Faux : la climatisation n’a pas un gros impact sur le réchauffement global

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Une nouvelle étude citée récemment par Time Magazine note que l’utilisation de climatiseurs « exacerbe le changement climatique alors que la planète se réchauffe ». Les recommandations visant à minimiser le recours au conditionnement de l’air se multiplient quant à elles, entre sa limitation à 26 degrés en France – comme dans les véritables serres que sont les terminaux de l’aéroport Charles de Gaulle où l’on ahane avec ses bagages à main sous les verrières inondées de soleil – et l’interdiction pure et simple de son installation dans certaines communes d’Angleterre, la clim est présentée comme une abomination écologique. Qu’elle sauve des milliers de vies humaines est devenu une donnée sans intérêt.

A la transition énergétique s’ajoute ainsi la réglementation thermique, avec ses contradictions internes. Les normes de construction sont conçues pour que les logements gardent la chaleur, et tant pis si les logements deviennent invivables. En même temps, on nous explique en hiver qu’il est bon de dormir à 17 °C pour minimiser le recours au chauffage, tandis qu’en été, tout d’un coup, la température idéale pour le sommeil serait de 26 °C, histoire de décourager toute tentative de rafraîchissement faisant appel à des dispositifs électriques.

 

Arrêter la climatisation n’aurait guère d’impact sur le réchauffement global

Toute cette prédication de la mauvaise conscience n’a fait que s’accentuer avec les vagues de chaleur qui se sont succédé en France cet été, il est bon d’avoir chaud, il est bon de souffrir pour la planète, parce que c’est dans ce contexte que le climato-alarmisme fait ses plus beaux progrès.

Le site Climaterealism démonte, lui, la supercherie. L’étude du Beijing Institute of Technology citée au début de cet article, et qui vient d’être publiée par Nature Communications, montre que même dans le cas d’une expansion de l’accès à la climatisation dans les pays pauvres (qui sont aussi souvent les pays les plus chauds), l’augmentation des « gaz à effet de serre » qui en résulterait ne contribuerait qu’à une hausse de 0,015 °C à 0,05 °C d’ici à 2050 – des valeurs incapables de peser sur la dynamique du climat. C’est négligeable, et cela repose en tout cas sur des modélisations alarmistes par nature et par destination.

Il ne manque même pas, évidemment le coup de patte contre les pays développés, dont on explique que les besoins en rafraîchissement sont moins lourds que ceux du monde en développement, mais que c’est là qu’on consomme le plus de clim. Il faut dire que l’étude réalisée sous le contrôle du Parti communiste chinois (pas d’université en Chine qui ne soit dans cette situation) repose, de son propre aveu, sur « la science du climat, la modélisation énergétique et l’analyse des inégalités » pour arriver à ces conclusions.

 

Ce sont toujours les pays développés qui sont accusé d’impact sur le réchauffement global

Ce sont en priorité les pays développés qui seraient visés par des scénarios de baisse de consommation en matière de clim. L’étude recommande la transition des dispositifs reposant sur des « énergies fossiles » et des gaz réfrigérants vers l’amélioration de l’isolation et de l’ombrage et la promotion des changements de comportement (vrai but de toutes les transitions énergétiques), comme par exemple une baisse de l’utilisation des climatiseurs aux heures de pointe, couplée avec une augmentation de la température recherchée. Cela passerait notamment par des variations de prix de l’énergie selon les heures de la journée ou selon les saisons, particulièrement dans les pays riches.

Climaterealism commente : « Il faut se montrer extrêmement sceptique lorsque des chercheurs liés au PCC mettent en avant des études recommandant à d’autres pays de “se décarboner”, alors que la Chine détient actuellement un quasi-monopole sur les technologies vertes et augmente sa consommation de combustibles fossiles. La Chine aime bien exhorter les autres pays à se décarboner tout en développant ses propres infrastructures fonctionnant au charbon. » C’est à soi seul une raison pour faire preuve de scepticisme devant une étude réalisée dans un pays qui profite à fond du discours sur l’énergie verte, tout en ne s’y soumettant pas lui-même.

A cela il faut ajouter, rappelle Climaterealism, qu’à l’heure actuelle, la climatisation (réputée globalement plus gourmande en énergie que le chauffage) ne représente que 3 % des émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde. Si on l’éliminait totalement, cela n’aurait guère d’impact perceptible. La preuve ? alors que les émissions globales d’origine humaine ont bien davantage chuté, et de manière brutale, pendant les confinements liés au Covid en 2020, il n’y a eu strictement aucun effet sur les données de mesure du CO2 dans l’atmosphère à la station de Mauna Loa. Si réchauffement, il y a, il n’est pas d’origine humaine.

 

Quel impact aurait l’arrêt de la clim sur les émissions de CO2 alors que même les confinements covid n’ont rien changé ?

Quant à la Chine d’où émane cette étude, on ne peut pas dire qu’elle donne l’exemple à l’aune de ses recommandations. Entre 2010 et 2020, les ventes annuelles d’unités de climatisation y ont doublé, passant de 50 à 100 millions, et la clim résidentielle, notamment, y représente 15 % de la consommation d’électricité. Il est vrai qu’en Chine, la climatisation est majoritairement réservée aux grandes villes. Sans doute les Chinois des zones rurales doivent-ils s’en priver pour des raisons patriotiques.

Certaines populations doivent donc continuer de souffrir de la chaleur et de ses conséquences néfastes sur la productivité du travail et sur la santé.

Climaterealism note : « Des études publiées dans la revue Internal Medicine du Journal de l’Association médicale américaine (JAMA) et par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) montrent que la climatisation sauve des dizaines de milliers de vies chaque année et qu’elle jouera un rôle encore plus important dans la prévention des décès prématurés évitables si le réchauffement climatique se poursuit à l’avenir. Lors des périodes de chaleur estivale habituelles, et plus encore lors des vagues de chaleur périodiques dans les pays où les températures sont naturellement élevées, le recours généralisé à la climatisation s’impose rapidement comme la mesure la plus efficace pour sauver des vies. »

Le nombre de vies sauvées par la climatisation est estimé dans ces études à 190.000 par an pendant la période 2019-2021. C’est trois fois plus que pendant les périodes antérieures où la climatisation était moins répandue.

Le corollaire est simple : interdire ou limiter la climatisation revient à favoriser la maladie et même la mort chez les populations les plus vulnérables, notamment les personnes âgées. La recherche et la politique n’ont plus pour objectif le bien de l’homme…

 

Anne Dolhein