Le Conseil de l’Europe dénonce l’islamophobie au Forum diplomatique d’Antalya (Turquie)

Conseil Europe dénonce islamophobie
 

Un communiqué de presse du Conseil de l’Europe nous apprend que celui-ci a participé à la 5e édition du Forum diplomatique d’Antalya, sous les auspices du président turc Recep Tayyip Erdogan. Il accueillait 6.400 participants issus de 150 pays ainsi que 66 organisations internationales du 17 au 19 avril, dans cette ville turque où 23 chefs d’Etat et de gouvernement étaient présents, sans compter d’innombrables autres hauts responsables politiques. On y trouvait aussi des espaces de présentation dédiés à la COP31 qui se tiendra également cette année à Antalya : c’est le grand consensus sur les thèmes obligatoires du jour. Mais si je cite le communiqué de presse du COE, c’est parce qu’il insiste sur « la lutte contre toute forme d’intolérance religieuse en ligne » et qu’à la lecture de l’article, on comprend qu’il s’agit prioritairement de l’islam.

Parler en Turquie de la défense des chrétiens, des minorités chrétiennes, notamment en terre d’islam, eût été quelque peu inconvenant. La Turquie ne brille pas dans le domaine. C’est bien sous Erdogan que Sainte-Sophie et Saint-Sauveur-in-Chora ont été « rendus » au culte musulman. Erdogan est et reste un islamiste, et même avant son arrivée au pouvoir, être chrétien dans cet « Etat laïque » vous donnait au mieux un statut de citoyen de seconde zone.

 

L’islamophobie dénoncée au Forum diplomatique d’Antalya

Pas plus tard qu’en novembre dernier, le ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice) lançait une pétition et interpellait la Présidence de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe en ces termes :

« Les chrétiens de Turquie sont en voie d’extinction, après avoir été opprimés et massacrés, jusqu’à ne représenter plus que 20 % de la population en 1915, et 0,3 % aujourd’hui.

« Aujourd’hui encore, les chrétiens sont victimes de violences physiques et verbales, de discriminations et de spoliations de leur patrimoine religieux.

« Une nouvelle fois, des centaines de chrétiens étrangers ont été expulsés de Turquie ces dernières années, en raison de leur seule religion, après y avoir vécu parfois plus de 25 ans avec leur famille. »

On peut signer cette pétition ici.

 

En Turquie, le Conseil de l’Europe ne parle pas de christianophobie

Le Conseil de l’Europe ne semble pas prêter grande attention à ce type d’information. On lit ceci dans son communiqué sur le forum diplomatique d’Antalya, où ne figure pas un seul mot sur les chrétiens persécutés :

« Parmi les moments forts du forum figurait une table ronde sur “Les préjugés à grande échelle : la numérisation de l’islamophobie et du racisme”, qui a abordé la manière dont l’intelligence artificielle et la sphère publique numérique exacerbent la haine antimusulmane et d’autres formes de discrimination en ligne. Cette table ronde réunissait l’envoyé spécial des Nations unies Miguel Angel Moratinos ; l’ambassadeur Evren Dağdelen Akgün, Représentant personnel de la présidence de l’OSCE pour la lutte contre l’intolérance envers les musulmans ; l’ambassadeur Mehmet Paçacı (envoyé spécial de l’OCI sur l’islamophobie) ; les universitaires Şener Aktürk (Université Koç, Turquie) et Salman Sayyid (Université de Leeds, Royaume-Uni) ; ainsi que la Représentante spéciale du Secrétaire général du Conseil de l’Europe sur l’antisémitisme, la haine antimusulmane et toute forme d’intolérance religieuse, Irene Kitsou-Milonas. »

Tout ce qui est fait dans le domaine numérique pour contrer la haine antireligieuse par le Conseil de l’Europe qui établit de nombreuses normes valables dans les 46 Etats membres qu’il rassemble au service des « droits humains », de « l’égalité de genre » et autres thèmes majeurs de la panoplie arc-en-ciel, est ensuite détaillé, là encore sans mention des chrétiens. Ceux-ci ne sont guère nommés sur le site du Conseil de l’Europe, au contraire de la « haine anti-musulmane ».

Certaines religions sont plus égales que les autres.

 

Jeanne Smits