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CSA contre trisomie

CSA contre trisomie
 
Six jeunes atteints de trisomie 21 ont annoncé mardi avoir déposé un recours devant le Conseil d’État, exigeant l’annulation d’un avis rendu l’été dernier par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Celui-ci avait mis en garde des chaînes françaises à la suite de la diffusion d’un clip vidéo, promue par la Fondation Lejeune, et s’adressant aux mères de futurs trisomiques, dans le cadre de la Journée mondiale de la trisomie.
 
Dear future mom (Chère future maman) est un clip vidéo diffusé au printemps dernier. De jeunes trisomiques y rassurent une future mère, angoissée parce que le bébé qu’elle porte est trisomique. Depuis sa diffusion sur les écrans de Canal+, M6 et D8, ce film a suscité la « polémique » – à l’heure où 96 % des enfants à naître diagnostiqués (à tort ou à raison) comme porteurs de cette maladie de l’intelligence sont éliminés par « avortement médical ». D’où la réaction du CSA, dénoncée comme discriminatoire mardi par ces trisomiques – et non par une quelconque association.
 

Saisie du CSA

 
Il faut dire que certains téléspectateurs avaient porté plainte auprès du CSA, reprochant à cette vidéo de servir la cause anti-avortement. Réflexe manifestement conditionné, pavlovien du CSA, qui, le 25 juillet, a estimé que ce message filmé n’est « pas d’intérêt général », et que « sa finalité peut paraître ambiguë ». Ce qui suppose sans doute que l’avortement, lui, est d’intérêt général. Tant ces téléspectateurs que le CSA, par leur réaction, semblent d’ailleurs affirmer que ces jeunes trisomiques auraient dû être avortés avant de venir perturber ce précieux intérêt général. Et pour ces jeunes qui, aujourd’hui, portent plainte, c’est manifestement un euphémisme !
 

Trisomie : le film primé à Cannes

 
Quoi qu’il en soit, leur démarche peut aboutir. Déjà vu plus de cinq millions de fois sur internet, ce message a en outre été primé à Cannes, et salué par le premier ministre italien Matteo Renzi.
 
Une situation qui renforce encore la demande de ces jeunes trisomiques de « pouvoir être vus et entendus sans être stigmatisés encore et toujours ».