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Grimé en diable, le chanteur Bono de U2 qualifie de « démons » les populistes européens Salvini et Orban

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Bono aurait mieux fait de ne pas retrouver sa voix, perdue le temps d’une semaine lors d’un concert début septembre à Berlin. Le leader du groupe U2 nous aurait épargné sa prestation à Milan. Il nous aurait épargné son énième show, déguisé en diable pour la énième fois (la dernière occurrence remontait quand même au début des années 1990)… Une performance largement ambivalente puisqu’il est censé dénoncer les idées de ce démon dont il enfile avec bonheur à chaque fois le costume ! Je t’aime moi non plus… Et que représentait à Milan ce démon ? Matteo Salvini ! Viktor Orban ! Marine Le Pen !
 
Sus aux populismes européens – mais copain copain avec le pape, « pape extraordinaire pour des temps extraordinaires » (Bono au Vatican, le 19 septembre 2018).
 

Le diable ? C’est Matteo Salvini !

 
Le chanteur Bono, de son vrai nom Paul David Hewson, n’est pas que le leader d’un groupe musical au succès historique. Le multi-millionnaire irlandais fait partie depuis des décennies des cercles mondiaux de pouvoir et d’argent. On le voit régulièrement autant à Davos qu’au Vatican, auprès de tous les chefs d’États de poids et dans des ONG aux lourds agendas progressistes. C’est le monde de demain qui l’intéresse, version socialiste et globaliste. Et son influence n’est pas mineure, puisqu’il veut, précisément, par son art, « romancer » cette politique – je dirais même plus : la spiritualiser, dans un sens certain.
 
Alors on ne pouvait pas s’étonner de le voir, une fois de plus (il raffole de ce procédé), transformé en ‘MacPhisto’, son pseudo alter ego démoniaque, lors de son quatrième et dernier concert au Forum d’Assago, à Milan, en Italie. Grâce un masque de démon généré par ordinateur et projeté sur un grand écran, Bono a déclaré au public : « Mon peuple [les démons] arrive dans toute l’Europe ».
 
Les djihadistes ? Les migrants ?! Que croyez-vous…
 
« Il porte beaucoup de noms, mon peuple », a-t-il expliqué. « En Suède, on s’appelle démocrates, les Démocrates de Suède… en France, ils changent de nom [le Front National est devenu le Rassemblement National]… En Pologne, ils ont des noms que je ne peux même pas prononcer. En Hongrie, là-bas, ils ont faim de moi. En Italie, vous avez le choix entre quelques-uns, non ? Mon bon tuyau, c’est Matteo Salvini ! »
 

Accuser Dieu d’être Lucifer

 
«N’oubliez pas qu’ils ont beaucoup de noms mais ils ont toujours le même visage. Le mien, Bono – ou “MacPhisto” » a-t-il ajouté.
 
Derrière ces mouvements de réaction dits populistes, souvent sans liens entre eux, cherchant à catalyser (plus ou moins sincèrement d’ailleurs) les réflexes de survie des peuples européens, contre la vague mondialiste socialiste pro-migratoire, Bono veut dénoncer comme une source harmonique : le diable.
 
Et de l’autre côté, du côté du gouvernement mondial prôné par les grands, de cet agenda progressiste « du Bien » suprême, adopté internationalement … ce serait, selon toute logique, Dieu ? Leur dieu, assurément… mais qui n’est pas Dieu et qui est sûrement plus proche de celui dont Bono endosse avec bonheur le costume ! Vieille manœuvre ! D’autres l’ont fait avant lui, d’accuser Dieu d’être Lucifer !
 
Même si ce populisme n’a évidemment rien de divin, il est le fruit de la réaction des peuples, conscients de l’hypocrisie ou du parjure de leurs élites – on n’en dira pas tant des projets de gouvernement mondial établis par l’ONU.
 

Bono de U2 : un vrai « leader mondial »[iste] potentiel, selon les mots de Tony Blair

 
Au moins, les choses se clarifient avec Bono. On comprend où souffle le vent du progressisme – il a toujours adoré en défendre les causes, mêmes locales : en Europe, il joue la carte de l’européisme, les concerts de sa tournée actuelle Experience + Innocence commencent avec des images du continent en ruines après la Seconde Guerre mondiale et s’achèvent avec le groupe jouant devant le drapeau de l’UE, plaidant pour la tolérance et l’unité… Mais tous les autres thèmes y passent : le drame des migrants, l’hommage aux femmes, le clip pour célébrer le lobby LGBT… Les engouements sont appuyés, les regrets aussi – il veut faire revenir Martin Luther King !
 
Une star engagée et présente depuis longtemps dans les rouages du pouvoir. Fait Commandeur des Arts et des Lettres en France, chevalier honoraire en Grande-Bretagne, son œuvre « humanitaire » de lutte contre la pauvreté ou le SIDA (via les ONG Data, One, puis Red) l’a rapproché de toutes les têtes qui comptent, tant politiques, que religieuses, au-delà du monde du show-biz. Il a même été reçu par le pape en audience privée (tout comme par ses deux prédécesseurs) le 19 septembre dernier : éducation des filles, environnement, abus sexuels… le dialogue fut « naturel », a-t-il déclaré, « le pape François est un homme extraordinaire pour des temps extraordinaires » – il faudrait s’inquiéter d’une telle harmonie.
 
Pourtant son flirt démoniaque n’est plus à prouver. Les thèmes bibliques dans ses chansons sont récurrents, mais pour c’est pour mieux les singer, d’une main faisant le signe des cornes. Lors de la tournée Vertigo à Hawaii, en 2006, des messages explicites sont apparus sur l’écran tels que « le secret, c’est toi-même » et « vendez votre âme »… Malgré ça, ou devrais-je dire, grâce à ça, il est perçu comme « théologien charismatique », aux paroles « prophétiques ». Quelqu’un qui a compris qu’il doit y avoir une religion, mais une seule, mondiale, où s’intégreraient toutes les autres : c’est ce que signifiait le logo « COEXIST » apparu dans cette même tournée Vertigo.
 
Tout fondre, tout réunir sous une seule égide. Solve et coagula. Les mouvements populistes sont un des obstacles – il y en a d’autres.
 
Clémentine Jallais