle l’honnêteté, la stabilité et la fidélité soient au centre”, affirme De Kesel. “Je ne suis certainement pas favorable à la promiscuité, pas pour les LGBT mais pas davantage pour les hétéros.” »
 
Selon le journal, la reconnaissance officielle des relations LGBT irait trop loin aux yeux de cardinal. « Non seulement il rejette le mariage à l’église pour un couple gay ou lesbien, mais la porte n’est pas non plus ouverte aux bénédictions. Ou bien l’est-elle, finalement ? Nous citons une fois de plus d’après le récit de HLWM : “La bénédiction n’est peut-être pas le mot juste. Parce que cela ressemble trop à la ‘bénédiction’ d’un mariage. Je parlerais plutôt de ‘célébration d’action de grâces’ ou de ‘célébration priante’.” »
 
Pour Zizo, une telle célébration aurait déjà une valeur symbolique énorme au sein de l’Eglise catholique. « A quoi ressemblerait exactement ce nouveau rituel reste à voir », écrit Schoenmaekers. Il faut supposer que c’est au cardinal que la publication attribue alors ces mots : « Une prière d’Eglise pour deux hommes ou deux femmes est certainement possible, tant que cela ne commence pas à ressembler à un mariage à l’église. C’est pour cela que par exemple on ne peut envisager un échange d’alliances. »
 
Avant de publier ce récit, Zizo a sollicité une réaction de la part du porte-parole du cardinal à propos de ce que le journal appelle un « changement de cap historique », au moins à l’échelle d’un cercle fermé. Il n’y en eut point, puisque le porte-parole affirma ne pas vouloir commenter l’information.
 

La réaction Geert De Kerpel, porte-parole du cardinal De Kesel, pour RITV

 
Interrogé par reinformation.tv, le porte-parole de l’archevêché de Malines Bruxelles, Geert De Kerpel, nous a répondu que s’agissant d’un entretien personnel, il n’y aurait pas de commentaire sur son contenu. Il a nous a toutefois adressé (en français) la déclaration suivante, qu’il signe de son nom :
 
« Une petite délégation d’un groupe de travail de personnes homosexuelles de Malines a demandé un entretien au cardinal De Kesel. Ce qu’il a accepté volontiers. Au cours de cet entretien personnel, il les a écoutés, il leur a exprimé sa préoccupation pour leur bien-être et il leur a dit son respect. Il a aussi essayé de répondre à leurs questions. Il s’agissait bien d’une rencontre personnelle. Le cardinal veut leur être proche et les aider dans leur situation. Il leur a aussi parlé de leur relation en la différenciant d’un mariage chrétien entre un homme et une femme. S’il y a une certaine retenue dans le point de vue de l’Eglise, c’est pour préserver d’autant plus la grande valeur du mariage et de la famille. »
 
C’est un communiqué qui ne dit pas grand-chose, même s’il se distancie, en pratique, quelque peu des citations rapportées par Zizo en n’en retenant que ce qui ne porte pas à conséquence. Mais faute de démenti formel de celles-ci, on a plutôt des raisons de croire que les propos ont été tenus.
 

Jeanne Smits