En France, les laboratoires d’idées (ou think tanks), qui alimentent les politiciens et leurs conseils, aiment prendre un aspect culturel chic. Ainsi par exemple Terra Nova, fondée par Olivier Ferrand (ne pas confondre avec Richard), qui, bien avant la Nouvelle France entendait mener le PS vers une Nouvelle Terre en captant le vote immigré. Ou encore l’Institut Montaigne, abusivement étiqueté comme libéral mais réellement lié au patronat français, d’ailleurs fondé par le président d’AXA Claude Bébéar. Et bien sûr son pendant, l’Institut La Boétie, le cerveau de LFI, présidé par Jean-Luc Mélenchon et Clémence Guetté. Outre qu’il prépare les concepts et les études qui servent à LFI à subvertir la société française, cet institut peut aussi être considéré comme un puissant moteur d’évasion fiscale, comme le montre une récente enquête de Radio Courtoisie. Ce qui prête à sourire quand on se rappelle que le président LFI de la Commission des finances à l’Assemblée nationale exige des contrôles fiscaux sur des dons défiscalisés à des associations proches de la droite.
Le cerveau de LFI se finance avec nos impôts
Voici d’abord les faits. Se présentant comme un organe de réflexion, de recherche et d’éducation, l’Institut La Boétie est considéré comme une association contribuant à l’intérêt général et bénéficie à ce titre du régime fiscal du mécénat. Il permet aux donateurs qui le financent de défalquer de leurs impôts une grande partie de leurs dons : pour cent euros, 66 euros. Une personne physique a le droit de donner 75.000 euros, soit dix fois plus que ce qu’elle a le droit de donner à un parti politique. C’est un premier point non négligeable. Mais un don plus massif a été effectué le premier mars 2024. Le Parti de gauche a alors transmis à l’Institut 39 parts de la SCI Les Œillets rouges, évaluées à 1,56 million d’euros, ainsi qu’un compte courant d’associé de 401.700 euros. Soit près de 1,96 million d’euros au total. L’opération a bénéficié d’une exonération des droits de mutation à titre gratuit. Si elle avait été soumise au régime général, les droits de mutations se seraient montés, selon le calcul de l’avocat Pierre Gentillet à 1.777.000 euros et des brouettes. Ces quelques éléments ont conduit Radio Courtoisie à poser une question : l’Institut La Boétie a-t-il vraiment droit au statut fiscal du mécénat ? Autrement dit, le cerveau de LFI, parti d’extrême gauche prêchant la violence, peut-il être considéré comme d’utilité publique ?
LFI ne sert pas l’intérêt général : il y a donc évasion fiscale
La réponse de notre consœur est bien évidemment négative. Son but politique interdit à l’Institut La Boétie de prétendre au statut de mécénat. D’autant que, pour y être éligible, un organisme ne doit pas fonctionner au bénéfice d’un cercle restreint de personnes : or, outre sa fonction de cerveau, de recherche et d’études, l’institut dispense une formation dont profite chaque année une promotion de 70 militants de LFI. Il affirme sur son site contribuer à la bataille idéologique indispensable à la construction d’une majorité populaire et se place « au service de l’enracinement du mouvement insoumis ». Ces formations préparent les futurs meneurs sur le terrain, et, pour 2026, participeront à la présidentielle. En les évoquant, Clemence Guetté se plaçait voilà trois mois « en vue des huit prochains mois de campagne ». Ainsi décrit par sa présidente, l’Institut La Boétie ne peut donc prétendre incarner l’intérêt général, puisqu’il se met au service de LFI. Il a donc profité indument d’exonération fiscale et devra rembourser, c’est un premier point. Et, peut-être plus important, se mettant à la disposition de LFI, il a violé la loi sur le financement des partis puisqu’il a pu être financé par des dons dépassant le plafond permis aux partis politiques. Il faudra examiner les comptes plus précisément, mais en tout cas, voilà une question à soumettre aux juristes.











