Le député RN Guillaume Bigot déplore que la dette propre à l’Union ait été multipliée par sept depuis 2020, qu’elle atteigne 1.000 milliards en 2027, et qu’un emprunt européen de 640 milliards soit prévu d’ici à 2034. Il y voit un nouveau transfert illégal de souveraineté vers l’Europe fédérale qui deviendrait ainsi émetteur souverain et lèverait des impôts contre la volonté des Etats. Il découvre la lune. Depuis l’Américain Alexandre Hamilton, mort en 1804, la dérive de la dette a été utilisé par l’Etat fédéral pour asservir les Etats fédérés. Depuis les années 1950, l’Europe de Bruxelles se construit par un processus d’usurpation permanent et revendiqué. Et depuis les années 1970, l’instrument à vocation fédérale ainsi produit s’est mis au service du socialisme mondialiste arc-en-ciel.
Dès l’origine l’Europe fédérale procède par usurpations
Le processus de prise de pouvoir subreptice de l’Europe par un machin qui ambitionnait de devenir fédéral a été voulu dès le départ par l’un de ses pères fondateurs, Jean Monnet. Il est devenu apparent en 1965 avec ce qu’on a nommé la « fusion des exécutifs » qui fonda la Commission de Bruxelles. Formée à l’origine de hauts fonctionnaires chargés d’appliquer les décisions du conseil des ministres, elle est devenue par glissements successifs ce qu’elle est aujourd’hui, un monstre qui a des compétences à la fois exécutives et législatives, et qui a pris peu à peu les attitudes, et certaines des fonctions, d’un gouvernement fédéral de l’Europe, sans que les Etats membres ne renâclent, dans l’ensemble.
Un socialiste italien a prévu les « princes sans souveraineté »
L’usurpation est pourtant manifeste depuis que la Banque européenne émet des euros, et le déni de démocratie patent depuis 2005, depuis que la France a voté contre la Constitution européenne, et qu’on la lui a imposée deux ans plus tard sous le nom de traité de Lisbonne. Pourtant aucune révolte n’a eu lieu. Le secret de la castration des nations réside dans la complicité des élites politiques et l’extrême progressivité du processus, qu’avait illustrée de manière magistrale l’ancien président du Conseil socialiste italien et juge à la Cour constitutionnelle Giuliano Amato. Dans un article sur la doctrine de l’Europe fédérale, il avait expliqué que les transferts de souveraineté prenaient du temps, comme un voleur ingénieux déplace chaque jour d’un centimètre l’objet qu’il entend dérober. Et il ajoutait qu’il fallait pour cela laisser garder l’apparence du pouvoir aux « princes sans souveraineté » qu’on dépouillait petit à petit.
Guerres et dette, fenêtres pour l’Europe fédérale
Bien sûr, un saut est cependant nécessaire, de temps en temps, pour hâter le processus. L’actualité en fournit l’occasion. Le covid et son « quoi qu’il en coûte » a été d’une part un moment sans précédent d’ingénierie sociale et d’intoxication des médias, de l’autre une occasion rêvée d’augmenter la dette massivement. La guerre en Ukraine assortie aux injonctions de Trump aux Européens d’avoir à s’armer eux-mêmes fut une nouvelle étape importante. La nouvelle guerre de Trump et d’Israël au Proche-Orient, avec la superbe histoire du détroit d’Ormuz dont on découvre que c’est un détroit et qu’il y passe du pétrole, ouvre une nouvelle fenêtre à l’euro-mondialisme, en relançant notamment la dynamique de l’électrique contre les énergies fossiles. Il y a donc aujourd’hui, pour les partisans de l’Europe fédérale que la défaite d’Orban a requinqués, une occasion de se servir de la dette pour faire avancer leur complot.
Hamilton, modèle du fédéral par la dette
Un peu d’histoire le rappelle. Alexandre Hamilton, militaire et homme politique américain a beaucoup pesé sur la formation des Etats-Unis. Il eut une grande influence sur la première assemblée constituante américaine et fut le premier secrétaire du Trésor. Progressiste, fédéraliste, désireux de limiter l’autonomie des Etats fédérés pour augmenter le pouvoir de l’Etat fédéral, partisan d’une augmentation des impôts et taxes, il a donné la garantie de l’Etat fédéral aux dettes des Etats fédérés pour avoir barre sur eux et les fondre dans le moule fédéral, créant ainsi une dette fédérale, moyen d’intégration fédérale. Les Anglo-Saxons nomment moment hamiltonien, en souvenir de cet Hamilton, le moment où plusieurs Etats mettent leur dette en commun pour s’abandonner à l’Etat fédéral qu’ils créent ainsi. C’est le chemin que suit aujourd’hui la future Europe fédérale. Ses grands argentiers condamnent en paroles ce qu’ils pratiquent en fait.
Les critères de Maastricht instrumentalisent la dette
C’est ici qu’interviennent les « critères de Maastricht » dits « de convergence », c’est-à-dire qu’ils sont conçus pour préparer le vivre ensemble des nations dans le futur Etat fédéral. Plusieurs d’entre eux n’ont plus lieu d’être mais ceux qui subsistent semblent contradictoires et on se demande tout de suite à quoi ils servent. Il faut que ni la dette ni le déficit du budget ne dépassent une certaine valeur (pour le dernier, 3 % du PIB en principe). Vous connaissez un ménage dont la dette ne galoperait pas en dépensant chaque année trois pour cent de plus qu’il ne gagne ? C’est absurde ! A quoi servent donc ces critères ? D’abord, à punir celui qui ne les respecte pas, et, s’il est faible, comme la Grèce, à le mettre en tutelle. Mais la France a dépassé plusieurs fois les valeurs maximales sans trop de sanctions. Parce que ces critères n’empêchent pas les Etats membres, même quand ils réduisent un peu leur déficit budgétaire de creuser toujours plus une dette excessive qui les lie entre eux et les asservit à leurs prêteurs. Les critères de Maastricht ne sont pas les moyens d’une économie saine mais un instrument d’ingénierie financière. La dette est un esclavage qui asservit les nations à l’Europe fédérale et aux puissances financières.
La France socialiste chouchoute de l’Europe fédérale
Cela explique les budgets présentés depuis 2024 par trois Premiers ministres censés réduire nos déficits, Barnier, Bayrou et Lecornu : parfois sua sponte, parfois aidés par les revendications de la gauche et du RN, ils ont ajourné la réforme des retraites, relevé le SMIC, donné d’autres coups de pouce sociaux qui ne suffisent pas à défendre le pouvoir d’achat mais amortissent un peu le choc. La dette n’est pas seulement le fourrier du fédéralisme, elle est à la fois l’accélérateur du socialisme et le chloroforme qui anesthésie ses victimes. Quand François Bayrou fit son grand numéro de la vérité sur la faillite française, il parla de la dette (deuxième derrière la Grèce) et de l’impôt (championne d’Europe des prélèvements obligatoires), mais il oublia un élément : la dépense publique. Il ne voulait pas nommer le responsable de l’impasse : le socialisme. Les Etats-Unis ont une dette publique plus élevée (122 % du PIB), que celle de la France (113 %), mais leur taux de prélèvements obligatoires est inférieur à 30 % quand le nôtre dépasse 40 %. Et pour la dépense publique nous dépassons 57 % quand les Etats-Unis n’atteignent pas 40 % et l’Irlande 23 %. La France est donc le pays le plus socialiste au monde, il emprunte d’ailleurs plus cher que l’Italie et la Grèce.
Le clientélisme socialiste masque l’origine arc-en-ciel de la dette
Le discours de politique générale de Bayrou aurait mérité de rester dans les mémoires par l’effort partiel de vérité qu’il y fit. Notre « dette colossale a été année après année consommée en dépenses courantes ». Et tous y ont contribué. Il a décrit assez justement la complicité des masses attirées par l’Etat nounou, des patrons avachis dans un capitalisme de connivence, de fonctionnaires et d’idéologues entêtés dans un socialisme inviable à la fin. L’Etat a materné les Français, les a menés en mère indigne à l’impasse : car le socialisme, on le sait depuis l’URSS, n’est pas soutenable, ce n’est pas un mode de développement durable, l’impasse de la dette le rappelle. Et c’est le socialisme d’Etat qui a creusé la dette française en temps de paix : elle était de 13,5 % du PIB en 1969, et même encore à 20 % malgré le choc pétrolier et les illusions de Giscard en 1981 : c’est Mitterrand qui a ouvert l’abîme avec sa « relance socialiste », et depuis droite et gauche l’ont suivi, déchéance aggravée par la loi Deferre de décentralisation (1981) qui a permis aux collectivités locales d’accentuer la dérive de l’Etat par leurs dépenses visant à satisfaire tant leurs clientèles que leurs obsessions idéologiques.
La vérité qu’ils cachent : tous complices de l’arc-en-ciel
Le socialisme qui a creusé la dette n’est pas n’importe quel socialisme, c’est le mondialisme arc-en-ciel que servent tant Macron que ses Premiers ministres. C’est pourquoi Bayrou, dans son imitation de discours-vérité, avait omis trois causes évidentes de la dette – trois des causes les plus importantes : l’immigration, la transition énergétique, et le financement des mille insanités morales qui concourent à la transition LGBTQ. Il n’entendait pas préciser la couleur de notre socialisme, le type exact de cancer dont souffre notre société : le socialisme arc-en-ciel. Les trois causes oubliées de la dette sont en même temps trois des objectifs majeurs du socialisme arc-en-ciel. Et l’anesthésie dispensée par les dépenses qui ont produit la dette a eu justement pour fonction de masquer ces trois catastrophes aux yeux du peuple qui ne les aime pas : on l’a gavé des sucreries de l’argent public pour qu’il ne se révolte pas contre la révolution qui le détruit. Les « princes sans souveraineté » sont les complices de ce crime. Reste à savoir s’ils pourront l’achever. En politique, le désespoir est une sottise ; ailleurs, c’est le pire des péchés.











