Rome n’est plus dans Rome ni l’ENA à Paris, on l’a déménagée à Strasbourg, puis Macron en a changé le nom, cela s’appelle maintenant l’INSP (Institut National du Service Public), mais sous la nouvelle étiquette le produit restait le même, une pépinière monopolistique qui fournit en dirigeants les grands corps de l’Etat et les principales entreprises françaises. Le drame est que, comme n’importe quel collège ou lycée de ZEP, le niveau y baisse de façon catastrophique. Et ce n’est pas PISA qui nous le dit, mais le rapport des jurys des concours 2026, publié par l’ancien préfet Philippe Mahé – Le Monde a mis la chose en lumière. La chose serait particulièrement sensible pour les candidats au concours externe. Le jury déplore la « faiblesse de presque tous les candidats » en histoire contemporaine et juge qu’elle les empêche de comprendre correctement les enjeux actuels. Un exemple extrême : certains candidats n’ont pas su identifier un président de la Ve République ni le situer correctement dans le temps. Plus grave : beaucoup se limitent à l’actualité immédiate (le covid est déjà lointain), sans pouvoir situer événements ni personnalités dans l’histoire. On comprend mieux ainsi la nullité des préfets et des ministres. Idiocracy, cette burlesque fiction américaine, entre dans la réalité française.











