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Donald Trump a rencontré Henry Kissinger : inquiétude des milieux de l’anti-mondialisme

Donald Trump rencontre Henry Kissinger inquiétude anti mondialisme
 
Mardi, le président élu Donald Trump a rencontré Henry Kissinger, peut-être l’une des figures les plus emblématiques du globalisme, provoquant l’inquiétude des milieux anti-mondialistes américains qui y voient le signe de convictions moins fermes qu’il n’a pu y paraître à ce sujet au cours de la campagne présidentielle.
 
Il y a une évidente contradiction entre les thèmes de campagne de Trump, l’homme de la rupture avec l’Etablissement, et Kissinger, membre de longue date du Council on Foreign Relations et personnalité fortement impliquée dans la Commission Trilatérale. L’ancien secrétaire d’Etat n’a jamais caché sa préférence pour le mondialisme, et on sait qu’il fréquente régulièrement la conférence annuelle des Bilderberger.
 

Donald Trump et Henry Kissinger : aux moins trois rencontres en huit mois

 
Ainsi, Henry Kissinger est-il favorable aux partenariats de libre-échange que Trump a promis de ne pas signer : qu’il s’agisse du traité transatlantique ou du partenariat transpacifique (TPP), il les a toujours défendus haut et fort. A propos de l’Accord de libre-échange nord américain, leur grand frère connu sous son acronyme anglais de NAFTA, Kissinger a pu dire qu’il « représente l’étape la plus créative en direction d’un Nouvel Ordre Mondial franchie par n’importe quel groupe d’Etats depuis la fin de la guerre froide ». « Il ne s’agit pas d’un accord de commerce conventionnel : c’est l’architecture d’un nouveau système international », affirmait-il, révélant ainsi que tous ces accords de libre-échange, bâtis sur le modèle de l’Union européenne comme on ne le dit pas assez, contribuent à une régionalisation supranationale du monde, avec un objectif très précis : ce « nouveau système international » que Kissinger appelle de ses vœux.
 
On peut dire que le succès de Trump est largement lié à sa volonté affichée de mettre fin à ces entreprises internationalistes. Alors, quel terrain d’entente a-t-il pu trouver avec Kissinger ? Les Américains sont en droit de se le demander.
 
On dira qu’une rencontre n’engage à rien, mais celle-ci se trouve être la troisième (connue) d’une série qui a en quelque sorte accompagné la candidature de Donald Trump.
 

Henry Kissinger, un des plus puissants tenants du mondialisme

 
On a connaissance d’au moins deux autres réunions depuis l’annonce par Trump de sa candidature au poste de président des États-Unis. Kissinger et Trump se sont vus en mai, avant même la nomination de Trump par le parti républicain, et c’est à la demande de Trump. The New American rappelle que la rencontre s’est déroulée dans la demeure de Kissinger et qu’elle a duré à peu près une heure. Que recherchait Trump ? Un adoubement ? L’approbation du « grand-père » de la politique étrangère des États-Unis ? Le simple prestige que pouvait lui conférer cette entrevue à l’égard du parti dont il sollicitait l’investiture ? La bienveillance du milieu globaliste, transpartisan, des États-Unis, et même du monde entier ?
 
Quoi qu’il en soit, on sait que Donald Trump a également rencontré, une semaine auparavant, l’ancien secrétaire d’État James Baker, qui est également un mondialiste de premier plan.
 
Que les liens soient forts entre Trump et Kissinger est démontré par le fait que, une semaine, pas plus, après avoir remporté l’élection présidentielle, Trump ait de nouveau rencontré l’ancien secrétaire d’État. Cette fois c’était chez lui, à la Trump Tower. Selon ABC News, le président élu a déclaré à cette occasion qu’il avait un « immense respect pour le Dr Kissinger » et qu’il appréciait de voir celui-ci « partager ses réflexions » avec lui. La teneur exacte de la conversation entre les deux hommes n’a pas été rendue publique, mais selon l’équipe de transition de Trump, « ils se connaissent depuis des années et la rencontre a été très bonne ». Parmi les sujets abordés, selon un communiqué publié à l’issue de la rencontre, « ils ont discuté de la Chine, la Russie, de l’Iran, de l’UE et d’autres événements et questions d’ordre mondial ».
 
Puisque cette conversation était à la fois amicale et s’il faut en croire le communiqué, fructueuse, faut-il en déduire que Trump respecte et apprécie les positions mondialistes de Kissinger ?
 

L’inquiétude des milieux de l’anti-mondialisme dictée par les bonnes relations entre Trump et Kissinger

 
La troisième rencontre connue n’a pas tardé, et elle intervient alors que Donald Trump a quelques problèmes diplomatiques avec la Chine. La Chine se trouve être l’un des sujets de prédilection de Kissinger qui précisément, venait de rencontrer quatre jours plus tôt Xi Jinping, secrétaire général du comité central du parti communiste chinois, et à ce titre, président de la Chine.
 
Kissinger a joué un rôle de premier plan dans l’établissement de relations diplomatiques et commerciales avec ce pays communiste, dont la montée en tant qu’« atelier du monde » a entraîné tant de difficultés, de pauvreté, de désespérance dans les milieux modestes de nombreux pays développés, frappés par l’explosion du chômage.
 
Il semblerait même que Kissinger ait précisément rencontré Xi Jinping pour arrondir les angles après la conversation téléphonique de Trump avec la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen, alors que les États-Unis ont renoncé depuis longtemps à avoir des relations diplomatiques avec la Chine non communiste. Lundi, un jour avant sa dernière rencontre en date avec Trump, et trois jours après avec parlé avec Xi Jinping, Kissinger a déclaré lors d’un événement organisé par le Comité national sur les relations Chine-Etats-Unis qu’il avait été « très impressionné par la réaction calme des dirigeants chinois, ce qui suggère qu’ils sont déterminés à voir si un dialogue serein peut se développer ».
 
Ce sont donc des signaux contradictoires qui nous viennent de Trump et de son équipe : d’un côté la dénonciation les « sirènes » du mondialisme, sous le slogan « les Etats-Unis d’abord », de l’autre, cette connivence manifeste avec un homme qui représente tout ce qu’il dit détester.
 

Anne Dolhein