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De nouveau, le chômage repart à la hausse

Chômage hausse
 
Le chômage est reparti à la hausse en février, touchant de nouveau toutes les catégories d’âge. Le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie  A est, lui, parvenu à un nouveau record, selon les données publiées jeudi par le ministère du Travail, qui font état d’une progression, dans cette catégorie, de 1,1  % à 3.591.000, soit 38.400 chômeurs de plus qu’à la fin du mois de janvier.
 
Pour ce qui est des catégories B et C, la hausse est limitée à 0,1  %, soit un supplément de 3.100 chômeurs, pour atteindre, au total, les 5.462.800 chômeurs (5.766.300 en incluant les départements d’Outre-mer).
 

Le chômage repart à la hausse

 
Au moment où le débat sur le projet de loi de réforme du Code du travail n’en finit plus de s’enflammer, ces chiffres apparaissent comme un mauvais point pour le gouvernement, qui ne semble plus pouvoir se targuer de chiffres précédents pour justifier un frémissement qui serait dû à sa politique.
 
Malgré tout, le ministre du travail Myriam El Khomri a prétendu, jeudi, s’en servir pour défendre son texte  : «  Ces résultats nous montrent aussi qu’au-delà des mesures de court terme structurelles, nous allons continuer à réformer notre pays jusqu’au bout, c’était le sens du projet de loi que j’ai présenté ce matin en conseil des ministres, qui vise justement à développer de nouvelles réponses à la fois pour encourager l’emploi durable  (…), en donnant plus de souplesse aux entreprises (…) et en créant aussi des droits nouveaux.  »
 
On peut relire cette phrase à plusieurs reprises, elle ne signifie rien, et surtout la démonstration annoncée en début de phrase a disparu avant la première virgule, sans même l’apparence d’un sophisme.
 

L’opposition au gouvernement généralisée

 
A l’opposé, le Medef, qui considère que l’évolution actuelle du projet de loi est une «  occasion ratée  », souligne la difficulté que connaît le monde de l’emploi. «  Les chiffres du chômage viennent rappeler à chaque Français notre incapacité à nous réformer et à prendre enfin des mesures fortes pour lever la peur d’embaucher  », déclare son président, Pierre Gattaz.
 
A l’autre bout de l’échiquier des partenaires sociaux, la CGT semble, sur ce terrain, suivre une analyse semblable. Le syndicat estime en effet que l’évolution du nombre des chômeurs en France justifie de «  changer de politique  », ce qui passe, d’abord, par le «  retrait de la loi El Khomri  ».
 
L’évolution négative de la courbe du chômage n’en finit plus de plomber un président de la République qui avait fait de sa résorption, de sa diminution du moins, la condition pour se présenter à nouveau devant les Français en 2017.
 
Or, non seulement les Français ne veulent plus attendre que la magie, décidément simple tour de passe-passe, opère, mais la gauche elle-même a perdu la foi. On nous ressort même le vieux débat sur la «  fracture sociale  », qui, il y a plus de vingt ans, avait non seulement permis à Jacques Chirac de l’emporter, mais avait annihilé, au second tour de 1995, le candidat socialiste Lionel Jospin au profit de Jean-Marie Le Pen…
 

François le Luc