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La Chine devient un géant de la technologie en IA – et pas seulement en reconnaissance faciale

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Ce n’est rien moins que le Fonds Monétaire International qui vient de le déclarer. La Chine est en train de devenir un leader dans le domaine de la technologie en intelligence artificielle (IA). Elle en tire avantage face à l’Occident à qui elle pourrait bientôt donner des leçons. Elle en tire avantage face à sa population qu’elle soumet à une surveillance généralisée et un contrôle permanent, redonnant au mot « communiste » toute sa substantifique moelle…
 
Alors évidemment, elle investit. La chinoise SenseTime, spécialisée dans la reconnaissance faciale, est devenue ces derniers jours la plus grande start-up d’IA au monde.
 

« Le flux des connaissance est renversé » selon le FMI

 
La Chine a d’ores et déjà rejoint les principales puissances technologiques du monde. Ses capacités de recherche et de développement signifient, pour le FMI, qu’elle a abandonné son statut d’économie industrielle de second rang : la deuxième plus grande économie du monde a réussi, avec la complicité des dirigeants occidentaux, à passer de la fabrication de base à l’industrie de pointe, remettant en question la vision traditionnelle des économies de marché émergentes, « suiveuses technologiques » de l’Occident…
 
« La Chine et la Corée sont devenues des contributeurs importants à la frontière technologique mondiale », a déclaré le FMI dans le World Economic Outlook. Il y aura, très bientôt, des retombées pour les innovateurs occidentaux traditionnels : « le flux des connaissance est renversé ».
 
Depuis 2000, la Chine a en effet dépassé le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et le Japon en termes de dépenses cumulées en recherche et développement (R & D), ce qui la place juste derrière les États-Unis. Bien qu’elle soit largement accusée par Trump à la fois de voler un certain nombre de propriétés intellectuelles et de bloquer les entreprises étrangères concurrentes sur son sol, à l’instar de Facebook, Skype, ou même Google…
 

La reconnaissance faciale au premier plan de l’IA ?

 
Dans ce fameux domaine de l’intelligence artificielle, une de ses start-up, SenseTime, spécialisée dans la reconnaissance faciale, vient d’annoncer lundi avoir obtenu 600 millions de dollars de nouveaux fonds, via notamment le géant local de l’e-commerce Alibaba – en fait du pouvoir communiste. De prochaines négociations à venir, selon une source, la valoriserait au total à plus de 4,5 milliards de dollars… la consacrant première startup d’IA au monde.
 
SenseTime s’attaquera ainsi à d’autres domaines tels que la conduite autonome ou la réalité augmentée, mais renforcera surtout sa puissance de calcul dans la reconnaissance faciale avec son fameux logiciel Viper, qui devra traiter en temps réel et simultanément les données d’un nombre croissant de caméras – rappelons que la Chine veut en compter 570 millions sur son territoire d’ici 2020.
 
Des milliards d’images glanées sur les voies publiques, dans les bureaux, dans les magasins, aux guichets ou encore sur les smartphones (SenseTime est intégré à plus de 100 millions de portables) traitées par un seul système… pas difficile d’imaginer la puissance de l’outil. SenseTime collaborerait déjà avec les autorités de 400 municipalités à travers le pays.
 

La Chine veut devenir le leader de l’IA d’ici 2030

 
Alors le co-fondateur de SenseTime, Xu Li, a déclaré que la technologie est essentielle et que « cela n’affectera pas la vie privée car seules les personnes autorisées peuvent y accéder » ! Le souci est que la seule entité autorisée est le gouvernement communiste chinois… qui, en plus de viser les dissidents politiques et opprimer les minorités qui lui échappent, pourra grâce à ces systèmes contrôler sa population, la soumettre à une obéissance aveugle, absolutiser son conformisme… RiTV décrit le phénomène depuis longtemps.
 
Dans ce pays où les libertés individuelles, la vie privée sont denrées rares, la reconnaissance faciale est devenue, de fait, un chouchou de multiples entreprises privées et organismes étatiques. L’investissement dans cette technologie, y compris les subventions gouvernementales, a grimpé à 1,7 milliard de dollars en 2017, soit six fois plus par rapport à l’année précédente, selon un rapport de CB Insights.
 
Un secteur en pleine expansion qui fait partie intégrante de l’industrie de l’intelligence artificielle dans laquelle Pékin veut prendre la première place sur le podium mondial, d’ici 2030, visant une industrie d’une valeur de 150 milliards de dollars.
 
Selon un rapport de CB Insights, cinq fois plus de brevets d’IA ont été déposés en Chine qu’aux États-Unis en 2017. Et pour la première fois, cette même année, l’IA chinoise a obtenu plus d’investissements que l’IA américaine. De chaque dollar allant aux startups d’IA à travers le monde, près de la moitié a été versée à des entreprises en Chine… On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.
 
Clémentine Jallais

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Chine, IA : La reconnaissance faciale au premier plan