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DRAME/DRAME HISTORIQUE
Dalida ♠


 
Dalida est un film biographique ou biopic selon l’anglicisme d’usage, qui entend rendre hommage à la célèbre chanteuse de variétés. Cette biographie permet de retrouver des pages d’Histoire véritable, de l’Egypte des années 1930 à la France des années 1980. Il y avait autour du personnage de Dalida (1933-1987) une riche matière à un véritable drame historique rappelant des mondes disparus : avant celui qui n’existe désormais plus de la vraie chanson populaire française des années 1950 aux années 1980 – remplacée par les éructations du rap -, il y avait ce monde particulier de l’Egypte des années 1930 à 1950 abritant de nombreux Européens, en particulier Italiens. Ainsi Dalida a parlé parfaitement italien – langue de son foyer-, arabe, français – langue de culture commune de l’Egypte de son enfance et adolescence. Elle a grandi avec un père musicien, violoniste à l’orchestre du Caire ; il a été brisé à vie par un internement arbitraire en camp durant la deuxième guerre mondiale dans une Egypte sous occupation britannique – le Royaume-Uni était en guerre contre l’Italie. Ce contexte historique est montré dans le film, mais trop peu.
 

Dalida, entre euthanasie et « droit » au suicide

 
En effet, le réalisateur de Dalida a fait le choix, moins intéressant selon nous, de se centrer sur le drame personnel de la chanteuse. Talentueuse, fort demandée et applaudie sur scène par un public fidèle, elle a été toujours malheureuse dans sa vie privée. La vie artistique de Dalida peut là encore intéresser – ses grands succès sont présents dans le film. On n’approuvera pas toutes ses mises en scène ou ses textes devenus au fil des ans d’une provocation commune dans l’air du temps des années 1970-1980 ; mais elle a toujours reflété fidèlement son époque, intérêt historique indéniable tout de même. Par contre, que penser de ses tentatives de suicide ? Ce geste criminel, de meurtre de soi, elle l’a accompli sur des décennies, ni plus ni moins, de façon répétitive, jusqu’au dernier en 1987. Il y a au minimum comme une complaisance morbide à faire de ces épisodes des introductions à la présentation des grands moments de sa vie. Dalida a fait preuve d’une grande instabilité sentimentale, avec pour partenaires des individus souvent évidemment tourmentés ou douteux, conduisant assez logiquement au malheur. La rupture publique et avouée avec la culture catholique stricte de son enfance ne l’a pas rendue heureuse. Au moins son avortement est-il présenté comme un drame personnel traumatisant, vérité presqu’audacieuse à notre époque folle.
 
Le genre du biopic comporte le plus souvent une vive sympathie pour son personnage. Pourquoi pas ? Mais ce qui dérange ici est le point de vue systématiquement hagiographique du film sur une vie privée peu édifiante, jusqu’aux tentatives de suicide. A notre époque de revendication du droit au suicide confondu avec l’euthanasie – déjà inadmissible – ce film Dalida s’avère, pour le pire, beaucoup moins anodin qu’on pourrait le croire.
 

Hector JOVIEN

 
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