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DOCUMENTAIRE/FILM POLITIQUE
Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin •


 
Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin entend rendre un vibrant hommage au premier ministre israélien (1992-1995) assassiné le 4 novembre 1995. Il avait signé les fameux Accords d’Oslo du 13 septembre avec le dirigeant palestinien Yasser Arafat. Ce geste avait été célébré à l’époque comme le commencement d’une ère de paix durable entre leurs deux peuples. L’avenir aura été bien plus sombre, décevant, sanglant : tout sauf pacifique.
 

Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin, un film sans moteur dramatique

 
Le film mêle images d’archives et reconstitutions du réalisateur vedette Amos Gitai. Il est très orienté, de façon prévisible, à la gloire du défunt, icône de la gauche pacifiste israélienne. L’hagiographie aurait gagné à durer moins de 2 h 35. Yitzhak Rabin aurait-il, s’il avait vécu, assuré une paix juste et définitive entre Israéliens et Palestiniens, et de ce fait vraisemblablement entre Juifs et Arabes en général ? Une réponse positive constitue la thèse du réalisateur. Or, elle pèche par optimisme. La gauche israélienne, au pouvoir sous Pérès (1995-1996), puis Barak (1999-2001), a essayé d’obtenir ce résultat, dans la lignée directe de Rabin, et n’a pas réussi. Les Israéliens, la classe politique, et les citoyens, y compris une large partie de la gauche sioniste, auraient-ils accepté des concessions majeures, comme l’abandon de Jérusalem-Est à un Etat palestinien ? Ce n’est vraiment pas évident, pour le moins. Quant aux Palestiniens, ils n’auraient vraisemblablement pas été plus accommandants dans cette uchronie avec un Rabin vivant que dans la situation historique connue.
 
L’assassinat de Rabin, par un Juif nationaliste religieux, Yigal Amir, est un fait bien établi. La personne de l’assassin, ses motivations, les détails de son acte, ne laissent aucun doute. On est loin du mystère persistant sur l’assassinat de Kennedy. Le film manque donc d’un moteur dramatique essentiel. Le réalisateur règle ses comptes avec la droite israélienne, alors effectivement très violente contre Rabin durant ses derniers mois, et au premier chef avec le premier ministre actuel Netanyahu. Il l’estime ainsi au moins moralement complice de l’assassin. Cette accusation reste tout de même discutable, car entre contester violemment une politique et lancer des appels au meurtre, il y a plus qu’une nuance. Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin revient néanmoins sur un fait historique important, et offre une bonne occasion de travailler son hébreu.
 

Hector Jovien

 
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