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Fausses cartes d’identité européennes : pour une carte UE, compter 3 jours de délais de fabrication

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Besoin d’une fausse carte d’identité européenne pour circuler librement dans l’UE et, pourquoi pas, bénéficier des avantages qui y sont consentis aux étrangers légalement présents ? Rien de plus simple : il suffit de s’adresser un gang criminel en Albanie qui saura honorer votre commande en l’espace de trois jours, le temps de fabrication nécessaire pour les faux papiers.
 
C’est l’expérience faite par le Daily Mail de Londres : il a suffi à son journaliste de débourser 800 livres sterling – quelque 930 euros – pour obtenir une carte d’identité italienne, document accepté pour circuler dans l’ensemble de l’Union européenne, y compris au Royaume-Uni.
 
Pour la modique somme de 250 livres, supplément ridicule eu égard à ce que coûte l’assurance maladie aux salariés dans l’UE, le même journaliste a pu se faire fabriquer l’équivalent de la carte vitale italienne qui donne aux migrants l’accès à nombre de services de santé dans les autres pays européens.
 

Une fausse carte d’identité européenne en trois jours en Albanie

 
Comme la monnaie unique devait protéger l’Europe des crises financières – on sait ce qu’il en est advenu – l’abolition des frontières devait assurer davantage de sécurité par le biais des documents de voyage de plus en plus infalsifiables et des contrôles plus serrés aux frontières externes. Là encore, on sait où cela a mené. La nouveauté aujourd’hui, c’est cette information sur la facilité de fabriquer et d’obtenir des cartes d’identité qui permettent notamment aux clandestins ayant réussi à pénétrer dans le territoire de l’Union d’y circuler ensuite librement.
 
Selon le Daily Mail, ce sont des « services » qui profitent en priorité aux djihadistes, violeurs, voleurs et autres escrocs aux allocations et aux assurances. Le journal cite l’exemple de l’Albanaise Fatmira Tafa qui, installée à Cardiff après un voyage en camion à travers l’Europe, avait pu obtenir et se servir de sa carte d’identité grecque falsifiée. Cela lui avait permis, après le diagnostic d’une maladie grave, d’obtenir au Royaume-Uni une greffe de rein dont le coût a été évalué à 72.000 livres. Elle purge actuellement une peine de 14 mois de prison pour avoir trompé la NHS.
 
On sait aussi que des terroristes de l’Etat islamique, responsables notamment des attentats de Paris et de Bruxelles, ont pu bénéficier de cartes d’identité falsifiées – il en va ainsi du kamikaze de l’aéroport de Bruxelles, Najim Laachraoui qui a fait fabriquer une carte belge sur place en Belgique.
 
Selon l’agence Frontex, plus de 7.000 personnes tentant de faire leur entrée dans l’UE à l’aide de documents falsifiés ont été identifiées en 2016 : pour la plupart, il s’agissait d’Albanais et d’Ukrainiens qui n’ont été repérés que lors de leur tentative d’entrée dans l’Union européenne munis de fausses cartes italiennes et grecques. La Grande-Bretagne étant une île, les contrôles sont plus faciles, en tout cas plus systématiques. Combien de détenteurs de fausses cartes circulent-ils sur le territoire continental de l’UE ?
 

Les délais de fabrication réduits, preuve de la facilité de la falsification des documents de voyage de l’UE

 
Leur nombre et leur qualité progresse, en même temps que la demande, selon Frontex : les faussaires ont amélioré leurs techniques, augmenté leur production et ouvert de nouvelles « imprimeries ».
 
Le document obtenu par la journaliste citée plus haut et réalisé, donc, en l’espace de 72 heures, a été fabriqué en associant sa vraie photo à l’identité d’une femme italienne qui existe vraiment et dont les données semblent avoir été frauduleusement récupérées sur le registre des citoyens italiens.
 
Le succès de ces fausses cartes, qui ont déjà permis à des milliers d’Albanais d’entrée au Royaume-Uni sans être repérés, s’explique selon la police britannique par leur « efficacité » : le bouche-à-oreille fait le reste.
 
Est-ce à dire que les 144.000 personnes arrêtées au Royaume-Uni entre 2010 et mars 2018 pour avoir tenté de traverser les frontières à l’aide de cartes falsifiées, comme l’avance l’actuel ministre de l’immigration, Caroline Nokes, ne sont que la pointe de l’iceberg ? Pour l’ensemble de l’Europe, il est difficile de croire que non. Et on devine les difficultés qui peuvent en résulter pour les personnes victimes d’une usurpation d’identité…
 

Anne Dolhein