Delphine Ernotte a-t-elle menti sous serment ? France Télévisions fuit la réponse

 

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, interrogée par Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public avait répondu, sous serment, qu’aucune entreprise privée n’avait été sollicitée pour travailler avec les personnes de son groupe qui allaient être interrogées. Or notre confère Marianne affirme que « selon ses informations, le groupe Forward Global » a bien fourni Ernotte et ses subordonnés en conseil, à la demande de la présidente qui a participé à un déjeuner de travail avec ses dirigeants. C’est un cabinet spécialisé en cyber sécurité, intelligence économique et relations publiques qui travaille avec France Télévisions depuis plusieurs années. Bizarrement, BFMTV vient en quelque sorte au secours de Delphine Ernotte en titrant : « Delphine Ernotte accusée de parjure par Charles Alloncle. » Comme s’il s’agissait d’une attaque du rapporteur contre une personne avec qui il a eu maille à partir. Cette présentation est tendancieuse : un hebdomadaire, Marianne, affirme au terme d’une enquête qu’Ernotte n’a pas dit la vérité, et Alloncle n’a fait que reprendre l’information de Marianne. Maintenant, cette information est-elle juste ou fausse ? Sur cette question, le « démenti » de France Télévisions est d’une faiblesse extrême et tient en un mot péremptoire : Christophe Tardieu, secrétaire général du groupe parle d’une « fumisterie de plus ». Il affirme que France n’a « jamais eu recours (à) aucun cabinet de conseil pour préparer les auditions des 55 personnes du groupe auditionnées pendant ces six mois de travaux ». Et en même temps il reconnaît le déjeuner de travail. Selon lui Forward Global a « simplement partagé » avec France Télévision « son expérience des commissions d’enquête ». Nous voilà rassurés : s’il s’agit d’un partage répété (« à deux reprises »), il ne s’agit pas de conseils ! Marianne devrait s’excuser d’avoir confondu ! Jusqu’à quand ces pitres tragiques abuseront-ils de notre patience ?