L’affaire Epstein, étouffée d’abord par tout le monde, réjouit tout le monde, la planète entière joue au casse-boîte et se réjouit comme à guignol à chaque fois qu’un nouveau puissant en prend plein la figure. Mais les médias n’en facilitent pas la compréhension. Le problème a été mal posé dès le départ. La publication des documents accusateurs, promise par Trump pour gêner les démocrates, a été finalement réclamée par la gauche pour confondre Trump. Dans le volet sexuel on a parlé de réseaux pédophiles alors qu’il s’agit avant tout de prostitution. Le stéréotype accolé à Epstein est « criminel sexuel », quand le sexe n’est dans l’affaire qu’un moyen de compromettre les gens importants, politiciens, scientifiques, artistes, etc. On ferait mieux de se poser la vraie question : à quoi sert l’affaire Epstein ? Réponse : à mettre au pas la politique à travers les élites. Au nom d’un nouvel ordre moral. La chienlit qui a servi depuis 1968 à éradiquer la morale chrétienne cède la place à un puritanisme hypocrite où féminisme et islam donnent la main à l’arc-en-ciel.
Avant Epstein, les coups de semonce de l’ordre moral
Depuis Dominique Strauss-Kahn, il y avait eu des coups e semonce, Weinstein, Miller, Polanski, Depardieu, le cinéaste Doilon accusé par l’actrice Judith Godrèche, l’affaire Pélicot, le constitutionnaliste Olivier Duhamel : c’est sûr maintenant, le déferlement de la chienlit consécutive à 1968 est fini, ceux qui s’y croyaient encore sont devenus des ringards et des criminels. Au nom de la dignité de la femme et de la protection de l’enfance. Quand on y regarde de plus près, l‘hypocrisie triomphe. Le problème est volontairement mal posé, tout est mélangé. Geoffrey Epstein n’était pas un « pédocriminel » comme l’écrit notre confrère Le Monde. C’était un homme affaires et influenceur international qui se servait d‘un vaste réseau de prostitution pour asseoir son influence et faire chanter ses partenaires. Parmi les femmes qu’il prostituait se trouvaient de très jeunes filles, on nomme cela des lolitas en jargon anglosaxon depuis Nabokov, il en était lui-même amateur – mais cela n’est pas de la pédomanie, c’est du détournement de mineures, un autre vice et un autre élit. Des courriels envoyés après sa première condamnation montrent d’ailleurs clairement qu’il demandait désormais à ses fournisseurs de s’assurer que les nouvelles avaient plus de dix-huit ans.
Problème exprès mal posé pour Epstein, Pélicot, Bétharram
Le problème est volontairement mal posé dans l’affaire Epstein, comme il le fut dans l’affaire Pélicot ou dans l’affaire Bétharram (et en général dans les accusations contre l’Eglise) : il s’agit toujours de mal choisir le mot pour ne pas analyser correctement la chose. Gisèle Pélicot n’a pas été violée par des mâles français « ordinaires » mais victime de profils particuliers lors de nuits « libertines ». Et dans les affaires de « pédophilie » où l’Eglise, en France et dans le monde, est mise en cause, le rapport du John Jay Institute montre qu’il s’agit en grande majorité de faits homosexuels commis sur des adolescents mâles pubères ou prépubères. Les mêmes crimes sont fort peu dénoncés dans l’école laïque, les partis de gauche ou le sport. Le traitement asymétrique de l’information montre la volonté de nuire aux représentants de l’ancienne morale, l’Eglise catholique, et de préserver les représentants de la nouvelle morale (Miller, Lang). Et l’hypocrisie de celle-ci est clairement mise en évidence par un fait tout simple : alors que les boomers de nos élites sont punis pour des faits qu’ils commettaient voilà vingt ou quarante ans avec l’approbation de leur concierge et des médias, l’Education nationale continue à enseigner en primaire et à la maternelle une éducation sexuelle si diversifiée qu’elle ringardifie les estampes japonaises de jadis. Cette schizophrénie organisée permettra demain de mieux tenir en main les populations de déréglés sexuels qu’on aura produites.
Pour l’arc-en-ciel, la chienlit, c’est fini
Il n’en reste pas moins qu’une époque est finie, ce que l’on sentait venir depuis Metoo. On est revenu au bon temps des dossiers du KGB et du scandale Profumo. Les boomers triomphants d‘hier risquent aujourd’hui rétrospectivement pire que la correctionnelle, les assises. C’est que la chienlit d‘après 68, qui servit pendant trente à saper la morale qu’on disait alors bourgeoise, puis judéo-chrétienne, n’est plus utile dans la phase de consolidation de la nouvelle morale. La maçonnerie « humaniste », l’arc-en-ciel qui l’institue, est passée, selon sa devise, de la phase « solve » à la phase « coagula ». Les spectacles furent longtemps le vase d‘expansion de cette chienlit orientée idéologiquement, et c’est par eux aussi (voir metoo et ses développements) qu’est venu le retour de balancier. Quant aux politiques, profondément corrompus, parce qu’ils y étaient exposés, par l’argent et par le sexe, l’affaire Epstein est un moyen de tirer sur leur laisse. Certains tombent avec fracas, tel Jack Lang, idole d‘un âge qui se croyait intouchable à jamais. D‘autres frissonnent, Moscovici, Hollande, et d‘autres à venir. Les institutions supranationales avaient déjà réduit leur pouvoir : ils resteront désormais sagement dans leur rôle de potiche. Les rois juges ont décidé des nouvelles règles, les médias les disent, les juges les surveillent. Et toute morale relève d’une religion. L’ordre moral arc-en-ciel avance.
Les paradoxes de Trump et de l’arc-en-ciel
Reste une question, secondaire et de pure curiosité, quid de Donald Trump ? Il avait promis à ses électeurs Maga la publication des documents Epstein, tout en sachant d‘une part qu’il avait fréquenté lui-même le « suicidé » et de l’autre, à peu près, la teneur de ses papiers. A-t-il fait semblant de rechigner à tenir sa promesse pour provoquer la colère d ‘Elon Musk, la déception de sa base, et les réclamations de la gauche, provoquant ainsi ce paradoxe : que les démocrates et les mondialistes, principales victimes de la divulgation des dossiers, en soient aussi les artisans ? Ce serait très habile de sa part. Et cela aboutit apparemment à une pleine réussite, qui lui servira pour les élections de Mid Term. Mais, autre paradoxe, cette petite victoire sur l’arc-en-ciel aboutit elle-même à la mise au pas du politique – qui sert à terme le mondialisme arc-en-ciel ! D‘où l’extrême difficulté du combat en cours.











