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« Enfants de Calais » : aucun moyen de vérifier si les « réfugiés » expédiés au Royaume-Uni sont mineurs

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Le ministère de l’intérieur britannique n’a aucun moyen de vérifier si les jeunes migrants en provenance de la « Jungle » de Calais sont réellement des mineurs. Alors que le démantèlement du camp est programmé, une quinzaine d’Afghans ont voyagé lundi vers le Royaume-Uni pour y rejoindre des proches, profitant de la procédure rapide réservée aux réfugiés les plus vulnérables. Techniquement, on les considère comme des « enfants ». Dans la réalité il s’agit de grands gaillards, tous des garçons dont le Home Office assure qu’ils ont entre 14 et 17 ans. Corpulence, allure générale semblent démentir ces affirmations, nombre d’entre eux ayant l’air d’avoir 18 ans bien révolus. La presse conservatrice britannique proteste. Il y a de quoi être inquiet, de l’autre côté de la Manche : il y a aujourd’hui 1.291 mineurs non accompagnés officiellement recensés à Calais, tous potentiellement candidats au voyage accéléré vers l’Angleterre.
 

Une quinzaine d’« enfants » de la Jungle de Calais expédiés en Angleterre

 
Les autorités britanniques assurent avoir fait le nécessaire pour vérifier l’âge du petit groupe de grands garçons, mais plusieurs élus conservateurs à la Chambre des communes n’ont pas été convaincus, une fois visionnées les photos des intéressés. Comme l’a dit le membre du Parlement David Davies : « Ils ne m’ont pas du tout l’air d’enfants. J’espère qu’on n’abuse pas de l’hospitalité britannique. Ces jeunes hommes ne ressemblent pas à des mineurs. Ce sont des malabars qui ont l’air d’avoir plus de 18 ans. Je suis tout à fait favorable à ce qu’on aide de véritables enfants mais le puits de notre bienveillance est en train d’être épuisé. Je m’étonne aussi de ce qu’il n’y ait pas de jeunes femmes : je les aurais pensées beaucoup plus vulnérables. (…) Il n’y a aucun moyen de savoir si ce sont des enfants. Nous pourrions finir par créer encore plus de misère si nous ne faisons pas attention. Nous devrions inviter quiconque entre ainsi au Royaume-Uni à subir un test dentaire. »
 
Les documents officiels du Home Office ne prévoient rien de tel de manière systématique. A défaut d’avoir un certificat de naissance, le réfugié peut être « évalué » par un fonctionnaire spécialisé qui a le droit de certifier qu’il s’agit d’un « enfant » sur sa bonne mine : « apparence physique » ou « comportement » suffisent à justifier la décision d’accueil. Les directives précisent que les réfugiés « doivent être traités comme des adultes si leur apparence physique ou leur comportement suggère très fortement qu’ils sont significativement plus âgés que 18 ans ». Mais les demandeurs d’asile ont droit au « bénéfice du doute » et tous ceux qui ne sont pas très évidemment majeurs « doivent être traités comme des enfants ».
 

Enfants ? De grands gaillards de 14 à 17 ans

 
Les mêmes directives reconnaissent l’imprécision des techniques employées : « Toutes les sources disponibles d’information pertinente et de preuves doivent être prises en compte, car aucune évaluation technique, aucune combinaison de techniques ne permettra de déterminer avec une bonne probabilité de précision l’âge du demandeur. »
 
Pendant ce temps, la documentation fournie par la Croix Rouge en vue de faire pression pour amener les « réfugiés enfants » au Royaume-Uni, est illustrée de photos montrant des enfants qui ont l’air d’avoir moins de 10 ans, voire des bambins. 
 

Le Royaume-Uni ne sait pas vérifier si les « réfugiés » sont mineurs

 
Dans la même veine, un porte-parole du ministère de l’intérieur britannique a déclaré lundi : « Nous pouvons confirmer qu’un groupe d’enfants qui a quitté le camp de Calais ce matin est arrivé au Royaume-Uni. C’est le début d’un processus visant à transférer le plus possible d’enfants éligibles avant le début du démantèlement du camp, ainsi que l’a annoncé le ministre au Parlement. Ces enfants vulnérables, qui ont entre 14 et 17 ans, ont été transférés vers le Royaume-Uni sous la garde d’employés du ministère, avec le soutien de bénévoles des ONG spécialisés et des associations caritatives. Ils rejoindront leur famille au Royaume-Uni le plus rapidement possible au cours des jours à venir. »
 
Il paraît que des vérifications de sécurité ont été faites, mais sont-elles plus sûres que celles portant sur l’âge ?
 

Anne Dolhein