L’éclipse solaire du 12 août et les merveilles de la Création

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C’est la ruée sur les lunettes de protection. En pleines vacances et en pleine canicule, les conditions sont idéales ce mercredi 12 août pour observer un phénomène astronomique rare : une importante éclipse solaire, pendant laquelle la Lune occultera jusqu’à 96 % de notre astre sous les latitudes métropolitaines et même davantage près de la frontière espagnole, aura lieu entre 19 h 10 et 21 h 20, avec un maximum aux alentours de 20 h 10, selon le lieu depuis lequel on l’observera. Plusieurs pays européens bénéficieront – sur une étroite bande allant de l’extrême nord de la Russie jusqu’à la moitié nord de l’Espagne en passant par l’est du Groënland – d’une éclipse totale sans couronne qui plongera brièvement les zones concernées dans une obscurité totale.

Nous nous sommes, dans une certaine mesure, habitués au phénomène. Jadis, les éclipses inspiraient la terreur. Qui est assez fort pour cacher le soleil ? Ou pour le dévorer ? Comment être sûr de son retour ? Mais les calculs astronomiques ont peu à peu vidé le phénomène de sa charge émotionnelle et de ses présages funestes. On a su prédire les éclipses depuis le IIe siècle, grâce aux travaux de Ptolémée. Depuis lors, la connaissance des mouvements des corps célestes et de la Terre elle-même a permis d’affiner de plus en plus les prévisions. Tintin, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol en profitèrent pour échapper à la mort dans Le Temple du Soleil. On rit et on passe à autre chose.

 

L’éclipse solaire du 12 août, un spectacle improbable à l’extrême

Et pourtant, quelle est la probabilité pour que notre Lune ait le même diamètre apparent que le Soleil, jusqu’à pouvoir l’éclipser tantôt totalement, tantôt en lui laissant une belle couronne, selon la position relative de notre planète, de son satellite et de son étoile ? Quasi nulle.

Il se trouve que la Lune est 400 fois plus petite que le Soleil, mais aussi 400 fois plus proche de nous. Voilà qui n’obéit à aucune loi cosmique. Hasard total, coïncidence curieuse, expliquent les savants, qui en l’occurrence n’expliquent rien du tout, mais décrivent une mécanique céleste qu’on observe facilement sans avoir besoin d’eux.

Mais leurs calculs ne sont pas inutiles, loin s’en faut : ils renforcent notre émerveillement. Si ce fait, probablement quasi unique dans l’univers, n’apporte pas à lui seul la preuve de l’existence de Dieu – en tout cas la plupart des hommes ne font pas le lien – il témoigne assurément de son humour. Sa puissance créatrice n’ignore pas le moindre détail de notre monde matériel, Et nombre d’entre eux se révèlent à nous comme de stupéfiants clins d’œil divins, que d’aucuns nomment « clins-Dieu ».

 

Les merveilles de la Création sont vraiment pour nos yeux d’hommes

Aucune autre planète de notre système solaire ne connaît une telle réalité d’un satellite recouvrant le Soleil comme la capsule s’ajuste à la bouteille de bière ou le couvercle à la casserole qui mijote sur le feu. La Terre elle-même ne sera pas toujours dans cette situation, puisque la Lune s’éloigne de nous de 4 cm chaque année. Nous autres hommes bénéficions, à vrai dire, d’une fenêtre – de quelques centaines de millions d’années, certes, mais à l’aune de l’univers, ce n’est rien – où les éclipses totales sont possibles. Justement au moment où l’humanité est capable de les voir et de les comprendre.

Qu’en est-il ailleurs dans le cosmos ? Y a-t-il des éclipses totales sur une planète d’une autre étoile, dans une galaxie se trouvant à une distance inimaginable de chez nous ? La probabilité, nous l’avons dit, est minuscule. Mais s’il n’y a personne sur place pour l’observer et s’en étonner, un tel phénomène serait littéralement sans intérêt – sinon pour celui qui en aurait décoré son œuvre.

Ainsi peut-on vraiment dire que le spectacle qui s’offrira ce soir à nos yeux a été fait sur mesure pour nous. En intriguant l’humanité, les éclipses l’ont d’ailleurs incitée à vouloir mesurer et comprendre cet univers stupéfiant qui nous entoure. Et si Dieu manifeste ainsi son humour, Il ne se rit pas de sa créature : Il lui propose plutôt quelque chose d’intelligible, lui qui est la Vérité ; mieux on comprend, plus on s’émerveille.

Et ce d’autant que, nous le savons, Dieu ne se rit pas de nos efforts pour comprendre et rendre plus intelligibles les réalités qui nous entourent.

 

De l’éclipse solaire à la Vierge de Guadalupe

Un seul exemple ? L’image miraculeuse de la Vierge de Guadalupe, qui porte sur son manteau l’image des étoiles telles qu’elles éclairaient le ciel du Mexique lors de ses apparitions en décembre 1531. Si l’on projette la carte du ciel sur l’image, on constate que la Couronne Boréale orne son front, la constellation de la Vierge est à hauteur de sa ceinture noire à deux pans, qui indique sa grossesse selon les codes aztèques, tandis que Régulus, l’étoile du « petit roi » dans la constellation du Lion, est à l’endroit exact du cœur de l’enfant qu’elle porte, Notre Seigneur, le Verbe de Dieu.

Il a fallu, il y a plusieurs milliers d’années, que les hommes projettent leur imagination sur le ciel étoilé pour y nommer les constellations, que les Aztèques développent un langage vestimentaire précis, et que notre science astronomique contemporaine soit capable de reconnaître les étoiles disséminées sur l’image pour que ce message nous soit adressé à travers la conjugaison des savoirs et du langage humains.

Ce miracle n’est pas si éloigné de l’éclipse de ce jour. Il nous transporte dans la dimension cosmique : il offre à nos yeux de mécréants du XXIe siècle la Vierge cachant le Soleil et dominant la Lune pour mieux montrer qu’elle nous donne son Fils, infiniment plus grand que tout l’univers.

 

Jeanne Smits