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Le père dominicain Timothy Radcliffe dénonce « la tyrannie de la tradition » au nom de laquelle on refuse la communion aux divorcés remariés

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C’est un dominicain de tout premier plan. Le père Timothy Radcliffe, maître de l’Ordre des prêcheurs de 1992 à 2001, est également consulteur du Conseil pontifical Justice et Paix où il a été nommé par le pape François. Le père Radcliffe a un long palmarès de négation ou de minimisation de l’enseignement moral de l’Eglise dans le domaine de la sexualité. Il a lancé une nouvelle attaque en dénonçant « la tyrannie de la tradition et l’exclusion de la créativité », notamment à propos des règles du refus de la commune pour les divorcés « remariés ». Il a tenu ces propos lors d’une réunion autour de l’exhortation post-synodale Amoris laetitia qui s’est tenue à Brisbane en Australie le 10 mai dernier, et dont le site officiel de l’ordre dominicain, www.op.org vient de publier un court compte rendu.
 
Le père Radcliffe est aujourd’hui le directeur de l’Institut Las Casas de Blackfriars à Oxford, un institut dominicain centré sur la promotion de la justice sociale et des droits de l’homme.
 

Le père dominicain Timothy Radcliffe, un homme du pape François

 
Lors de sa quatrième visite à Brisbane, il s’exprimait sur le thème « Pouvons-nous faire une place à la conscience du laïcat – le défi d’Amoris laetitia ». Quelque 80 paroissiens avaient répondu à cet appel à réfléchir à « la réponse intime et pastorale aux difficiles questions de la vie de famille » proposée par le dominicain. Mais ce qui était à l’époque une discrète réunion de quartier est aujourd’hui donné en exemple à tous les internautes qui s’intéressent à l’actualité et à la réflexion dominicaines.
 
Au nœud de sa réponse, la conscience : il s’agit selon le père Radcliffe d’interpréter l’autorité de l’Eglise, y compris pour ce qui est des divorcés qui désirent s’approcher de la communion. Il a insisté sur le besoin d’avoir une « conscience saine » dont la respiration consiste à « inspirer », explorer le lieu intime, au cœur de l’être, « où Dieu me parle », avant d’« expirer », c’est-à-dire de tendre vers l’Eglise et l’enseignement divin, ainsi que vers les saints et ceux qui nous inspirent.
 
Mais de tout cela, il n’a pas tiré les conclusions classiques sur la nécessité d’une conscience bien formée. Le père Radcliffe a plutôt mis en cause l’absolutisme, rapporte op.org, dénonçant « la tyrannie de la tradition qui mène à l’exclusion de la créativité ».
 
Et de remonter à l’Eglise du troisième siècle qui excluait certains paroissiens « pour toujours » avant qu’un pape ne décide de modifier la discipline afin de permettre à des personnes qui avaient été exclues de recevoir de nouveau la communion.
 

Radcliffe dénonce l’absolutisme doctrinal et la « tyrannie de la tradition »

 
« Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment semblable, où face à tant de bonnes gens dont le mariage s’est écroulé – des gens honnêtes et gentils – il nous faut aujourd’hui, tout comme le pape du troisième siècle, dire que la miséricorde doit prévaloir », a déclaré le père Radcliffe. Et d’ajouter que si les personnes divorcées peuvent confronter leur propre responsabilité leur propre échec, si elles assument ce qu’elles ont été et ce qu’elles ont fait, alors le mieux pour elles serait peut-être de revenir à la « médecine » de l’Eucharistie.
 
Il y a dans ces propos une profonde distorsion de la pratique et de la discipline de l’Eglise mais aussi de sa doctrine. En laissant entendre que l’accès à la communion de divorcés remariés non repentis qui font le choix de demeurer au sein de leur union irrégulière serait assimilable à l’accès consenti à des pécheurs repentis, ayant obtenu le pardon de leurs fautes et s’étant engagés à rompre avec une vie de péché habituel, le père Radcliffe offense gravement saint Paul et la tradition ininterrompue de l’Eglise qui affirment que communier en état de péché mortel revient à manger et à boire sa propre condamnation.
 

La communion pour les divorcés remariés, rien à voir avec la miséricorde du IIIe siècle !

 
Mais il est vrai qu’aujourd’hui il en arrive à qualifier la tradition elle-même de « tyrannie » : tout cela est parfaitement cohérent.
 
C’est d’autant plus grave qu’avec son autorité de religieux de premier plan qui prétend exprimer la parole de l’Eglise et qui le fait avec l’autorité supplémentaire que lui confère la nomination à son poste de consulteur par le pape lui-même, le père Radcliffe prétend justement éclairer les consciences. Jusqu’à oser dire à leur propos : « Nous parlons de quelque chose qui dans la tradition de l’Eglise est bien plus subtil et plus beau » que la simple écoute de soi et de ce qu’on a envie de faire : « On écoute l’écho de la voix du Seigneur qui résonne au fond du cœur. » Ou l’art de travestir la vérité en y semant d’abord les graines de l’erreur.
 

Jeanne Smits