DEI : le Blanc, c’est comme un moustique

DEI Blanc comme moustique
 

Le Blanc, c’est comme un moustique. Et que fait-on quand on entend une de ces sales petites bêtes zonzonner autour de soi ? On l’écrase d’un geste vif, et qu’on espère efficace. A en croire un film de formation à la « DEI » (diversité-équité-inclusion) diffusé par l’administration de l’Illinois, c’est encore mieux de l’attaquer au lance-flammes. Comme le Blanc, sans doute.

Le film s’inscrit dans un programme de formation mis sur pied par le gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker (démocrate, bien évidemment) et son équipe du Département des droits humains ; il est destiné à aider les participants à mieux identifier et éviter les micro-agressions ainsi que les comportements d’exclusion. Tout le monde peut y participer, au demeurant : les gens du privé, les membres de l’administration et les fonctionnaires. L’ensemble est financé par les dollars du contribuable.

Les Blancs, mais aussi les policiers, sont dépeints dans ce dessin animé comme des moustiques dont les piqûres répétées illustrent les micro-agressions qui s’accumulent de façon irritante au fil du temps. La riposte est simple : on voit une femme noire utiliser un lance-flammes pour brûler les moustiques… et, par extension, les Blancs et les flics. Pour autant, dans le domaine délicat de l’antiracisme, il ne saurait être question d’incitation à la haine. L’antiracisme, ne l’oublions jamais, ne saurait être un racisme en sens contraire.

 

Eviter les micro-agressions pour ne pas se faire traiter comme un moustique

Heureusement, d’ailleurs, la vidéo explique aux Blancs et aux policiers comment éviter une réaction aussi meurtrière. Il suffit de ne pas se rendre coupable de commentaires comme ceux que détaille la vidéo : « Quand je vous vois, je ne vois pas de couleur » ; « Mon meilleur ami est un Noir »… On peut aussi agresser subtilement une personne issue d’une minorité ethnique en lui disant : « Vous parlez très bien l’anglais. » Gare aux gaffeurs !

C’est à ce stade que la vidéo montre la personne blanche agressant le membre d’une minorité ethnique se transformer en moustique et le piquer pour illustrer chaque « micro-agression ».

 

 

Le programme DEI vise à « améliorer les connaissances, la sensibilisation et la prévention en matière de discrimination et de harcèlement, et à proposer aux employeurs et aux employés des solutions pour réagir de manière appropriée face aux situations qui se présentent ». Il définit les « micro-agressions » comme « les affronts, les rebuffades ou les insultes verbales, non verbales ou liées à l’environnement, qu’ils soient intentionnels ou non, qui transmettent des messages hostiles, désobligeants ou négatifs à des personnes ciblées uniquement en raison de leur appartenance à un groupe marginalisé ».

Et tant pis si un Noir fier de sa peau foncée se sent agressé parce que son interlocuteur ne voit pas sa couleur !

 

La DEI organise la chasse au moustique dans l’Illinois

Cela peut paraître assez anodin. Après tout, une piqûre de moustique ne fait guère de mal, et il y a peu de chances qu’on s’attaque à ces insectes avec des armes de destruction massive. Mais – suggère le dessin animé – les gens de couleur se font piquer tout le temps, et il ne faut pas leur reprocher de surréagir. Comme la Noire qui manie le lance-flammes : ne lui a-t-on pas dit cinq fois dans la même journée : « Je peux toucher tes cheveux. »

Mais la vidéo va beaucoup, beaucoup plus loin. On entend, par exemple, le narrateur expliquer : « Certains moustiques ne sont pas simplement agaçants. Ils peuvent porter des maladies très menaçantes qui peuvent perturber votre vie pendant des années. D’autres moustiques transmettent des maladies susceptibles de vous tuer. » Ici, l’exemple donné est celui d’un policier blanc qui tue un Noir et explique ensuite : « Je me sentais menacé, il avait l’air de vouloir commettre quelque méfait. »

L’analogie est tout sauf subtile. Policiers et personnes « racialement insensibles » se retrouvent dans la même catégorie métaphorique que les insectes : dangereux et pathogènes, capables de tuer.

 

Le Blanc et le policier doivent être punis pour leurs micro-agressions

Le pire, c’est qu’un administrateur du Département des droits humains qui dispense ce programme de formation, Michael Patrick, a expliqué que, bien sûr, la plupart des micro-agressions sont innocentes, et faites par des gens qui ont les meilleures intentions (faire un compliment, par exemple). Mais cela ne pèse rien, dit-il, dès lors que l’impact est négatif.

Ce type de formation aboutit, en réalité à augmenter la susceptibilité des minorités protégées : on les encourage à voir des agressions partout.

Selwyn Duke, du New American, rappelle que le fait de désigner l’autre comme un insecte pour dénoncer ce qu’il est n’a rien de nouveau. Au Rwanda, les Hutus ont d’abord qualifié les Tutsis de « blattes ». Il s’en est suivi un génocide.

 

Jeanne Smits